Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes

02 mai 2022

Surprenant vernissage.

Surprenant vernissage.

Vendredi soir. La semaine de travail est finie. Nous sortons du cinéma où nous avons vu le dernier Bergman. Toujours aussi fascinant et cruel dans la crudité de l’analyse des sentiments. Nous flânons sur le boulevard Saint Germain quand passant devant une galerie de peintures nous voyons des personnes s’agglutiner dans un brouhaha ronflant percé de cris d’exclamation. 
Nous entrons et finissons par voir les œuvres exposées auxquelles les personnes ne prêtent aucune attention. Ce sont des rectangles de taille identique : un noir, un rouge, un bleu, un jaune, ... Bref, d’une galerie d’art nous pensons être passé dans un magasin de peintures et être face à un nuancier de couleurs. Il ne manque que la référence, bien que chaque toile porte un numéro et un titre : ‘nature primitive et sauvage 1’. Nous comprenons maintenant pourquoi tout le monde tourne le dos à cette création se satisfaisant de coupes de champagne et de petits fours engloutis dans des bouches voraces sûrement affamées depuis des lustres. Des bribes de conversations nous parviennent en un dialogue surréaliste véritable cadavre exquis. 
- Mais oui elle est diviiiine !
- Ah ! Vous trouvez ? Moi j’ai pensé qu’il serait temps qu’elle s’arrête. 

- Figurez-vous qu’ils étaient en train de choisir un costume pour le bal de Marie-Justine. On aurait dit deux oursons apeurés devant une ruche en folie.

- Vous savez ce qu’il est arrivé à Charles Henri ? 
- Non. 
- Et bien il est allé dans un sauna. Il s’est fait embarquer par deux bonshommes qui l’ont entraîné dans le grenier. Je ne vous raconte pas la suite.  Le pauvre il en est sorti couvert de bleus. 
- Le pauvre. Ça lui jouera un mauvais tour. 

- Et bien j’ai appris que Stéphanie divorce. Lui a trouvé une godiche de 20 ans et elle, elle s’est entiché d’un émir. Telle que je la connais le pauvre sera vite plumé. 

L’atmosphère devenait de plus en plus lourde et nous prîmes une coupe de champagne. Peu habitués à boire de l’alcool nous sentîmes rapidement une torpeur nous gagner. La vue du prix des œuvres nous acheva. Est-il possible de payer une telle somme un barbouillage si primaire ? Sur la table, à côté de la liste des prix, des découpures d’articles de presse louaient l’artiste dans une logorrhée dithyrambique :
‘Quand je me suis approché de la toile ‘bleu céleste’, j’ai vu un javelot auréolé d’étincelles traversé mon esprit et j’ai frisé la syncope !’.
À la lecture de ces articles nous décidâmes de partir.
Nous vîmes que l’accès à la sortie était difficile à rejoindre. Un homme passablement ivre baissait son pantalon pour uriner dans un vase dont la présence dans la galerie détonnait avec le caractère de l’exposition. Cette scène fit rire la société et une dame très élégante un peu éméchée également s’écria dans un éclat de rire : ‘Et bien cet hiver, les courtes queues ne portent pas de culotte !’.
Nous entendîmes alors un grand fracas. Une femme perchée sur de hauts talons, s’effondrait dans un fauteuil entraînant une petite table chargée de verres. En tombant elle se mit à chanter : ‘Dors Ô dors mon oiseau d’or’. Elle attrapa la main d’un. jeune homme l’attirant vers elle et reprenant avec plus d’intensité chanta à nouveau :’ Dors Ô dors mon oiseau d’or’, et elle l’embrassa à pleine bouche devant l’assistance oscillante mais médusée. Chacun se regarda. Une vibration emplit l’air, les yeux devinrent lourds de désir. Et bientôt tout le monde s’enlaça, porté par l’ivresse du champagne et la chaleur. Il ne manquait plus que le son des cymbales, des luths et des harpes pour ce moment étrange en plein Paris, dans cette ville grouillante de monde et d’automobiles grondantes. Nous regardâmes étonnés cette petite foule survoltée. Les mots avaient disparu, les affèteries aussi. Il ne restait qu’une atmosphère chargée d’amour. Regardant cette scène nous crûmes voir comme une apparition, des lumières irréelles s’élevant comme des aurores boréales vert jaune dansant dans le ciel. 
Une personne se détacha du groupe, un couteau à la main, s’avança au milieu de la foule qui s’écarta pour le laisser passer et, s’approchant des œuvres accrochées dans le vide de leur expression, le couteau s’abattit déchirant, lacérant, détruisant cette inanité sans objet. 
Le vernissage était fini. La consécration de ce geste fit la une des journaux et permit à l’artiste de reconnaître que la beauté a des critères qui perdurent en dehors de la sophistication bassement commerciale. 

