Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes

Calendrier des ateliers d'écriture PLUMALIRE du 1er janvier au 7 juillet 2019

Attention pour le G3 suppression du 30/1

Mardi : G1A : 9h30, G1B : 10h  & G2 : 19h -  

Mercredi G3 : 18h30 
Le calendrier tient compte des vacances scolaires de la zone B : 
20/ 10 au 5/11 -22/12 au7/1 – 9/2 au 25/2  - 6/4 au 23/4 – 29/5 au 3/6 – fin : 6/7

 L'Assemblée générale sera fixée la dernière quinzaine de juin. Merci de venir nombreux ou en cas d'impossibilité de donner votre pouvoir.

       
Groupe Avril Mai Juin AG
G1A 2 &  30/4 14 & 28/5 11 & 25/6  
G1B 23/4 21/5 4 & 18/6  
G2 2 & 30/4 14 & 28/5 11 & 25/6  
G3 3/4 15 & 29/5 12 & 26/6  

Ecrire une histoire en plusieurs séances tout au long de l’année,  
en enrichissant votre vocabulaire.
Vous êtes le narrateur  qui raconte les lieux, les villages perchés des Alpes Maritimes,
 et les événements dont vous avez l’expérience au fur et à mesure qu’ils se produisent  

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18 mars 2019

Beauté de la mer - Abécédaire

Albatros, vogue au-dessus de la Grande Bleue
capitaine,Balance-toi sur le mât du voilier au-dessus des creux
Course les nuages qui annoncent la tempête hurlante !
Danse au-dessus des vagues scintillantes !
Ecumante et mouvementée, la mer nous charme
Flux et reflux reflètent la turbulence des lames parme
Gazouillante ou colérique elle voltige au-dessus des abysses,
Harponne les baleines qui coursent les thons avec malice.
Immensité profonde, tu nous fascines, tu voltiges.
J’aime ton clapotis et ton roulis qui murmure, un vrai prodige.
Kaléidoscope de couleurs turquoise, bleu marine, azur,
L’horizon ne te limite pas et les amers servent de repères.
Marins, où que vous soyez, toujours vous chérirez la mer,
Naviguant vers les sirènes comme Ulysse
Oubliant les dangers des profonds abysses
Pensant aux palais qu’elles habitent au milieu des vagues
Quelle agitation quelle inconscience vous drague ?
Respectez les consignes de sécurité du capitaine
Sirènes, éloignez-vous des voiliers sans haine
Traquez plutôt les poissons aux écailles turquoises
Unique est la mer aux doux reflets ardoise
Vantez sa musique, qu’elle soit en colère ou en paix !
William ! Que j’aime nager dans une mer soyeuse et calmée
Xérés à portée de main sur le sable doré de la plage,
Yves s’éloignant au large sur son yacht comme un sage
Zéphyr soufflant sur l’écume des vagues ondulantes.

 

