Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes

Calendrier des ateliers d’écriture Plumalire 2019-2020

 

Mois

Mardi

Septembre

17 & 24

Octobre

8 & 15

Novembre

5,12 & 25

Décembre

3 & 17

Janvier

7, 14 & 28

Février

4 & 18

Mars

3, 10 & 24

Avril

7 & 28

Mai

5, 19 & 26

Juin

9, 16 & 30

Les dates du lundi et jeudi seront établies 
en  fonction du nombre de participants


Inscriptions à l'Atelier d'écriture PLUMALIRE 2019-2020

Celles et ceux qui souhaitent participer à l'Atelier d'écriture PLUMALIRE 2019-2020 peuvent s'inscrire dès maintenant en précisant les jours et heures souhaitées) :

(mail: massallcatherine@gmail.com)

Merci de bien vouloir noter que les jours et heures des ateliers seront décidés en fonction des inscriptions prises avant le 15 septembre.

Les jours et heures proposés sont :

Mardi : G1 : 10h-12h,  
Si le nombre de participants est trop important 
un Atelier G1B pourra avoir lieu le lundi après-midi de 14h30 à 16h30

Mardi : G2 : 19h-21h –

L’Atelier qui avait lieu le Mercredi  aura lieu le jeudi à 19H OU 18H OU 18H30 en fonction des participants inscrits.

Le calendrier des ateliers sera publié mi septembre.

 

  

16 novembre 2019

Dispute

 


Elle se rapprocha avec un chien qui bavait. Il marchait avec indolence, la tête dans les étoiles. Il avait lu toute la nuit mais ce qu'il lut était soporifique. Il n'avait pas dormi. Il s'était levé puis s'était décidé à s'habiller. Au loin, des cris d'enfants l'avaient décidé à sortir; maintenant ils se rapprochaient l'un de l'autre. Il chercha dans sa tête quelque chose à lui dire pourquoi pas du Shakespeare ou pire du Verlaine. Elle était rentrée tard, la réunion avait duré. Dans sa tête bourdonnaient des mots, des formules, des recommandations, et surtout la déclinaison des objectifs de son manager. Une abeille tournait autour de sa tête, elle traînait derrière elle son caddie bourré d'emplettes. Elle le toisa du regard. Mais quel est donc cet hurluberlu avec sa mallette? Quelle femmelette! Très haut , là haut, dans un ciel d'azur, une branlée de mouettes semblait faire la fête. Mais quand elle vit qu'il la regardait, c'est pas vrai ce type, il sort de quelle planète. Il avait senti qu'un regard rempli d'une immense colère s'apprêtait à le submerger, il en eut des frissons. Il avait pourtant plein de bienveillance. Maintenant, la rencontre était inévitable, mais que dire? Qui va dégainer le premier? Oh quel beau chien ! C'est un fox terrier? Non, un labrador répondit elle. Elle se fout de moi cette miss polydor, pensa t il profondément. Le souffle de sa voix fit trembler les bijoux qu'elle portait. La mer, c'est encore loin, reprit il? Quelle mer répondit elle? mais la mer rouge , ma chère amie! Et le Cap Nord, vous le voyez, monsieur l'ambassadeur du peuple inuit? Bondieu, une psychorigide, marmonna t il. J'ai lu toutes les œuvres de Bourdieu, reprit elle. C'est très bon à l'apéritif, un ambassadeur, se contenta t il de répondre mais avec des glaçons. Vous mangez à quelle heure? Sitôt que ma cocotte minute sifflera trois fois. Elle le prenait vraiment pour un con, lui qui avait toujours détesté les rôles d'espion. Elle se demanda s'il ne valait pas mieux qu'elle avance ses pions. Vous êtes de quel signe? Singe ascendant balance. Et vous? Corbeau ascendant banane! Et le chien? Quel chien? Mais votre labrador! Il fût pris d'une colère verte et continua son chemin. Ne me quitte pas, il faut oublier, tout oublier, lui jette t elle sur son pardessus gris avec des poids lourds comme des bouteilles de butane. Vous connaissez l'hypnose , lui renvoya t il pendant qu'il marchait? Tout n'est que chimère, répliqua t elle et ne continuez pas à vous défiler. Elle lâcha son cabas et lui déballa tout. Il s'immobilisa, se retourna, monta sur ses grands chevaux, la bombarda d'insultes à la noix, pour mettre en pièce cette femelle toute droite sortie d'un univers irréel où tout le monde marche sur la tête. Le gros bouquin lui glissa des mains. Il fit un grand bruit sur le sol, il ouvrit les yeux. Le douanier s'était penché sur lui et une fiante d'oiseau avait taché son beau costume vert. La femme, cria t il! Quelle femme? Mais où suis je? En Moldavie. Il se mit à chercher dans ses poches. Ne cherchez pas, vous trouverez des dames dans toutes les auberges pour quelques clopinettes. Son livre de poche glissa, le chien la tira, elle courut, emportée par la laisse. Il la vit se redresser et courir. Au moment de la toucher, une vague claque et les emporta.

 

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13 novembre 2019

Le Clochard

Affalé nonchalamment sur le mur de la Poste, le clochard, dégoulinant de pluie, s’agrippe comme un naufragé à sa dive bouteille. Il lance, à l’adresse des passants, des syllabes tonitruantes qui viennent s’écraser sur le trottoir avant d’avoir atteint les mots qu’il souhaitait proférer.

Je feins de l’ignorer ou plutôt je le range dans le flot de mes préoccupations du moment et gravis les marches de la Poste. Ce bâtiment imposant, en briques rouges, de style  art déco est le point de  départ des correspondances vers tous les pays du monde. A chaque fois, quand je pénètre ce lieu, vaste comme une cathédrale, j’ai l’impression d’être en partance pour l’inconnu.