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Symphonie organique

Atelier d'écriture 15 mars 2022 plumalire.

aie! Ça fait mal, pliés, prêts à servir, comme des jolis draps roses dans une armoire, nous sommes soudain secoués dépliés, déployés et gonflés comme

un spi de voilier: c'est de l'air, on se déploie.

Et voilà commencé notre boulot qui ne s'arrêtera plus jusqu'à... personne ne le sait:

BEBE EST NE, BEBE RESPIRE.

"Hé ! Oh!Toi là ,à gauche, le cardio, tu dois t'y mettre aussi..."

"Aie! C'était pas la peine de taper aussi fort "proteste le mignon fessier encore tout ridé et gluant de vernix caseosa.


" Quel bruit "!se plaignent les oreilles, qui désormais entendent tout en direct, et non plus tamisé à travers le liquide amniotique,
et la paroi du nid de ce petit d'homme.

Petit d'homme il est né, il est homme à son tour;
et toute cette machine unique, complexe, magnifique et terrible va devoir fonctionner toute seule.

Pour quelques courts instants, deux êtres sont liés ... papa est invité à couper le lien palpitant qui les unit encore: ciseaux, pince: bienvenue petit homme!.

les douces paupières diaphanes sont noyées de sérum physiologique, que peinent à écarter les cils de soie.
Elles restent encore serrées frémissantes et timides et s'entrouvrent à peine : la lumière entre, bébé voit.

Rien encore de précis et..." oh la grosse noix là-haut tu t'actives? "C'est quoi cette douleur ? "
"ça va, ça va, ça s'appelle la lumière ":

BONNE NOUVELLE, BEBE N'EST PAS AVEUGLE

"arrêtez de crier" s'exclament les jolis coquillages .

"Mais taisez-vous "répond la grosse noix spongieuse:" ce n'est que le début, vous allez en entendre d'autres
des vertes et des pas mûres, de la musique et des ordures, des mots doux et des insultes.

BONNE NOUVELLE, BEBE N'EST PAS SOURD

Bras, jambes, bougez, agitez vous: des fleurs roses ouvrent leurs pétales: des menottes se crispent, des petites saucisses se déplient: 10 petits orteils feront
dans quelques semaines le délice de BB.

BONNE NOUVELLE, BEBE N'EST PAS PARALYSE

Boom boom boom: bats la mesure petit coeur. Décibels et cris d'admiration traversent les oreilles; les pleurs de bébé aussi, tout étonné d'entendre sa nouvelle voix.

La petite noix aux innombrables labyrinthes connecte les synapses à toute vitesse: déja tant d'informations à découvrir, décoder, analyser emmagasiner, en ces quelques minutes.

ça promet!
BONNE NOUVELLE, BEBE EST INTELLIGENT

Là, plus bas, une alerte: c'est quoi ce petit sac vide et plat?
"Mais c'est moi, l'estomac, hou hou ! Ne m'oubliez pas, quelque chose doit arriver"
hé la bouche et la voix criéz !"
Et voilà qu'un liquide délicieux remplit le petit sac.

BONNE NOUVELLE, BEBE SERA GOURMAND
Déjà les douces paupières se lassent, harassées de ce premier effort, et reposent doucement sur les iris incertains, presque vierges encore.
la menotte trouve le chemin des minuscules lèvres vermeilles: Bébé ouvre la bouche ,Bébé goutte, Bebé suce son pouce.

BONNE NOUVELLE, BEBE DORT
Plus jamais, on l'espère, rien ne dormira dans Bébé.

Toute sa machinerie programmée pour 120 années va continuer à:

respirer:" oui oui on est là "rassurent les poumons aux milles alvéoles.

Entendre: "chut chut" disent les jolies coquillage transparent "pas de bruit Bébé dort"

manger:" ça va pour l'instant" chuchote le petit estomac rassasié.