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12 février 2019

LA GIROUETTE DE L'EGLISE DE GOURDON

On raconte dans les environs, la légende du Graal et de la girouette de l’église de Gourdon. Grise plutôt qu’argent, cette girouette domine le village depuis la construction du monument sacré. On murmure tout bas qu’elle aurait été témoin de la venue des Chevaliers du Temple et que depuis, elle serait immobile, contemplant le ciel quel que soit le temps. Ceux-ci, auraient caché le Graal dans les caves de la sacristie. Seuls, quelques vieux du village savent encore où est enterrée cette coupe sacrée mais ils n’osent parler, de crainte du kombu, ce fouet des sorcières, châtiment ô combien douloureux affligé à ceux qui trahissent les secrets. Les grenouilles de bénitier en font des gorges chaudes et elles affirment à qui veut l’entendre et jurent sur les Saintes Ecritures, que la grand-mère de leur grand-mère et encore plus loin dans la lignée, les femmes racontaient déjà cette histoire.  On aurait vu, par un petit matin d’hiver alors que la neige était épaisse, traversant la rivière, passant par le Grand pont, remontant la Grand-Rue, un gnome, Haubergier dans son pays, accompagné par des hommes de haute taille vêtus de la tunique blanche à croix rouge des Templiers. Ces hommes venant de Corse et même du plus lointain pays d’Afrique, auraient ramené dans une grande cage trainée par un gnou, une girafe et un gorille, un coffre dont nul n’aurait connu le contenu. Ce cortège se serait enfermé longuement dans l’église. La lumière des bougies aurait permis aux plus audacieux, de voir que la magie était à l’œuvre. Une
grande peur aurait saisi les villageois car des bruits de clous qu’on enfonce, des plaintes et des prières auraient retenti trois jours durant. Certains auraient même prié la fée Noémie, Grande Protectrice du village pour qu’elle intercède auprès de la Sainte Vierge. Seul le gnome ne ressortit pas de l’église … on dit qu’aujourd’hui encore, il veille sur le coffre et personne n’oserait s’aventurer dans les entrailles de la chapelle de crainte d’y rencontrer le gnome transformé en Golem.
C’est ainsi qu’à Gourdon, cette histoire est racontée à chaque messe de Minuit depuis des siècles. C’est le seul jour où la Girouette claque au vent comme pour rappeler à tous que le secret doit continuer à être protégé.
Corine Oggero
6 février 2019

04 février 2019

L'OR DES INCAS

Goldorak rêve qu’il devient téméraire, qu’il gifle Gaspard. Il rêve qu’il tue Gaspard en le tabassant et en le donnant aux cochons sauvages, ces nettoyeurs impitoyables pires que les tigres ! C’est devenu une envie irrésistible ! Il va le rosser, le tabasser.

Goldorak est le gardien de la Thébaïde. Gaspard est un usurier malin et rusé comme un renard. Il sait fort bien louvoyer et entourlouper ses clients. Il a plus d’une ruse dans son sac. Son insolence est inouïe et il ne rêve qu’à ses gains et aimerait s’emparer de l’or des Incas du Mexique qu’il croit caché dans la Thébaïde.

A l’initiative d’un estranger, Seraphin, un homme téméraire qui s’est enfui de son pays en guerre, le village a organisé une pegoulado au calabrun sur le raspaioun qui descend de la thébaïde.

Gaspard, Goldorak, Astrid, Eglantine et Garance participent à cette manifestation joyeuse, surveillée par l’argousin municipal. Tous terminent à l’auberge pour déguster un ou plusieurs chicoulouns de vin d’orange.

Soudain on aperçoit des flammes sur les hauteurs du village. On entend des cris.

« La  thébaïde brûle ! La  thébaïde brûle ! »

Tous la croyait à l’abri du feu. Qui est l’incendiaire ?

Un enquêteur venu de Nice, accompagné d’un détective vient épauler l’argousin. Au cours des interrogatoires, ils essaient de tirer les vers du nez des villageois pour trouver le coupable.

 Est-ce Goldorak qui n’a pas été payé depuis des lustres ?

Est-ce Seraphin, l’estranger ? Pourquoi a-t-il suggéré la pegoulado ?

Est-ce Gaspard ? Tous savent que Gaspard a toujours espéré récupérer l’or des Incas qu’il croit enfoui sous la Thébaïde. Est-ce lui l’incendiaire ? Garance affirme qu’il est resté avec elle dans l’auberge à boire plus d’un chicouloun. Eglantine nargue Garance en prétendant qu’ils sont descendus main dans la main par la calade qui descend à Peillon.

L’argousin, gouailleur lui, affirme qu’elles mentent toutes les deux car il les a vues somnolant dans le bar de l’auberge.

Alors ? Qui a incendié la Thébaïde et pourquoi ?

« PLUSTINOLI »

Préparer cette brochure, quel souci ! Monsieur le Maire est exigeant se dit Plustinoli en se grattant la tête. Je ne veux pas de capouchinado, si je raciotine.

Venez à Saorge goûter son huile d'olives. Bof, pas original. Je suis en panne d'inspiration.