Mes tâches administratives accomplies, je sors et le vois. Il n’a pas bougé mais entretemps s’est assoupi sans doute sous l’effet de la timide chaleur du soleil qui enfin a eu raison de la pluie. A ses côtés un amoncellement insolite de valises protégées par un plastique épais creusé de flaques d’eau.

Je profite de son sommeil pour l’observer comme une voyeuse, fascinée par la métamorphose opérée en mon absence.

La peau cuivrée de son visage rougeoie maintenant sous les rayons. Retenues par un bonnet de tricot crasseux, des mèches argentées frémissent dans le vent qui s’est levé. Des gouttes d’eau perlent dans sa barbe  broussailleuse. La bouteille verte encore mouillée réfléchit l’éclat du soleil et je me laisse éblouir.

La vision de l’homme se brouille de papillons et mon imagination s’envole, emportée par l’écho des destinations entendues au guichet cinq minutes auparavant. Bélize, Belle Ile, Belzebuth…. Des noms inconnus ou perdus dans ma mémoire s’animent et improvisent une histoire. Par bonheur, un banc pour me poser, pour éviter de chanceler avec mes folles divagations. Je suis assaillie d’hallucinations qui font chavirer mon esprit. Un mirage flotte. Ses vapeurs miroitent et planent sur un improbable désert. Par saccades des hydres à cinq têtes en jaillissent et crachent du feu. Elles se tordent entre elles comme pour s’étouffer mutuellement en émettant des cris effrayants. Mais non. Ce sont des singes qui hurlent en faisant des allers-retours express de haut en bas du chapiteau. A  tour de rôle,, ils avancent en ricanant leur grimace hideuse tout contre mon visage. Ils écartent leurs mâchoires gigantesques pour exhiber un gouffre d’où émane une haleine pestilentielle. Je vais défaillir mais suis tellement terrorisée qu’ils en profitent pour coller leurs grosses lèvres visqueuses aux miennes que je résiste. Elles avancent… Elles avancent…. Je perds pied et m’engloutis.

Que s’est-il passé ? Le clochard me fixe. La stupéfaction se lit dans son regard. Qu’ai-je dit ? Qu’ai-je fait ? Mes interrogations vont tous azimuts. Je lui adresse un sourire gêné. Question de voir sa réaction. Pour toute réponse, l’homme renverse la tête en arrière et laisse éclater un rire jubilatoire. Toutes mes appréhensions s’envolent et font place à l’émerveillement d’une situation que mon réveil morose sous la pluie ne pouvait prévoir.

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06 octobre 2019

FIN D’ÉTÉ

FIN D’ÉTÉ

 

 

 

 

Je n'aime pas la ville. L'agitation, le bruit, les trottoirs sales, la bousculade. Mais, quelquefois, les obligations diverses m'obligent à, comme je dis « descendre » en ville car j'ai la chance d'habiter sur les collines.

 

Un peu en avance pour mon rendez-vous chez le gynéco. Un frottis, rien de jubilatoire. Tu parles d'une partie de jambes en l'air ! Rien de folichon.

 

En avance, donc. Un square, un banc. Je chasse les pigeons, que je déteste, essuie avec précaution ce banc, en respect à ma jupe blanche. Un moment pour moi, une récréation.

 

23 Septembre, l'automne…

 

L'été s'en va avec sa cohorte de souvenirs. Que reste-t-il de ces moments variés, riches, ? Ah, cette grosse fatigue à cause de cette foutue cheville, cette tendinite.

 

L'été s'en va. Aucun regret, j'aime toutes les saisons. Mais, l'été, la chaleur, la canicule. Même la piscine me paraît trop chaude. Que je suis exigeante.

 

Souvenirs, souvenir… Voyage. Oui, magnifiques Dolomites, montagnes majestueuses. Mais l'émerveillement de l'an dernier n'est plus. Une touche de déception, de morosité. Ai-je passer l'âge de l'enthousiasme. Serai-je encore déçue ? Ha, che piacere. Je parle italien, cette langue riche et voluptueuse. Pur bonheur. Mais, la nostalgie me murmure : tu aurais pu être interprète, ton rêve ! Je reviens à ici et maintenant. Hic et nunc. Sur ce banc ! Je fouille ma mémoire.

 

Le petit lutin qui m'éclabousse de bonheur. Gouttelettes de joie qui s'enroulent en mon cœur, s'accrochent à mon âme.

 

Souvenir, souvenirs, l'autoroute et sa cargaisons de camions hideux, menaçants, qui me veulent du mal !!

 

 

 

 

 

 

 

Et puis, la montagne, encore, cette complicité avec la nature. Caresse du vent, verts mélèzes. Je ne suis pas nostalgique. La vie me pousse. Éclairs de joies. Contraintes, peines.

 

Que reste-t-il ? Je n'ai rien accroché à ma banderole de souvenirs.. Quoi ? Moments d'amitié, de partage en préparant les pan bagnats.

 

 

 

Et puis, à nouveau, la fatigue, la sueur, la peau moite, les cheveux collés. Et aussi, les réveils. Tant de beauté offert à ma vue. La ville, au loin la mer qui me chuchote « viens ». Et les bateaux qui me chuchotent « viens ». Chaque matin vibre d'une beauté indicible. Mais, ma saison préférée reste le printemps. Autre plaisir estival, devant mes yeux ravis, les agapanthes qui éclatent en camaïeu de bleus. Le rouge des cannas marié à ma couleur préférée.

 

Oui, j'aime l'été. Sur ce banc, à l'ombre je n'entends plus rien. Si mon cœur. Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous. Le souvenirs ne se partagent pas. Ils sont miens. Quoi de plus déprimant que les photos-souvenirs offerts à nos amis ? Cela n'intéresse personne.. Et puis, les cartes, écrites à la va-vite. Et celles d'Italie qui n'arrivent jamais ! Peu de partage.

 

ZUT ! Quelqu'un s'assied sur mon banc, qui me dérange, m'importune. Quel toupet !