Parler: il balbutie déjà dans son sommeil, épuisé par son long voyage vers la lumière et sa vie

bouger:" houlà : stop pour l'instant" murmurent petits bras et menottes et les jambes gigotantes.
"on va devoir tant ramper, marcher, courir, sauter, bondir, escalader."
" Soyez tranquille" intervient le mignon derrière frippé "vous pourrez vous reposez sur moi!"
" Moi aussi, moi aussi "ajoute le dos "rien de mieux, vous verrez, quand Bébé reposé, regardera au-dessus de son lit son joli mobile
tintinnabuler ".
"Mais moi aussi "dit le bedon "sur le ventre, étendu bébé pourra rêver."

BEBE NE SAIT PAS TOUT CELA

Chut, chut, la peau de bébé est baignée soudain d'une douceur exquise, d'une lumière rosée, d'un souffle ineffable d'étérnité.

BEBE SAIT CE QUE C 'EST : c'est MAMAN...c'est l'amour.

longue vie petit homme .

 

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02 avril 2022

Le velouté

 

Rond, rond comme une belle balle, boule rebondie, ballon à tranches autour d'une toute petite queue coupée court.
Orange puissant comme orange géante éclatante, pétante dans la grisaille hivernale. Odeur cachée prisonnière sous la peau.
Long, long comme un fouet feuillu, branche solide en apparence, cassante comme du verre que tout le monde arrache, massacre pour atteindre le cœur.
Vert en camaïeu de la base au sommet, cœur pâlissant du vert tendre à l'anis puis au blanc, tige claire couronnée de vert sombre. Odeur qui surgit forte, têtue quand on la brise.
Potimarron je t'attrape, je te bloque bien à plat, saisis mon couteau à lame large et bien solide et la plante dans ta plantureuse rondeur. Tchak! Tu es beau, tu es magnifique, mais je dois t'ouvrir, te fendre en deux moitiés qui me livreront ton corps de graines prisonnières de toutes tes fibres emmêlées. Je les aurai, foi d'animal, je les aurai et ta peau aussi, je l'aurai! J'aurai ta peau même si tu me résistes, sacripan! Je t'aime beaucoup, pourtant, ou plutôt, c'est parce-que je t'aime tant, que ta peau je l'aurai. Ta peau qui me tient tête, me résiste, se refuse, joue les dures, mais je sais comment t'attendrir, coeur de pierre! Cinq minutes à précuire et hop, l'affaire est faite! Te faire la peau? Un jeu d'enfant! Tu te rends, et je te déshabille en un tournemain. Te voilà nu et rose vif, rose orange plutôt, sucré entre châtaigne et patate douce. Je te tranche, je te débite, te tronçonne, te cubifie pour mieux te cuire à cœur, te ramollir, te mettre à portée de ma bouche jusqu'à te faire fondre et te dompter enfin, coquin de potimarron!
Et toi, long céleri, fringant fouet chevelu, crois-tu que ta belle hauteur m'impressionne? Viens ici que je te fasse perdre de ta superbe! Couic! Un petit coup de lame et te voilà réduit de moitié, couic, et encore, couic, et encore et encore! Ah te voilà moins fier, mais comme tu sens bon ta verte nature! Allez, file te laver, tu traines encore de la terre sous tes semelles jusque dans ta tignasse!
Au bain tout le monde, et que ça saute, pleine gomme, à toute vapeur, c'est parti...
Un moment plus tard...
Mmm, mes chéris, je vous sens tendres à point, et comme vous fleurez bon! J'ai bien fait de vous donner un bain bien chaud...
Allez, un petit coup de mixeur, vous aurez une peau de velours et ne pas oublier ce qu'il vous faut de sel de Guérande et de poivre au moulin, un trait de crème, et hop, embarquement pour Cythère.
Votre velouté, mes chers légumes, est à nul autre pareil...