Si j'allais chez Lucette m'offrir un  gaudineto, cela m'ouvrirait l'esprit. Inviter le capelan  il parlera du prieuré mystérieux.

Bon. Mon village, je l'aime. Saorge est incontournable, béni des Dieux, mouillé de brume céleste à l'aurore. Patatras ! Pas de panique, passons, pas à pas, paroles paresseuses.

Eh Monsieur le Curé, on est soudés toi et moi. Alors, faut m'aider. Moi, Plustinoli, je ne sais pas faire ça. Je suis un peu fadado. Pourquoi le Maire il m'a choisi, moi ? Suis pittoresque mais peureux. Je n'ose pas me regarder dans le miroir.

Bon, alors on y va ? Village perché, ensoleillé, chaleureux. Ça va ça ? Bon ! Il a mille facettes ce village. La fontaine, une fable raconte … une eau de jouvence pour ne pas être ridé ou presque.

Boudiou, j'y arrive pas. Faut pas faire de rature, qu'il a dit, le Maire .

Et puis, il est propre mon village. Pas une ordure. Il est tranquille. Et puis, le bon pain  de chez Mimile. Et le bon vin de chez Bariquou. Ah ! On doit pas parler de vin. Et pourquoi ? Pourtant, c'est le retour de Bariquou. Il n'est plus l'ennemi. Le Maire lui a même offert un brassard avec, brodé dessus, son portrait. Ouais ! Mais je n'y arrive pas, pas. Je vais recommencer.

Une reprise, ça m'aidera.

Bon, j'y vas. Le bon air, la vue qu'elle est imprenable, le festin, le bal avec les musiciens Lou Pinaillou. Et puis, le soir, derrière le fenestroun, la belle brune qui me fait rêver. Ah, ça, on peut pas le mettre ?

Bah, je suis fatigué. Je vais me coucher.

Je lui donnerai demain sa brochure, ou après-demain. Tu sais, moi, curé, j'ai pas envie qu'ils viennent les touristes, les estrangers. On n'est pas bien comme ça ? Tu m'offres une ristourne ? Ben oui, une ristourne de grappa. Ça veut dire y retourner.

Je vais aller sur mon lit. C'est là que je réfléchis le mieux.

Ramolli, racorni rabougri, ratatiné, ravagé. Eh, le capelan, si tu l'écrivais, toi, la brochure. Toi que t'as été aux études, là-bas, à la ville.

Allez je te laisse.

Salut Lucette, tu mettras ça sur le compte de la Mairie.

Tu vois, moi, maintenant je vais travailler.
Monologue - 18/12/2018 Atelier 8 G1


02 février 2019

Où est passé la Résurrection de Lazard, le chef d’œuvre du peintre florentin, Caccino Ricci

La patrouille des gendarmes grouille jour et nuit dans les ruelles ténébreuses et glaciales du village de Mougins.

Leur excitation est à son comble. Le mot d’ordre de l’inspecteur général en chef a été clair. Coûte que coûte retrouver, avant que sonne minuit au cœur de la nuit de Pâques, le chef d’œuvre du peintre florentin, Caccino Ricci, la Résurrection de Lazard. Ce tableau de maître que l’église de Mougins s’enorgueillit d’héberger, a été dérobé de façon tout à fait insolite à la fête de la Chandeleur.

Les plus fins limiers parmi les policiers, ceux considérés comme ayant vraiment du nez, entendez un roc, un pic, un cap, une péninsule, ont été mis sur le coup.  Avec le risque d’un carambolage la nuit dans les passages sombres si d’aventure ils tombaient nez à nez les uns avec les autres.

Aucun procédé n’a été négligé. Du moins gênant pour le quotidien des habitants jusqu’au plus terrifiant : recueils de témoignages et de réminiscences, tambourinages aux portes des récalcitrants, menaces, au besoin sous la torture, de ceux qui pratiquent la négation systématique.