Je tourne le dos à l'intrus. Une tape amicale sur l'épaule. Quel toupet ! Je suis obligée de faire face à l'inconnu. Je reste bouche bée. « Il y a si longtemps que je rêvais de te retrouver. Plus de nouvelles. Pourquoi ? Pour me punir à nouveau ? Vieille amitié détruite par la jalousie morbide ». Ce flot de paroles m'agresse. Que veut-elle ? Ma meilleure amie d'alors tombe dans mes bras en pleurant. Toujours théâtrale, elle tord ses mains, s'agite tout en guettant ma réaction. Perfide ! »Relève-toi, tu me fais honte ! Te donner en spectacle ».

 

Un souvenir de plus. Pas le meilleur. Une trahison, un soir de folie. Une dispute, une rixe, un couteau, la lame étincelante sous le regard narquois de la lune. L'horreur ! Je ne veux pas lui parler. C'est l'heure de mon rendez-vous. Je me lève. Sa main sur mon bras m'oblige à rester tranquille. Cette force, j'avais oublié. Que veut-elle ? A nouveau la peur.. Réagir, vite. Je me libère. Je cours dans la rue. Au secours, au secours, cette femme m'a agressée, elle est folle.. Un attroupement se forme aussitôt.

 

Elle est prisonnière. Elle va payer pour ce qu'elle a fait. Elle crie, hurle, se débat lorsque le policier intervient. Je me bouche les oreilles. Je ferme les yeux. Ne plus l'entendre, ne plus la voir. Je m'évanouis !!!

 

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25 septembre 2019

une femme, un homme

Edna marchait dans la rue avec son sac à provisions quand elle dépassa l’automobile. Il y avait une pancarte sur la portière : « Je cherche une femme ».

 Cette automobile, elle la croisait tous les matins en revenant du marché. Jo, le chauffeur, lui était devenu familier. Ils avaient même pris l’habitude de se saluer. Un jour, ils iraient boire un café, flâner main dans la main, Edna se prenait souvent à espérer.

Cette pancarte « Je cherche une femme », c’est la première fois qu’elle la remarquait. Quelle femme ? ni photo, ni numéro...

L’automobile dépassa lentement Edna et tout en continuant à rouler, Jo lui dévoila un sympathique sourire quoiqu’un peu sarcastique, ce qui n’était pas sans déplaire à Edna.

-        « Bonjour, belle Edna, toujours aussi chargée ! »

Edna lui rétorqua aussi sec.

-        « Bonjour Jo, les affaires sont bonnes aujourd’hui ? »

Jo, qui continuait à rouler à la hauteur d’Edna en veillant à la frôler subrepticement, lui répondit d’une voix exagérément suave

-        « Ce n’est pas aujourd’hui que je vais renflouer mon compte en banque, ma belle » 

Puis, il accéléra et cria par la fenêtre à la volée « Edna, je cherche un femme ».

 Arrivée chez elle, dans sa petite chambre, tapissée d’affiches de ses films préférés avec Marlon Brando, Jean Gabin, Steve Mac Queen, Edna rangea ses provisions et décida que ce serait elle, LA femme.

Même si Jo était du genre guindé et que, les grandes déclarations, les mots doux, trop peu pour elle, elle s’en accommoderait.

Jo, après tout, pourrait se révéler comme l’homme un peu rustre, le cow-boy corrézien parfait, le Cary Grant plein de poils de Tulle. Jo serait l’homme qui lui ferait découvrir l’amour rustique, le vrai, c’est décidé !

Edna irait l’attendre à la station taxi de la gare dès demain et se présenterait à lui avec aplomb en déclamant haut et fort :

« Tu cherches une femme ? je cherche un homme, allons-y ! »

Edna et Jo se déshabilleraient du regard et se promettraient de prendre en verre. Mais pas l’un de ces cocktails comme dans les films romantiques, servis dans un verre à pied fin avec des pics et des olives et ces mélanges de couleurs trop éclatants. Non, ils iraient boire une bière bien fraîche et feraient claquer leurs pintes bruyamment à en faire trembler la table en formica du troquet. Ensuite, ils roteraient ensemble, au diapason, en toute complicité.

Avec Jo, Edna ne jouerait pas la prude, la coincée, la sainte-nitouche, tous ces surnoms dont les hommes l’affublent trop souvent et qui suscitent chez elle dégout et répulsions.

Jo serait, certes l’incarnation de la force dominatrice, mais aussi l’homme de toutes les déclarations coquines, celui de l’infinie passion charnelle.

Edna s’endormit enivrée par ces torrides pensées.

Le lendemain, promesse tenue, Edna se rendit à la gare et aperçut Jo, debout au loin, accoudé sur l’automobile.

A vrai dire, il n’était pas vraiment beau, pas assez trapu, trop longiligne. Elle ne l’avait jamais vu debout. Mais bon, ça irait ! « Jo cherche une femme, je cherche un homme, l’alchimie sera évidente ».

Parée de sa seule et unique robe, la robe bleue de ses vingt ans, Edna s’approcha fièrement de Jo. Il la dévisagea interloqué en levant le menton.

« Bonjour Edna, qu’est-ce que vous faîtes là ? Vous avez besoin que je vous dépose quelque part ? »

Edna lui glissa en toute simplicité avec une assurance déroutante :

« Dans ton lit, si ça te dit Jo, dans ton lit. Tu cherches une femme non ? »

Jo éclata de rire, regarda autour de lui, prit Edna dans ses bras comme une jeune mariée qu’elle n’était pas, et dévala précipitamment le grand escalier de la gare pour rejoindre son appartement.

Dans la petite entrée sombre, Jo s’agenouilla sur le tapis pour y déposer Edna et sans se relever, les yeux embués de larmes, lui déclara le plus beaux des poèmes.