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Lancé dans la vie

Lancé dans la vie.
- Aïe !
- Je t’ai fait mal ?
- Non mon chéri : c’était juste une surprise. Tu es ma première expérience.
- Oui mon amour. Nous voilà unis et nous allons tout de suite nous fondre pour ce voyage surprenant, pour de nombreuses années.
- Mais que va-t’on faire ?
- Ne t’inquiète pas : tout est programmé. Regarde ! Nous commençons à nous diviser, nous séparer.
- Mais je ne veux pas te quitter déjà !
- Mais nous ne nous quitterons jamais. Tout ce que nous allons devenir portera toujours ce que nous sommes toi et moi.
- Je te fais confiance.
- Regarde nous sommes déjà 4 ! Et ça continue ! Tu vois tous ces petits qui naissent ...
- Aurons-nous le souvenir de tout cela ?
- Mais oui : c’est simple. Écoute : ce petit c’est Cupidon, le cœur, le moteur de tout ce qui va s’unir. Travail ingrat car jamais il ne doit s’arrêter. S’il s’arrête tout s’éteint dans le sommeil, sans retour à l’éveil. Celui-là c’est Ostéo. Lui il va faire les os. Jamais il ne s’arrêtera également. Vaniteux comme il est, il n’a qu’une idée : grandir, s’allonger, durcir. Mais parfois il rate sa course, s’arrête en chemin, perd le Nord et se tord, s’atrophie au lieu de s’épanouir. Et puis quel que soit le succès de sa croissance, il va se déformer, s’user, fatiguer son copain Cartilophébus. Bon. Écoute ce serait trop long de tout décrire. On en reparlera plus tard.
Mais quand même je vais m’attarder sur ce qui intrigue toujours, cet endroit dont nous venons toi et moi. Tu vois de quoi je veux parler ? Allez ne rougis pas ! Ben oui je vais parler du zizi et de la zézette. C’est un nom qui raccourcit le sujet car ce sont des territoires très secrets. D’ailleurs je ne sais pas si je saurai tout décrire. Bon ! Pour toi : Simone le vagin. Tu vois c’est surprenant déjà. On ne dit pas ‘la’ vagin mais ‘le’ vagin et pourquoi Simone ? Parce que c’est l’habitude de dire ‘en voiture Simone’. Tu ne comprends pas ... bon laisse tomber. Donc Simone, Clic-clac le clitoris ... encore un masculin, Mimi la vulve : enfin un nom féminin.
Et pour moi : Roro les boules. Une expression reprise par tout le monde d’ailleurs, quel que soit le sexe. Quand quelqu’un dit ‘j’ai les boules’ et bien c’est que ça ne va pas. Le ‘tit zizi : c’est un sujet très important qui préoccupe les garçons depuis leur enfance. Ils en arrivent parfois à faire des concours, exhibant leur zizi, la tête baissée en observation inquiète au risque de se faire rabrouer par les adultes. Et bien de tout le corps c’est celui qui préoccupe le plus tout le monde. Bien sûr chacun s’occupe plus spécialement d’une partie autre de son corps. La chanteuse de ses cordes vocales, le boxeur de ses biceps, la danseuse de son équilibre sur ses pauvres orteils martyrisés ... mais tous se préoccupent de leur zézette ou de leur zizi. C’est tellement important qu’on en a fait des règles, des lois qui régissent le mode de vie, la morale, la notion d’interdit.
C’est un sujet que l’on tait ou que l’on expose sans vergogne. C’est lui qui est l’objet du plaisir ou du déplaisir, de la douceur ou de la violence, de la tolérance ou de l’intolérance. Forcément ! C’est le centre névralgique pour le maintien de la vie dans l’espace temps, qui stimule les conquêtes, le désir du pouvoir. Si chez les autres espèces vivantes il n’est souvent que la pratique mécanique d’un acte, chez nous les humains, c’est autre chose. Il peut être un organe qui régit toute une vie, Mais note bien que cet organe, comme tous les autres est soumis à la force d’un cœur, et là je pense à l’organe physique qui est, dans ses palpitations ondulatoires géré par la réaction du cerveau. Il est soumis lui aussi au vieillissement et parfois devient alors assoupi, inerte, n’assumant plus alors qu’une fonction urinaire.
Tu sais ce qui est fascinant c’est de savoir que jamais nous ne connaissons l’arrêt dans cette progression perpétuelle qui nous porte dans le temps. Tout change sans arrêt, tout bouge. Nous sécrétons des matières et des liquides de toute sorte et si le moindre dérèglement est constaté, le corps entre en révolution, pouvant aller jusqu’à l’anarchie. La vie a pour objectif final de nous porter vers la mort. Et même après la mort, le mouvement se poursuit si nous ne sommes pas jetés en pâture au feu.
Tu vois quelle aventure nous allons connaître en côtoyant ces milliards de cellules qui restent encore souvent très mystérieuses, aux couleurs et aux formes mutantes, qui naissent et disparaissent en une fraction de temps. Univers grandiose dans lequel nous sommes nés par hasard et dont nous disparaîtrons dans la nuit des temps.
En route Lise ...