C’est que l’enjeu est de taille. La fin du monde, annoncée par voie de flyers, ornés de têtes de mort, et signés de la diseuse de mauvaise aventure de la ville voisine, Mouans Sartoux la Rouge, ennemie éternelle de Mougins . Un matin, les Mouginois se sont éveillés, épouvantés devant le spectacle de leurs rues jonchées de ces affreux prospectus envoyés par le diable.

L’énigme est confondante. L’église est fermée à double tour en permanence. Seuls le curé et le sacristain détiennent, chacun, un jeu de la précieuse clef. Quant à leurs cachettes respectives, les deux hommes se sont, à genoux devant le Saint Sacrement, communiqué mutuellement l’emplacement et  jurés de ne le dévoiler à personne d’autre.

On est mercredi saint et rien, aucune nouvelle révélatrice, pas le plus petit indice, pas la moindre élucidation à l’horizon. Les policiers en sont réduits à naviguer à vue.

L’angoisse croît d’heure en heure. Mais, finit par se dire Monsieur le Curé, à quoi bon vouer aux gémonies cette sorcière urticante qui les a tous embobinés dans les rets de son pouvoir maléfique ?  Si ça tombe, elle a usurpé l’identité d’une pythie, prétendument pourvue d’un don d’ubiquité et de prophétie, et n’est qu’une femme-imposteur,  

Mieux vaut se tourner vers le Dieu Très Grand. Monsieur le Curé incite ses ouailles  à la prière.

Le soir du samedi saint, aux alentours de 23 Heures, il prend la tête de la procession des fidèles et monte vers l’autel. Ses vieilles jambes flageolent et s’affolent communiquant au sol de l’église des trépidations qui contribuent à l’angoisse générale. Mais il avance, droit dans ses bottes de curé, déterminé à croire que cette nuit, il passera, avec ses chers paroissiens, de l’ombre à la lumière, et que le Bien vaincra le Mal. Ecrasés par l’effroi, personne ne fait plus attention au tableau.

Quand sonne minuit, il allume le cierge pascal. Dans la nébuleuse faite d’encens et des lueurs vacillantes  des bougies, il lève le regard et croise celui de Lazard ressucité. Et ce n’est ni un rêve, ni son imagination qui lui joue des tours.

 

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FEU

Voilà ce qui fut ici, cela ne sera ou ne sera pas.

 La fontaine de Saorge ne coule plus, la source est tarie. Satan a mis le feu à la fontaine.

 Venez plus  près, écoutez...  Dans l'estaminet la réunion bat son plein. Quelle surprise sur les visages inquiets. Plus d'eau, finie la pureté. La flamme des bougies dansent, dessinant des ombres chinoises. Pure merveille ! Plus de fée électricité non plus ? Quel écueil.

 Tout le monde parle en même temps. Ah ce boucan. On n'entend plus l'orgue dans l'église, ni le son de l'olifant. Un mystère ! Le feu à la fontaine ? Sarinou le chouchou et Epilos, les lutins malicieux ont sauté sur le comptoir.

 Voilà. Une fois de plus Esméralda a dansé dans le noir, pieds nus sur les cailloux des ruelles. C'est un pari. Mais lasse et ayant mal aux pieds, elle a jeté de la salsepareille, cette plante venimeuse, et du kombu dans la fontaine. Péché ! Patatras, elle se sent flagada.

 De rage, Satan crache le feu sur la pauvrette, éperdue, éplorée. Les flammes dévorent sa  robe couleur éléphant, ce monde est pire que la jungle. Ses marraines fées Esabelle et Soulimane accourent avec leur éteignoir. La brûlure est trop forte.

 Bouche bée, les villageois sont là les bras ballants d'incertitude. Même minet ne court plus après la souris qui a oublié son grignotage. L'écureuil, tapi dans l'encoignure de la chapelle s'est cassé une dent sur une noisette. On va le mettre en cage. La malédiction s'abat sur le village.