« Edna, mon Etna, ma fusion, mon effusion, mon éruption, tu es venue, tu t’es reconnue, toi mon petit pinson »

Jo, pour le moins essoufflé après sa dithyrambique tirade, posa délicatement Edna au bout de son lit et lui chuchota :

« Comment avez-vous deviné que je vous cherchais, que je t’attendais, Toi.

Aujourd’hui, je te veux pour la vie, mais pas sur ce lit, pas dans ce costume décati tout gris. Reste ici, s’il te plait, attends-moi » il quitta aussitôt l’appartement.

Seule, Edna se leva brusquement. Droite dans ses bottes, poings serrés, elle maudit cette rencontre platonique avec ce poète des bas étages, cette grande tige surannée. Ce second rôle de l’amour au rabais, elle n’en voulait pas !

Elle claqua la porte et rejoignit son antre, accueillie par ses fidèles et immuables amants oniriques du 7ème Art. Elle se glissa dans un bain, puis elle sortit de sa baignoire, se sécha avec une serviette et mis des bigoudis roses. Elle décida de ne plus revoir Jo.

Atelier d’écriture, Plumalire, Nice Alpes-Maritimes, 17 septembre 2019 D’après la nouvelle de Charles BUKOWSKI, «Solitude »

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24 septembre 2019

Solitude

SOLITUDE

17 Septembre 2019 extraits de la Solitude de Bukowsky.

Edna marchait dans la rue, avec son sac à provisions, quand elle dépassa l'automobile. Il
y avait une pancarte sur la portière « je cherche une femme ».
Elle se mit à trembler, nerveusement, serrant contre elle ce vieux cabas, vide.. une fois de
plus. Le porte-monnaie, vide aussi !
Arrivée devant la voiture, elle se mit à rêver. Et si c'était LUI ? Lui . Oui bien sûr, lui, qui
cherchait une femme. Elle, bien sûr .
Mais, que signifie le mot femme ? Femme : un être humain, une tête, quatre membres, un
cerveau qui commande. Femme, une mère, une épouse, une sœur.
Et, si je postulais pensa-t-elle ? Téléphoner ? Envoyer un c.v? Cherche une femme...
Annonce mystérieuse, alléchante. Peut-être bien payée afin d'alimenter son compte en
banque! Mais, que dire, comment se présenter ? Et puis, ce n'est pas lui. Cet homme qui
cherche une femme, ce ne peut pas être crédible, honnête.
Elle s'assied sur le bord du trottoir, rêve, parle toute seule. On la bouscule. Personne ne fait
attention à elle. Elle voudrait se lever, crier « regardez-moi, j'ai été jeune et belle aussi, oui
belle ». Les larmes coulent sur son visage ridé. Personne ne la regarde plus. Plus jamais.
Même si c'était lui, il ne ferait pas attention, ne la reconnaîtrait même pas , lui jetterait une
pièce. Elle se relève péniblement, essaie de se tenir droite, de prendre un air guindé pour
avoir l'air d'une personne normale. D'une dame. Au fait, c'est quoi une personne normale ?
Une dame en tailleur, bien coiffée, manucurée, propre ? Mais Edna se sent propre à
l'intérieur. Et puis, propre ça veut dire quoi ? Habits propres, cœur sale, esprit sale,
mesquin !
Elle s'éloigne de la voiture, revient, voudrait noter le numéro de téléphone.. Mais, elle n'a
pas de stylo, pas de papier, pas de téléphone. Son reflet dans la vitre de la voiture lui fait
peur. Un pas en arrière, une grimace de répulsion pour ce qu'elle est devenue.
A présent, elle rase les murs, veut se sauver, rentrer chez elle, fermer les yeux. Ne plus
sentir ces regards de pitié lorsqu'elle quémande chez le boucher, le boulanger.

Mais, la tête lui tourne. Que fait-elle sur ce trottoir, en charentaises ? Elle revient vers

cette voiture, cette pancarte. Elle voudrait répondre à cette annonce, essayer, crier, se faire
connaître, re-connaître. Mais la peur lui hérisse le poil. Seule sur ce trottoir, comme un
chien galeux, abandonné. Elle est abandonnée, elle s'est abandonnée. Elle a laissé l'usure
du temps recouvrir son corps, anéantir les connexions de son cerveau, noircir son regard.
Elle a tout perdu ! Elle n'avait rien mais elle a été grignotée de tous côtés. La vie l'a
bouffée, dévorée, malmenée.
Elle est debout, les bras écartés, elle tourne sur elle-même, le regard vide. Puis,
doucement, lentement, elle se met à marcher vers son moi enfoui, enfui. Aux terrasses des
cafés, des jeunes insouciants sirotent des cocktails en riant.
Edna ne rit plus depuis longtemps. Ne sourit plus non plus. La source est tarie. A qui
sourire ? A qui parler ? A son chat aussi miteux qu'elle ? Aux murs gris de sa folie ? Au
miroir qui ricane en la voyant. A qui parler ?
Soudain, une pensée lui traverse l'esprit. Et si elle écrivait. Si elle confiait à un cahier ses
bleus à l'âme. Elle aimait tant écrire alors. Elle disait que c'était sa thérapie. Il écoutait ses
textes, tristes, amers, drôles. Il aimait les lire à haute voix avec ses intonations, son accent
du soleil. Il l'encourageait, lui conseillait de cracher ses mots, ses maux, sans être prude.
Être soi-même, la seule vérité, un slogan, un leitmotiv, une certitude.
A présent, elle ne sait plus écrire. La page blanche lui donne la nausée. Et pourtant,
pourtant, si j'essayais. Mais pour qui, pour quoi ? Pour toi lui dit la petite voix intérieure.
Alors, Edna se persuade que son salut est dans l'écriture. Oui . Vite. Je rentre. J'écris.
Je vis. Je revis. Écrire sera ma force. Et puis je lirai mes textes à Minos, mon chat, qui
ronronnera de plaisir.
Rentrée chez elle, Edna s'affaire. Un cahier vierge, un bout de crayon, un dictionnaire, on
ne sait jamais. Que dire ? Qu'écrire ? Elle ne sait plus, se heurte aux mots, aux phrases
bancales, à la ponctuation décadente, aux adjectifs paresseux. Écrire. Oui. Liberté, évasion,
rêve. Où chercher l'inspiration ? Où trouver un texte riche, solide ? Intéressant ! Son
cerveau en miettes ne lui souffle rien de bien joli. Pourtant, elle aimait jouer avec les mots,
le rimes, les haïkus, les acrostiches. Elle jouait si bien. La partition vide du lendemain sans
espoir la terrorise. Même ça!
Elle se sent anéantie, au tapis comme disent les jeunes ! Elle roule le crayon entre ses
doigts , parle au chat, lève les yeux vers la persienne,le plafond, la table.