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21 mars 2022

Bienvenue en Gégéland

Ne cherchez pas sur la carte ce pays improbable, vous ne le trouverez pas, il n'est pas issu du démembrement de l'Afrique du Sud, non, il n'est pas voisin du Swaziland, c'est un pays qui bouge, qui en croise d'autres, évite de les percuter, est poli avec ses voisins, enfin, il essaye. Le Gégéland est une organisation curieuse, mi démocratique mi autoritaire. A sa tête, enfin, dans sa tête, trône le roi Cervolent, entouré de millios de petits Neuronains qui passent leur journée à pédaler dans une mélasse gluante. Comme ils sont nombreux et qu'il y a peu de place, ils se telescopent souvent et le résultat est donc toujours incertain. En effet. le Cervolent interroge et reçoit une réponse des Neuronains à la majorité relative, car chez ces derniers, se trouvent des milliers de factions avec leurs propres intérêts. il y a les Neurovites, un groupe assez puissant et bien organisé mais dont un des leaders se détache, j'ai nommé Neurotrèsvite, issu d'une famille de la grande bourgeoisie assez proche du Cervolent car un de ses parents était appairé avec Cervodroit, un hyper macho qui tenta plus d'une fois un coup d'état neuronal, régulièrement contré par Cervogauche, plutôt proche des neurones artistiques, on parlait même sous le manteau de dérives marxistes qui avaient gagné certains neurones dégénérés. Il existe d'autres faction chez les Neurovite mais elles se balladent dans le cervelet et participent raremant aux votes. L'autre pôle du Cervolent est tenu par les Neurolent, très puissant également, dominé par son leader charismatique, Neurotrèslent qui a fait de brillantes études au Cortex, contrôle un réseau neuronal dense et développé tout en manipulant une quantité de cellues impressionnante. Il se murmure qu'il a intégré Gégéland suite à des interventions génétiques, qu'il vient d'Oblomovieland, une antique fabrique d'ADN aujourd'hui interdite, mais ce ne sont que des rumeurs...Revenons en donc à Cervolent, quand il reçoit les votes et met en oeuvre démocratiquement les décisions, enfin, on l'éspère! Imaginons que l'ordre soit, in fine, que le pied droit tape dans un ballon en lui donnant de l'effet pour le mettre dans la lucarne du but, hors de portée du gardien. Alors, Cervolent va communiquer avec Nerfmania, un consortium de transport d'information capable, en théorie, d'envoyer des impulsions nerveuses, diriger les vaisseaux sanguins et titiller les muscles. Je dis en théorie, car le patron de Nerfmania, Grandnerf doit négocier en permanence avec le patron des réseaux sanguins, Hémophylus le Sournois, et celui des muscles et des tendons, j'ai nommé Fibrusfragilus. Hémophylus le Sournois doit son nom au fait qu'il a failli mettre fin à Gégéland en s'emmêlant plusieurs fois les vaisseaux et ne maintenant pas correctement l'équilibre entrez les blancs et les rouges. Quant à Fibrusfragilus plus d'une fois son entretien des fibres le long des muscles a clairement laissé à désirer et régulièrement on a évoqué des greffes ou des prothèses, ce qui lui aurait vraisemblablement coûté sa place. Si l'on admet que l'informationest arrivée jusqu'au pied, alors il y a des chances que le ballon s'envole comme prévu. Mais, on l'a vu par le passé, même si tout semble se dérouler correctement de Cervolent à Nerfmania puis d'Hémophylus à Fibrus, il y a une micro chance pour que Cervogauche, éternel grognon qui ne supporte pas le foot, envoie une imperceptible impulsion neuronale pour que le ballon n'aille pas dans la lucarne mais sur la barre transversale! Le pied sera furieux, portera plainte auprès de Fibrus qui convoquera une séssion avec Cervolent pour analyser la séquence et déterminer les causes et les fautifs. Il y a peu de chance que l'on découvre que c'est ce vieux Cervogauche, toujours facétieux qui ne viendra pas de toute façon à la réunion habitué qu'il est à éviter ces salons où l'on cause et préparant déja sa prochaine incartade.

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04 mars 2022

Affabulations

Un de mes rêves serait d'aller au coeur de notre planète Terre pour y chercher de l'uranium, des rubis et de l'or et puis des monstres à l'état pur.

Après j'irai vivre à la campagne.

"- Que me racontes tu là ? 