  Soudain, comme un  éclair, un tonnerre, un rire monte au ciel. C'est la fée Carabosse dans sa robe brodée d'abeilles. Et une branche de houx dans sa tignasse. Elle tient une bourse pleine de paillettes venimeuses et tente de les jeter sur Esmeralda. Elle est de mèche avec Satan.

Le soleil ne brillera plus sur Saorge, le village maudit. Les caravanes éviteront ce lieu profané. Adieu douceur de vivre.

 Les lutins, apeurés, tremblent . Que faire ? Demander à Caravelle, leur bonne fée, de venir sauver Esmeralda ? Ils courent la quérir.

 Alors, suivie par la générosité et l'amour de la bonté, Caravelle puise sa force dans son grand cœur et sauve l'imprudente.

 Les villageois, visages trempés de larmes s'agenouillent, et même l'haubergier, devant la Fée magique, lui baiset les pieds, lui déroule un tapis de confettis et d'arcs en ciel.

 Caravelle, tête froide, prend Esméralda dans ses bras pour l'emmener dans la cave où les onguents pendus au clou vont la guérir.

 Voilà ce qui fut ici.

 Le lendemain, le soleil dispensait à nouveau ses rayons généreux.

 L'eau de la fontaine, pure et douce régalait tous les ânes alentour.

09 janvier 2019

Pissenlit - Boule de neige

                                                 Saperlipopette

                                                     Dit l' iris

                                        Sentez moi cette rose rouge

                        Altière comme une euphorbe qui rêve émeraude

                        Lâche nous un peu dit le pissenlit, va outremer

                  Où les bleuets sentent la violette et les pivoines sont bronzées

         Mais l'herpès sévit dans les agaves noirs et bleus à hampe florale rose

                   Même le curé et son encens n'aurait pu les sauver blancs

                       Les pensées se disent tant pis nous serons marrons

                               Seul le pissenlit surfe sur ces aléas

                                         Vert de rage il est

                                          Admirable il reste

                                                  Sacrebleu

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Dans l'ordre des mots...ou la révolte des fleurs selon Gandalf

Saperlipopette dit l'iris noir, sacrebleu renchérit la rose bleue, si tu crois qu'un herpès qui frappe une violette verte peut être soigné par un encens de bleuet, alors, regarde bien. Ma colère rouge et admirable va massacrer ces pivoines indigo au port altier prétentieux.

Ce n'est pas une Euphorbia milli rose vaguement hybride qui va rendre aléatoire la couleur de cet agave au ton outremer. Abracadabra, dit le sorcier dont les pensées viraient au marron et sentaient le pissenlit. Ce sorcier blanc servait d'intermédiaire aux tulipes au teint acajou qu'il aurait volontiers transformé en cyclamens bronze. Moi, Gandalf, je serai un arum vert émeraude, et il disparut à tout jamais.

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LES AMOUREUX DU BISTROT

 

Albert le jardinier traversa, de sa démarche de canard, la place du village où trônait un pommier sauvage et poussa la porte du bistrot déserté à cette heure-là.

Vêtu de sa chemise kaki et coiffé de son éternel bob vert il s’approcha du bar. 

Ernestine, la bistroquière sèche comme un coup de trique se tenait derrière le comptoir.

« J’te sers quoi ?» lui lança –t-elle

« Un café, et un morceau de ton cake au caramel ! » répondit-il.

« Tiens  et arrête de m’regarder comme ça avec tes yeux de merlan frit » bougonna-t-elle en déposant devant lui le liquide fumant. « Tu veux ma photo ? »

« Ernestine, tu sais que tu es l’amour de ma vie ! Avec tes yeux de braise, ton nez de pompette, tu es plus belle qu’une actrice de cinéma ! » S’exclama-t-il pas du tout rebuté par son air grognon.