Avant d'écrire, se dit-elle, je vais mettre de l'ordre dans mon intérieur. Mon intérieur à
moi. Ma tête, mon corps et mon esprit. Se laver. Laver mon cerveau pour y voir plus

clair.
Et puis, prendre le stylo-plume, écrire aussi sur une petite pancarte « je suis la femme que

tu recherches, je suis prête, attends-moi, je serai là quand tu le décideras. Laisse-moi un
peu de temps. J'arrive ».
Un bain pour se délasser. Baignoire sabot, mal au dos.
Vite, sortir, dévaler toutes ces marches, courir, respirer, sourire. Que faire maintenant ?

Être présentable . Mettre sa robe bleue, ou la rose, ou la blanche ?
Puis elle sortit de la baignoire, se sécha avec une serviette et mit des bigoudis roses.
Elle décida de ne plus revoir Jo.

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22 septembre 2019

Chronique mortuaire

Il était arrivé la veille sous un grand chapeau élimé
Longé le lourd lavoir en calcaire déformé 

Un curieux rayon de soleil l’éveilla.
Le bruit d’une tasse qu’on déplace l’agaça.

Ils étaient dehors au coin de l’épicerie.
Il descendit les marches qui grimaçaient sous son poids.

Puis vira se frottant aux tables qui ravageaient la salle.
La porte claqua, le chat glissa sous le comptoir.

Depuis la colline un vent nerveux dégoulinait.
Il remonta le store sans crier gare !

Dehors le grand pin prisonnier de bitume s’ennuyait.
Les gars s’alignèrent sans payer de mine.

Il sorti son colt qui s’enroula.
La rue étirait ses pavés lustrés.

La peur le saisit.
Un trop plein l’écrasait.

Le coup parti sans faire rire.
Sur la cloche la balle avait cogné,

L’homme tomba sur les chaises molles de la buvette.
La terrasse en pris ombrage.

Les commères se levérent en bande.
Puis un rat se faufila.

Monsieur le maire ronflait.
L’écharpe tricolore se mit à cracher.

Une plainte amère déchira le silence.
Le croque-mort jeta de la terre.

La croix du cimetière s’était penchée à genou.
Les cartes postales dégringolèrent.

 La vieille dame refit sa cote.
Noêl pointerait son nez…

Atelier 11- scène d’action

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07 août 2019

Allez applaudir notre amie Danièle Duprez - " Petit boulot pour vieux clown" l'Escarène salle des fêtes dimanche 1 er septembre

" Petit boulot pour vieux clown" de

MATEI VISNIEC

à l'Escarène salle des fêtes dimanche 1 er septembre à 15 heures 

Trois vieux clowns qui cherchent du travail se rencontrent dans un théâtre où ils sont venus passer une audition. Jadis, ils ont travaillé ensemble chez Humberto. La joie des retrouvailles fait bientôt place à la dispute car le théâtre n'offre qu'un seul "poste de vieux clown". Peu à peu, les trois vieux copains deviennent trois gladiateurs tragiques des temps modernes qui luttent pour survivre tout en se faisant l'illusion qu'ils ont été appelés pour sauver ce qui reste encore du "grand art du cirque".

 

1er septembre

FESTIVAL THE THEATRE - "Petit boulot pour vieux clown" - 15h - Salle des Fêtes

15:00 - 16:00

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25 juillet 2019

BIENVENUE à Catherine qui va ANIMER les Ateliers d'Ecriture PLUMALIRE

Les Ateliers d’Ecriture Plumalire existent sous forme d’Association Loi 1901 depuis 2003 et j’ai eu le privilège et le grand plaisir de les animer jusqu’à présent.

Ayant décidé de passer le flambeau,
Catherine Lavèze a accepté d’animer les Ateliers d’Ecriture Plumalire.
Elle est pétillante et saura animer avec fougue.
Son caractère enjoué apportera un regain de jeunesse
aux Ateliers d’Ecriture Plumalire.

Un immense MERCI aux participantes et participants qui ont contribué à faire vivre Plumalire et qui y ont apporté leur joie de vivre et leur bonne humeur, caractéristiques de la convivialité qui l'est un des mots d’ordre de l’Atelier d’écriture Plumalire. Avec Catherine, continuez à :

Faire Pétiller vos idées    Stimuler votre spontanéité            Ecrire en riant
Apprivoiser les mots…    Dynamiser votre imaginaire           Lire autrement

Souhaitons-lui autant de bonheur et de joies que m'ont apporté tous les participantes et participants depuis l'an 2000.

Marie-José

 

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01 juillet 2019

Complicité

Sur le pastel, un village suranné dévale la colline.

Deux paysans y évoquent leurs souvenirs d’adolescents et leur complicité retrouvée réveille la malice de leurs cœurs rebelles de jadis.

 Comme le destin les ravit ! Apres cinquante années loin de sa cité , celle qu’on surnommait «  la petite princesse à la robe de satin »est revenue dans son pays natal adoré. Et dans ce paysage de douceur semblable à une aquarelle, au pied des bâtisses, ils se sont retrouvés dans la tranquillité du jardin soudain enchanté. Celui qu’on surnommait «  le chien fou » est resté fidèle car il n’a pas oublié celle qui était sa divinité. La vie n’a pas effacé leur capacité à rire de rien et à se moquer tendrement,  et leur enfance évanescente quelques instants  plus tôt a surgi, évidente et présente comme si leurs chemins de vie  avaient soudain bondi dans le passé retrouvé.