Tu es une citadine pur jus, tu ne jures que par le métro, les taxis,

tu as des talons vertigineux, les ongles laqués ,ton coiffeur est ton meilleur ami et tu hurles à la moindre bébête,

à la campagne il y a toutes sortes de bruits. Le coq, les cloches des églises, les sonnailles des troupeaux.

Et que ferais tu de l'uranium, une bombe atomique ?

De l'or, des rubis et puis quoi encore ?

Des monstres !!!!!

Ouvre les yeux: tu es entourée de monstres dans ton équipe au journal ."

"- J'ai été un bébé abandonné au balcon d'un théâtre "

"- Ah bon c'est nouveau !!!

Le mois dernier tu étais une gosse brillante, belle comme le jour, tu étais la chouchou des bonnes soeurs!

Moi je suis sûre que tu as été échangée à la maternité. Tes parents sont discrets, posés, toi tu es extraordinaire avec une imagination délirante "

"-Parce que je m'ennuie ... alors, je m'invente des vies 

Des aventures épiques dans des pays lointains, tout en restant chez moi .

Je remplis des cahiers entiers d'exploits, je note mes envies, j'extrapole mes émotions, je voyage en rêve .

et mes amours, tu veux bien que je te parle de mes amours ???

Chaque nouvelle  vie, un nouvel amour !!!

Que du bonheur: pas de promesses, pas de pleurs, pas de cris, c'est moi qui le quitte quand je le décide.

Apres la découverte, l'émerveillement, l'extase la routine, le quotidien m'ennuie.

Pour le dernier, quand je l'ai quitté, il commençait à gagner sa vie comme masseur dans un grand hôtel"

"-Stop! là tu parles de ton kiné: tu es une grande malade !!!!!

Reconnais simplement que tu as le béguin pour lui"

"-Mais pas du tout, je suis une aventurière sans coeur...

Et je me découvre de nouvelles passions qui me poussent hors de mon corps .

La violence, les coups, la baston

j'ai croisé un groupe de combat, moi la jeune écervelée, oui oui, et je rends coup pour coup: la dernière bataille a été dantesque.

Avant que je me sois effondrée, ils m'avaient cassé cinq côtes, fracturé le tibia, et beurré les deux yeux.

Je reste bouche bée, j'arrive à balbutier."

"-Tu m'as parlée du KRAV MAGA, une nouvelle manière de se défendre pour les femmes "

"Trop, c 'est trop pour moi, je ne te reconnais plus".

Mes yeux s'ouvrent, surprise! c'est un mauvais rêve, j'ai tout rêvé, j'ai chaud, la bouche pâteuse, j'ai soif !

je me souviens, le repas de midi, le rosé bien frais 

Traitre, ce rosé bien frais, mais quel bouquet et quel arôme!! Petit à petit je reviens à la réalité mais pas trop vite. Allongée sur un lit

je reprends mes esprits, je suis en vacances, ma chambre d'hôtel ressemble à une bonbonnière au charme d'antan.

Je vais rejoindre ma compagne de voyage, ensemble nous rirons de ce rêve extravagant.

Dans ce bel hôtel, il régnait une atmosphère d'épuisement luxueux, évoquant une rose trop éclose qui se défait de ses pétales

tandis que m'attendait au dehors un après-midi qui déjà s'étiolait. 

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Chaude épopée.