« Chenapan ! » lui répliqua-telle d’un air revêche « toi au moins tu ne dispenses pas tes compliments avec parcimonie ! Allez, va donc pêcher des truites, t’occuper de tes restanques ou jouer à la pétanque ! »

« Ah, Ernestine » s’enhardit Albert, « tu fais les meilleurs pâtés aux alouettes, et la meilleure bisque marinière que je ‘ai jamais goûté ! Pourquoi restes-tu dans cette pétaudière ? Tu es comme un oiseau en cage, ma tourterelle ! »

Rosissant de plaisir, n’osant avouer sa félicité elle ouvrit la bonnetière dans laquelle elle planquait ses liqueurs et saisit l’anse d’un pichet rempli d’un liquide ambré.

« Tiens goûtes-moi ça le caïd ! Ce n’est pas de la javel mais de mon hydromel de derrière les fagots ! »

« Ernestine » se pâma Albert, « je ne suis pas dangereux et à défaut de t’emmener au Panama accompagne moi jusqu’à la remise et là, crois-moi, je te ferais connaitre le paradis ! »

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Dialogue de sourds

Victor Hugo affublé d’une redingote kaki entre dans une pièce où se tiennent les académiciens vêtus de vert moussu par le temps, il prend la parole.

-Messieurs, vous avez tort de croire que les remèdes café et cake vont arrêter net les émeutiers dans nos rues.

L’homme calé dans son fauteuil « cage « à la mine d’un caid des bas fond, réplique empressé de parlementer

-Nous avons adopté le remède dit-il car cela nous préserve des émeutes de la rue, dans le calme, nourri de café et de cake, nous sommes à l’abri ce ces casseurs.

Rentre un homme, la tête recouverte d’un chapeau melon et dit d’une voix assurée.

Suivez le filon, source facile d’avantages que vous offre des mesures diverses…

Hugo, un vrai bâtisseur de romans s’insurge.

-Cette source facile n’est pas invincible, nous sommes en train de tomber dans l’abîme, redressez-vous Messieurs et mêlons nous à ces gens différents, nous comprendrons mieux leurs revendications, en les côtoyant.

Napoléon proteste.

-Il faut s’infiltrer dans la coulée, les endoctriner, afin qu’ils me suivent, dans mes batailles, et mes futurs victoires…

L’Histoire se termine aux sons des fifres et des tambours, la fleur au fusil et la pipe utile…

Gisèle Margoni

Stornelli

Oh belle églantine
Eluard t’a célébrée dans les oliviers
Et  les ébénistes sculptée en bois de noyer

 

Offenbach vous chante
Vous les ondines qui se cachent dans le lierre et les lupins
Lulli vous offre déguisées en iris bleues

 

Lulli chante Esther
L’imagine cueillant des pâquerettes et des églantiers
Puis se reposant sous un olivier en fleurs

Echo loue Icare
Volant comme un engoulevent battant ses ailes iris
Elle l’aime depuis qu’Elodie l’a abandonné

L’ibis sur l’iris
Observe avec émotions les libellules isabelle
Espérant les avaler avec les lucioles 

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11 décembre 2018

PISSENLIT

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                                                     Dit l' iris

                                        Sentez moi cette rose rouge

                        Altière comme une euphorbe qui rêve émeraude

                        Lâche nous un peu dit le pissenlit, va outremer

                  Où les bleuets sentent la violette et les pivoines sont bronzées

         Mais l'herpès sévit dans les agaves noirs et bleus à hampe florale rose

                   Même le curé et son encens n'aurait pu les sauver blancs

                       Les pensées se disent tant pis nous serons marrons

                               Seul le pissenlit surfe sur ces aléas

                                         Vert de rage il est

                                          Admirable il reste

                                                  Sacrebleu

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Gandalf

Saperlipopette dit l'iris noir, sacrebleu renchérit la rose bleue, si tu crois qu'un herpès qui frappe une violette verte peut être soigné par un encens de bleuet, alors, regarde bien. Ma colère, rouge et admirable, va massacrer ces pivoines indigo au port altier prétentieux.