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LE CLOCHER A DISPARU

Atelier d’écriture PLUMALIRE© RAP Rythme And Poetry du 30 avril 2019 

Ecrire une disparition insolite (j’ai choisi le clocher) dans votre village. 

Dong résonna le bourdon en fonte ductile
La cloche réveilla les femmes infertiles
Songes et serments tapissent le passé sombre
J’entends au loin des pas étranges dans l’ombre
Son hyalin et tonalité cristalline
Ce vieil hangar est l’antre de Roseline
Bizarre ce sentiment de vie éternelle
Alité, je prie Sainte Rita, c’est un rituel
Je ne bouge pas d’un iota ; pas vraiment réel
Soudain un coup retentit et sonne l’anarchie
Les nuits se troublent à présent : bonjour insomnies
Allongé nu dans l’alcôve, je ne le vois plus
Mais oui pas de doute, le clocher a disparu
Sermon spirituel en quête d’un nouvel ordre
Ne cherche pas, c’est le chaos : nouveau désordre
Tel un roi vénéré, je m’installe sur le trône
Y’a pas à dire, c’est l’histoire d’une folle icône
Le portail de mes pensées soudain s’obscurcit
Mais le caravansérail reçoit ses amis
Dans un élan nouveau, mes neurones sont transis
C’est décidé je me fais un pétard de rail
Le désespoir est là comme un épouvantail
Mon espoir c’était Diva ; mais elle est partie
Corail blanchi, hécatombe mortelle garantie
Les mots s’effilochent, mes pensées s’évanouissent
Mon esprit divague, je bois dans le calice
Cet art n’est qu’artifice : putain d’existence
Dans ma tour d’ivoire, me voici en errance
J’esquive le malin et me déguise en none
Je me noie dans l’absinthe, que Dieu me pardonne.

 

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SENSUALITE

Douceur, c’est la sensation qui me vient après cet après-midi de labeur dans les champs. La sieste  a été salutaire dans cette heure chaude d’été. La présence de la montagne souveraine calme mes sens échauffés. Le bonheur du geste juste et l’ardeur à l’ouvrage furent mes Everest en ce mercredi !

La tiédeur, maintenant, dans ce crépuscule naissant qui se nimbe de garance, de parme et d’or, gagne mon cœur.

La simplicité du moment et la liberté d’être qui m’accompagnent, sont toute ma force. Dans ces ascensions quotidiennes pour rejoindre les restanques, je m’émerveille de la sensualité des fleurs dans le vent léger. Leurs couleurs m’offrent chaque jour la chance de me réjouir intérieurement.

La gaîté emplit mon corps. L’agilité de mes pieds sur l’écorce terrestre, sans qu’aucune tension musculaire ne se manifeste, m’enhardit. Les odeurs et la langueur me plongent dans une révérence silencieuse. Une gratitude infinie m’enveloppe alors de ses bras tendres.

 

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UN METIER DE VISIONNAIRE

Assise sur le rocher où elle avait grimpé en faisant de l’escalade, elle tâcha d’oublier la calade à affronter pour en redescendre, et elle admirait Roquebrune. Le village était suspendu comme sur une toile peinte tendue, où les nuages naviguaient comme des voiles entre les tours si nombreuses que Phèdre elle-même s’y serait perdue.

Quel boulot ce serait de faire revivre la manifestation fantôme de ce château en ruine ! quelle solution adopterait-elle pour échapper au syndrome bien connu du galérien de chantier ? Son esprit s’accrocha à ces lingots de miel, morceaux de mystères d’un passé révolu, qu’elle reverrait un jour étoiler le ciel diaphane d’une splendeur bien réelle. Quel métier magique elle exerçait !

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LA BEAUTE DE LA MER /PRINTEMPS DES POETES

On a tellement décrit la beauté de la mer

Eau réfléchissante, merveille rayonnante

Ecume moutonnante, image résonnante

Tableau voyeur d’un voyageur amer

 

Qu’on oublie la frayeur qu’inspire une tempête

Dans les voiles et l’ombre de la nuit

La goélette n’entend plus que son bruit

Bateau à la merci d’une vague qui inquiète

 

Une brume rousse fait cesser la folie

Puis un nuage agite un chiffon blanc

Et annonce enfin du voyage l’harmonie

 

Le crépuscule moussant d’une toison d’or

Le soleil reviendra de l’infinie frontière

Et c’est en bleu azur qu’arrivera l’aurore

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LA CUISINE AMOUREUSE ET GOURMANDE

Pour l’inauguration de l’auberge, Manon eut une idée pleine de malice…Il lui fallait un repas original mais simple à faire et surtout bien arrosé pour que les convives se souviennent longtemps de l’ambiance chaleureuse. Pour la cuisine, elle se posait là, quant à « l’arrosage » son nouveau sommelier saurait faire merveille, elle en était certaine.

Elle lança les invitations pour que chacun vienne avec sa chacune et Gustin lui fit la surprise de venir avec la sienne qui avait, soi-disant, été sacrée championne de mixtures de bar. Alors ça elle ne s’y attendait pas, elle entrevit la fin de ses espoirs, mais ne désarma pas. Si la donzelle devait officier en experte des cocktails, elle, elle excellerait avec la magie de sa cuisine !

Elle prépara de magnifiques galettes au poulet et aux épices dans les quelles elle glissa quelques grains d’anis, une purée de pâtisson à la mélisse et un zeste d’eau de vie pour lui donner relief. A 18h l’auberge exhalait un bon et croustillant parfum et, pour les gourmets il ne manquait plus que quelques fagots de haricots verts du jardin, mitonnés dans un lard délicatement fumé, et de dorer au chalumeau un nuage de fromage frais. Son assiette serait complète et parfaite. On verrait bien si l’estrangère pourrait rivaliser avec son verre de bienvenue.