Chaude épopée.
Nous commencions notre troisième semaine de voyage en Inde, pays qui de tout temps m’avait attiré et fasciné depuis mon enfance. Je revois encore ces superbes photos trouvées dans un hebdomadaire que ma mère aimait acheter. Bien sûr étant encore enfant j’avais regardé sans me lasser ces images d’un autre monde totalement différent de cette ville de la banlieue parisienne où nous habitions: un maharadjah habillé de blanc, la tête enturbannée, un gros bijou planté dans le turban, assis sous un dais orné de pendeloques et de plumes, perché sur un éléphant lui-même caparaçonné de tissus chargés de pierres de couleur, serviteurs enturbannés agitant une large palme de plumes fixée sur un long support pour donner de l’air au seigneur; les longs et larges fleuves bordés de hauts palmiers dont les rives sont emplies de baigneurs faisant leur toilette ou de femmes lavant leur linge, longues étoles aux couleurs vives flottant dans le courant; les fleurs d’orchidée agrippées dans des arbres centenaires; le tigre majestueux à l’allure puissante, sa robe jaune striée de noir et le regard perçant vert... Tout ceci est resté dans ma mémoire. Je rêvais d’aller dans ce pays.
Adolescent je découvris l’autre aspect de ce pays: la famine, la mortalité galopante, la misère accumulée dans les bidonvilles, l’horreur d’un monde où la mort avait peu de prix ...
Aussi à l’âge adulte, je décidai avec mon ami de découvrir ce pays.
Évidemment nous fûmes fascinés par la splendeur de l’architecture moghol, la sauvage beauté de la nature et la facile rencontre des habitants.
Nous décidâmes de quitter le coeur de Bombay pour visiter un marché renommé situé dans la banlieue qui était à une heure du centre ville et tout près d’un énorme bidonville. Nous avons fait le voyage dans un train sans âge, bondé et sur lequel des grappes humaines s’accrochaient à toute prise possible. Il faisait chaud et humide et par la fenêtre ouverte nous sentions une puissante odeur saumâtre de flaques d’eau stagnante, au-dessus desquelles des nuées de moustiques vrombissaient mais dont le bruit était couvert par le brinquebalement du train dont nous nous demandions combien de temps encore il allait rouler sans se désintégrer.
Enfin nous arrivâmes. Nous n’eûmes pas à chercher le marché, car celui-ci commençait dès la sortie de la gare. Nous nous insinuâmes dans la foule, évitant les flaques d’eau colorées par l’ocre de la terre et les fréquentes giclées sanguinolentes de bétel crachées par les bouches ensanglantées. Comme nous regardions ces personnes expulsant le bétel mâché, nous avions en retour un visage souriant aux dents orangées illuminant le brun de la peau et, les yeux noirs brillaient de plaisir, alors que la tête enturbannée de foulard gris blanc balançait de gauche à droite pour confirmer ainsi la bienvenue.
Subitement il y eut un mouvement de panique dans la foule, et, rapidement nous nous écartâmes pour laisser passer une grande vache blanche efflanquée qui avançait en courant à notre rencontre. Quand elle se fut éloignée, la foule se referma et reprit son chemin tranquillement.
Je me retournai et ne vis plus mon ami. Je cherchai de tout côté en vain. Je fis demi tour me disant qu’il ne pouvait être loin et qu’il serait facile de voir dans cette foule un européen dont je connaissais si bien la silhouette. Mais je ne le voyais pas et m'inquiétais car je savais qu’il n’avait pas le sens de l’orientation et qu’il se laissait facilement entraîner dans le sillage d’une foule. Et pas question de me rassurer en me disant que je le retrouverai à la gare ou à l’hôtel. D’ailleurs je n’avais pas l’adresse de l’hôtel.
Mon inquiétude grandit. Je sentis mon cœur battre la chamade et des suées glissèrent sur mon front et mon torse.
Alors que la panique montait, il était étrange de contempler des visages d’individus exprimant la bienvenue et la politesse et d’apprendre que j’étais parmi la pègre.
Je sentis mes entrailles entrer en un spasme malvenu dans cet endroit grouillant de personnes.
Regardant avec attention en quête d’un lieu où je pourrais me soulager, je remarquai ce que je n’avais pas vu étant alors concentré sur la richesse du marché. Je vis que le marché était bordé d’immeubles moisis et crasseux et pour contraster avec cette lèpre qui rognait les murs, une orchidée s’épanouissait comme une provocation à toute cette laideur. Guidé par une odeur très explicite, je réussis à trouver des latrines publiques où je pus satisfaire cette urgence générée par l’angoisse. En sortant de l’endroit je remarquai un homme qui apparemment s’occupait du nettoyage de ce cloaque. C’était un homme assez jeune, bien qu’il soit souvent difficile de donner un âge aux adultes. Il avait à côté de lui un bidon en plastique empli d’eau. Il tendait une coupelle de la main gauche et je vis qu’il n’avait plus de main droite. Comme je regardais son bras amputé, il me déclara dans un langage mêlé de quelques mots d’anglais prononcés avec avec force mouvement de langue : ‘drug, gang’. Cette main avait été tailladée par un type d’une autre bande dans le cadre de la guerre des gangs.
J’avais remarqué, toujours repérables, ces guetteurs à l’affût d’un client, une main toujours cachée sous un grand foulard où la drogue était cachée.
Je donnai les quelques roupies qui me restaient en poche et repartis vers la gare.
La rumeur perpétuelle, les chants aigrelets de musique diffusée sur de simple appareils, la chaleur intense m’étourdissaient et ce mouvement du flux incessant venant à ma rencontre, toutes les odeurs des épices, des fruits surchauffés m’écœuraient. Et même les couleurs m’éblouissant me donnaient envie de retrouver un endroit calme et frais sans ces odeurs violentes.
Je m’approchai de la gare avec l’espoir d’y retrouver mon ami. J’y entrai et dans l’atmosphère chaude et humide de ces salles bondées où tout le monde transpire, sous le ronronnement insidieux des larges palmes des ventilateurs accrochés au plafond dans leur inutilité sacralisée, ayant balayé du regard la foule entassée défiant le mouvement, je constatai que mon ami ne se trouvait pas ici. Ce qui d’ailleurs ne me surprit pas. Le connaissant, je me dis qu’il avait dû plutôt chercher refuge dans une échoppe voisine.
Je fis le tour de la place écrasée par le soleil où se trouvait une kyrielle de petits magasins: saris de toutes les couleurs, cuivres reluisants au soleil, colliers de pacotille, marchands d’encens et de bougies, colliers de fleurs, bois de santal sculpté, vendeurs ambulants de thé ou de boissons aux couleurs vives.
Mon regard s’arrêta sur une petite buvette, la seule à avoir deux tables et deux chaises. Mon ami était là, fumant tranquillement et discutant avec le patron du lieu. Je courus vers lui et nous nous étreignîmes rassurés. Subitement je me rendis compte que j’avais faim. Le petit estaminet indien était tenu par un couple. Nous commandâmes une galette au fromage et un thé. L’homme nous apporta la galette, ces délicieux nans, et sa silencieuse épouse bengali nous servit le thé.
Détendu je déclarai à mon ami: ‘la prochaine visite que nous ferons mon ami, je t’attacherai par le poignet et tu auras intérêt à me suivre ... ‘.