Ce n'est pas une Euphorbia milli rose vaguement hybride qui va rendre aléatoire la couleur de cet agave au ton outremer. Abracadabra, dit le sorcier dont les pensées viraient au marron et sentaient le pissenlit. Ce sorcier blanc servait d'intermédiaire aux tulipes au teint acajou qu'il aurait volontiers transformé en cyclamens bronze. Moi, Gandalf, je serai un arum vert émeraude, et il disparut à tout jamais.
Dans l'ordre des mots - 4/12/2018

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Chez Marie-Jo, tout est beau

Chez Marie-Jo, tout est beau

C'est l'enchantement qui nous prend

Dès que Marie-Jo nous accueille

Qu'on chiale ou qu'on caracole, lol! 

Dès l'entrée, adieu l'humeur caca d'oie! 

L'âme vert de gris, les yeux cernés de bistre

Adieu l'humour niveau zéro

Bye bye la boule dans l'estomac.

Dès l'entrée, adieu l'humeur caca d'oie!

Craignant nos rires ostentatoires,

Pull vert fluo, pantalon jaune,

Marie Jo crie: "du calme, les p'tits!

Sinon achtung au fouet d'orties!

Hervé, là bas, je te mets dans le noir,

Et toi, Etienne, pourquoi t'es écarlate?"

Catherine là-bas est blanche comme un lys

Et miss Lucie est pourpre tel le pavot,

Tandis-qu' GG siffle sans se biler

Parc'-que GG, l'est fier comme un glaïeul

Toujours tout droit, y a rien qui le démonte

Et puis qu'y s'dit, quand y vient chez Marie:

"Dès l'entrée, adieu l'humeur caca d'oie!"

Bonjour Pacherenc, rosé, tutti quanti

Chez Marie Jo, c'est Noël tous les jours

La vie en rose fuchsia,

Les parachutes dorés

Bouquets de réséda, colchique dans les prés....

C'est pas beau l'atelier?

Nous susurre GG qui répète à l'envi:

 "Dès l'entrée, adieu l'humeur caca d'oie!"

 Tulipes mauves, envoûtement,

Volubilis et myosotis,

Pissenlit et jasmin

Ornent le quotidien

Quand Marie Jo nous tient en main!

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Amours ou atours

J'avais besoin d'un raval' ment

Je mis donc mes plus beaux atours.

On trouva bien beau mon ramage,

La nuit s'annonçait romanesque.

 

Si tu as l' goût du romanesque,

Fuis ta maison en raval' ment,
Cherche un gars qui a d' beaux atours
Qu'à son plumage coll' son ramage.

 

Si le gars a d' vilains atours,

Son cœur a p' têt un beau ramage,

ça peut aider le romanesque

Et là, plus b' soin de ravalement.

 

Si son cœur a pas d' beau ramage,

Cherche pas, adieu l' romanesque,

Y peut  oublier l' raval' ment

Pas la peine qu' y soigne ses atours.

 

L' ramage c'est quand même romanesque,

ça fait pas tout, un raval' ment,

Donc j' dis qu'on s' fout bien des atours!

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10 décembre 2018

Qui suis-je

Au P de la lettre

Bruit discret, murmure, fuite en douce et pfuit, bulle d'air pas toujours printanier qui fait monter le rouge aux joues de la jeune fille....

Ou bien fier coup de clairon lancé avec autorité, sans vergogne et sans honte par le musicien d'"ose" après un cassoulet.....

Vous l'avez, je présume, subodoré, je suis le P.

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HAIKUS

Traine sur un pied 

Tranches de vie sont pourries

Demain même sort !

 

Sel colle à ma peau

La mouette plane entre deux eaux

Alors vogue rafiot !

 

Le vers se tord d’aise

Mes grolles torturent le feuillage

Soudain la terre gronde.
G. LAVEZE

 

Vent d’Hiver glace

Température moins zéro

Vin chaud à gogo.

 

Allumé le feu

Mon esprit se consume

Mes pensées fument !

 

Boules en métal

Montent puis vont dévaler

Tout ça pour faire tilt !

 

Il s’envoie en l’air

Pour prendre un grand bol d’air

Enfin il espère !