Et elle rivalisa ! Ayant perçu les parfums de la mélisse et de l’anis des galettes enfournées, elle en agrémenta aussi son mélange exotique, ce qui lui donna un côté provençal qui mit les convives en joie et en appétit. Avant de passer à table, tous étaient déjà bien gais et enflammés y compris Gustin et sa bairmaid qui ne s’étaient pas privés de cette entrée en matière. Tout juste si le cru classé du château Magali ne fût pas versé à côté des verres !

Quand Manon défourna ses odorantes pastillas à la cagnoise, tout le monde s’exclama. Même avant de les avoir goutées, ils devinaient le régal qu’elles promettaient. Et s’en fût un tel de régal que les ruelles résonnent encore des oh et des ah et des hum boudiou qué trouvaille.

Du coup ce fût bien Manon la reine de la soirée, elle s’en délecta et en oublia sa jalousie première. Tous les couples se bécotaient et se caressaient, y compris Gustin et sa belle qui n’avaient cure de partager son succès, tous envoutés qu’ils étaient par cette cuisine propre à inspirer l’amour. L’auberge était sauvée, c’était ce qui lui importait le plus pour l’instant et elle savait aussi qu’elle n’avait pas encore dégainé toutes ses armes…

 

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16 juin 2019

La vision de Monsieur Paul

CONSIGNES : 

1 - Ecrire en vertical un mot cité au hasard par un des participants, ici se sera embouteillage (ayant subi un bouchon de plus d’une heure). Puis en écriture instantanée écrire les mots qui vous viennent à l’esprit commençant par les lettres du mot choisi. Dans une deuxième colonne écrire une rime du mot de la première colonne.

2 - Avec ces mots, remplir le texte à trou qui vous est fourni sous forme de bribes de phrases, n’ayant aucun lien entre elles et composez un texte avec une thématique cohérente.

 

Dans la joyeuse troupe Paul était à part. Monsieur Paul, souvent embrumé, s’enfermait régulièrement dans sa chambre. Il allumait parfois la forge pour se rendre utile. Mais cet après-midi là, le visage grave, il s’était assoupi. Son roman en cours de rédaction, n’arrivait pas à le captiver. Ah oui j’allais oublier le titre de son roman : le Ramadan du colibri.

Endormi dans son appartement au look particulier, il ne pouvait pas soupçonner ce qui allait se dérouler. Etourdi, comme à son habitude, il alluma la mèche invisible de cette rocambolesque histoire. D’habitude, la petite entrée biscornue lui faisait venir les sanglots. Mais là, les deux portes ouvertes avec lenteur, furent l’occasion de découvrir un monde merveilleux.

Il se réveilla en douceur et comme porté par un tapis volant magique, il fut happé par un monde extraordinaire. La prudence lui interdisait d’aller plus loin, mais une odeur de brise mentholée excitait sa curiosité.

Dans une pièce voisine qu’il venait de découvrir en poussant une porte grinçante, une femme aux contours évanescents, surgit d’un nuage de vapeur. Elle rit avec vigueur. A la vue de Paul, elle se mit à entonner des chansons dans un patois celtique. L’expression de son visage était énigmatique. A un moment, elle prononça trois mots de louange qui lui serrèrent la gorge. Il supplia son âme de faire marche arrière.

L’être aux contours estompés, qu’il croyait être une femme, était à présent entouré de flammes. Cet allumé, ne cessait pourtant de sourire. Sa voix se faisait plus forte, devenant dominatrice. Après quelques hésitations, Paul reconnu en cet être, le diable.

Face aux incantations du malin, il raconta son enfance en cinq phrases remplies de fantasmes. A ces mots, l’être maléfique tourbillonna sur lui-même. Un vent glacial entra dans la pièce. La terreur s’empara de Paul. Pourtant céder aux exigences du malin, ce n’était pas dans sa nature.

Le diable était à présent ivre de colère et comme par magie, il gravissait une montagne aux parois abruptes surgie de nulle part. Paul dégoulinant de sueur, essayait de s’enfuir, mais les derniers mètres étaient franchis avec peine. L’altitude faisait son œuvre. Cette simple idée de tomber dans les mains du Diable le faisait frémir.

Au fur et à mesure qu’il avançait dans cette montagne inconnue, Paul découvrait de nouveaux paysages. Il devenait difficile d’avancer dans ce dédale labyrinthique, d’une vastitude sans égal. A présent, égaré, le carnage absolu était sa prochaine étape. Il s’arrêta quelques secondes et se dit : je n’aurai pas cru en arriver là.

Mais Satan le rattrapait et toute sa vigueur l’abandonna. Une sensation étrange s’empara de lui. Il se réveilla lentement. Il faut dire que la veille au soir, il avait consommé des breuvages aux origines douteuses.

Il réalisa que tout ce rêve lui avait phagocyté l’extrémité de ces terminaisons nerveuses. Mais cette petite mise en scène, bien futile, lui avait quand même bien excité les neurones. A présent, il prenait conscience de la puissance de l’esprit pour l’entraîner dans un monde fantasmagorique.

A ce moment précis, une étonnante et improbable mésange à queue rouge vint frapper à sa fenêtre. Il voulu tirer ce mystère au clair. Mais comme par magie, il se rendormit et sombra à jamais dans l’oubli.