 

Plus à la mode

La tendance m’a dépassé

Un choc pour un mec chic !

 

Quêter du bon sens

Goûter la tranquillité

Saveur créative

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Portrait

La fin de journée sonnait à l’horloge de l’église. C’était comme un signal pour mon début de rituel. Le ciel bleui par la nuit, trahissait mes traits du scrogneugneu que je devenais. Le béret toujours posé de travers sur ma tête me donnait un air jovial et cachait mes cils. J’étais élancé et fin depuis mes plus jeunes années. Il n’y avait que la peau qui commençait à se rider.

La page que j’écrivais tous les soirs me soignait de mes peurs nocturnes. Je nageais dans ce village comme une luciole virevoltait dans un champ de blé.

Au fil du temps, mon style vestimentaire ne changeait guère. Un pantalon velours couleur prune trouvé sur un marché il y a quelques années. Une veste à gros boutons de bois offert par la voisine, un jour qu’elle voulait discuter un peu. Et des bottines style Rangers qui servaient autant l’hiver que l’été. Même si l’été je les troquais parfois par des sandales trouvées à côté d’une poubelle.

L’enthousiasme des années avait disparu au fur et à mesure. J’étais enchifrené de temps à autre, ce qui me rendait trivial. Cet état bousculait l’attitude des passants. Des passants qui tout à coup longeait les murs tel un fil à suivre. J’observais ce rallye avec une poigne.

Je me sentais nul lorsque ce chamboulement dominait mon corps et mon esprit. La violence de ce sentiment pouvait être comparée à la variole. Au loin la musique de la vielle amplifiait le volume des ballasts imaginaires que je portais sur le dos.

Seule l’eau du lavoir avait un effet sur mon esprit surchauffé. L’eau devait passer de la couleur lie de vin à la couleur claire des eaux tropicales. Ainsi cette virgule mal placée reprenait doucement sa place.

Ce rituel était en boucle tous les soirs avant l’apparition de la lune. Une lune apaisante et lumineuse pour échapper à une nouvelle descente aux enfers. Chaque soir la sombre nuit m’enveloppait et la lumière me délivrait.

Partagé entre l’enthousiasme et la peur au ventre, j’acceptais, à cet instant précis, que le sommeil me happe.

Lucie Langlois
Atelier 1

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Portrait du narrateur

Je suis né dans une isba sur les bords du lac Baïkal. Mon grand-père, un scrogneugneu malicieux élevait les abeilles et m’initia très tôt à l’écoute des arbres et des animaux.

Mon compagnon de jeu était un isatis malin et mordant avec lequel je passais mes heures.

J’étais vif, malingre et heureux. J’avais hérité des yeux myosotis de ma mère.  Fille-mère, elle s’enticha d’un français passé par là, me mit dans sa valise et m’emporta dans ce pays lointain pour vivre auprès de cet homme qui devint mon père. Habile de ses mains, il me fabriquait des billes en bois.

Amante elle était, amante elle resta. Force vivante, elle aimait la samba, les fraises, les rires et la vodka. Est-ce pour cela qu’aujourd’hui je suis abstème ?

J’ai vécu d’un salé sucré d’émotions qui me place dans une retenue pudique devant les autres. Je suis grand, j’intimide, je le sens bien. Mon ouïe est fine ; j’entends même les non-dits !

J’aime porter des pantalons larges et légers pour mes escapades dans la nature, vestiges personnels de ma vie d’antan.

Je suis fin car je parcours sans cesse la Terre. Je me lie toujours aux arbres, aux oiseaux et au vent.

Tel une balise, on me trouve souvent au sommet du rocher qui domine le village – gardien silencieux des lieux.

Je dépose chaque matin un baiser révérencieux à la Vie.

Ce matin, je suis tout enchifrené. Hier, j’ai été surpris par la pluie battante alors que je courrais la lande. Ce soir, dans la lueur douce et mordorée de la liseuse, je me remémore…avant.

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