02 juin 2019

Disparition du clocher

Dong résonna le bourdon en fonte ductile
La cloche réveilla les femmes infertiles
Songes et serments tapissent le passé sombre
J’entends au loin des pas étranges dans l’ombre
Son hyalin et tonalité cristalline
Ce vieil hangar est l’antre de Roseline
Bizarre ce sentiment de vie éternelle
Alité, je prie Sainte Rita, c’est un rituel
Je ne bouge pas d’un iota ; pas vraiment réel
Soudain un coup retentit et sonne l’anarchie
Les nuits se troublent à présent : bonjour insomnies
Allongé nu dans l’alcôve, je ne le vois plus
Mais oui pas de doute, le clocher a disparu
Sermon spirituel en quête d’un nouvel ordre
Ne cherche pas, c’est le chaos : nouveau désordre
Tel un roi vénéré, je m’installe sur le trône
Y’a pas à dire, c’est l’histoire d’une folle icône
Le portail de mes pensées soudain s’obscurcit
Mais le caravansérail reçoit ses amis
Dans un élan nouveau, mes neurones sont transis
C’est décidé je me fais un pétard de rail
Le désespoir est là comme un épouvantail
Mon espoir c’était Diva ; mais elle est partie
Corail blanchi, hécatombe mortelle garantie
Les mots s’effilochent, mes pensées s’évanouissent
Mon esprit divague, je bois dans le calice
Cet art n’est qu’artifice : putain d’existence
Dans ma tour d’ivoire, me voici en errance
J’esquive le malin et me déguise en none
Je me noie dans l’absinthe, que Dieu me pardonne.

RAP Rythme And Poetry du 30 avril 2019 - Ecrire une disparition insolitedans votre village:  (j’ai choisi le clocher) 

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Complicité

Sur le pastel, un village suranné dévale la colline.

Deux paysans y évoquent leurs souvenirs d’adolescents et leur complicité retrouvée réveille la malice de leurs cœurs rebelles de jadis.

Comme le destin les ravit ! Apres cinquante années loin de sa cité , celle qu’on surnommait «  la petite princesse à la robe de satin » est revenue dans son pays natal adoré. Et dans ce paysage de douceur semblable à une aquarelle, au pied des bâtisses, ils se sont retrouvés dans la tranquillité du jardin soudain enchanté. Celui qu’on surnommait «  le chien fou » est resté fidèle car il n’a pas oublié celle qui était sa divinité. La vie n’a pas effacé leur capacité à rire de rien et à se moquer tendrement,  et leur enfance évanescente quelques instants  plus tôt a surgi, évidente et présente comme si leurs chemins de vie  avaient soudain bondi dans le passé retrouvé.

Texte écrit d’après le tableau «  Peille » de Urbain Garin de Cocconato

 

POCA SUERTE.

Bonjour chers amis lecteurs. Ma chronique du jour commencera par POCA SUERTE.

Eh oui pas de chance pour le trésor. Avec la suite vous comprendrez pourquoi. Le mystère était épais dès le début de cette histoire. Un coffret était rempli de pièces d’or. Mais elles ressemblaient plus à des vestiges. POCA SUERTE.

Au départ, ce coffret était caché dans une alcôve du donjon. Ce secret ne fut pas longtemps gardé. Le métal précieux scintillait trop et les ancêtres furent attirés par ses rayons vraiment ardents. Les anciens adoraient le coté caché de ce trésor. Mais un jour, un tremblement de terre vint compromettre tous leurs espoirs. Le coffret fut happé dans les profondeurs de la terre. POCA SUERTE.

Le tremblement de terre engendra le détournement d’une rivière. Le coffret fut disloqué. L’énigme s’épaississait. Les dorures précieuses en faisaient fantasmer plus d’un. Mais les années passèrent et même les moines les plus téméraires, ne parvinrent pas à retrouver le précieux coffret et son contenu. POCA SUERTE.

Une année, le ventre de la terre se mit à rugir. Un volcan était en train de naître. A quelques lieues de Gourdon, le volcan de Biot voyait ses premiers jours arriver. Par un miracle inattendu, un paysan souleva une pierre. Sous celle-ci se trouvaient les précieuses pièces qui commençaient à fondre. L’odeur du métal fondu était unique. Le jeune paysan se voyait déjà riche. Mais le destin fut tout autre. Un preux chevalier qui passait par là, lui subtilisa le magot. POCA SUERTE.

Rares sont les moments où l’on peut caresser une somme d’argent en écus sonnant et trébuchant. Le paysan essaya de suivre le preux chevalier, avec les empreintes des sabots du cheval. Il en dessina une carte. Oui c’est cela, une véritable carte au trésor, comme si c’était un jeu. L’itinéraire était torturé et le suspense battait son plein. L’enjeu était tel que le paysan en tomba en syncope. POCA SUERTE.

A son réveil, il se précipita dans ce parcours bien sinueux et semé d’embuches. Un véritable circuit pour initiés. La peur s’empara de lui au détour de la roche percée. Cette roche était connue pour avoir en son temps répandu la terreur dans le village. L’angoisse habitait tout son être à la vue de la pierre maléfique. POCA SUERTE.

Mais l’appât du gain était plus fort. La folie s’emparait à présent de lui. Il se lança dans le labyrinthe de Trébizonde qui se terminait par un chaos inextricable. Il se mit en tête d’élaborer un plan machiavélique. Le paysan se crut plus fort que les pièges tendus par le preux chevalier. Mais c’était sans compter avec l’imagination du chevalier qui était diabolique. Le brave paysan s’engouffra dans un étroit goulet. Le sol se déroba sous ses pieds. Il se retrouva dans un dédale sans issue. Plusieurs jours durant, il chercha vainement la sortie. A bout de force, il se résigna, se recroquevilla et y mourut désespéré. La fin de l’histoire, c’est vous qui allez me la dire : POCA SUERTE !...

Course au trésor du 21 mai 2019 : Ecrire un arbre généalogique sous forme de pyramide de mots en commençant par la tête de pyramide : Trésor. Puis chaque division dichotomique sera faite à partir de mot évoqués par celui de l’étage du dessus.

 CARTE - jeu - itinéraire - suspense - enjeu -  parcours - circuit - peur - angoisse  -gain - folie - labyrinthe - chaos  -  plan -  dédale