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30 janvier 2022

La Dame de St Fargeau

La dame de St Fargeau.
Ce matin d’automne je pris la route pour errer dans la Bourgogne rendue à son intimité. Le brouillard qui montait des bois dévêtus, endormis dans l’avant sommeil de l’hiver, me rendait mélancolique, laissant remonter en moi tous ces souvenirs qui infusent dans ces paysages un peu sauvages. 
Au fil de mon voyage les coupoles surmontées de clochetons du château de Saint Fargeau, apparurent luisantes d’humidité. 
‘Je veux être couronnée’ criait la grande Mademoiselle dans sa prison écrin. ‘Peu importe les codes’ ajouta-t’elle. ‘J’aime et je suis aimée’. Elle lança ces mots en traversant la pièce de réception dans laquelle le portrait de son mari, son amour, était accroché. ‘Quel beau visage ! Ce regard perçant est bien celui qui me transperce !’ s’exclama-t’elle. Voyant l’émotion de sa maîtresse, son petit bichon vint vers elle et se dressa en remuant la queue, s’appuyant de tout son poids sur la faille cramoisie de sa robe. ‘Viens Gourmande, nous allons au jardin pour voir ce lieu qui abrite nos rendez-vous amoureux’. 
Toutes deux sortirent par la grande porte-fenêtre. Le clocher voisin sonnait 5 heures de l’après-midiavancé. C’était le seul bruit intense dans le début du soir. 
Elle arriva très rapidement à cet abri qui formait comme un salon entouré d’une couronne de buis et, immédiatement le couple enlacé qui avait habité si souvent cet endroit, vint à son esprit comme si elle était spectatrice de cet enlacement amoureux. Chaque rencontre provoquait la surprise. Et, blottie dans les bras de cet homme passionné, elle s’imaginait s’envoler avec lui, comme des anges ne connaissant plus la pesanteur. Ses oreilles s’emplissaient d’une musique
digne de cet envol angélique : divines voix de haute-contre et de soprano sur une basse soutenue d’orgue positif. 
Elle repensait à ces concerts nocturnes donnés l’hiver dans le grand salon qui se mêlaient aux craquements des bûches dans la grande cheminée, aux hululements du vent dans les coursives, au crépitement de la pluie sur les persiennes fermées. Elle revivait aussi ces concerts d’été dans le kiosque du jardin, que même les chants des grenouilles ou du chat-huant, n’arrivaient pas à casser la magie de la nature alliée au faste musical des instruments : les notes perlées du clavecin, les glissements voluptueux des archets sur les cordes. La paix emplissait ces moments, apportant sur les joues des dames un carmin d’émotion et un brillant dans le regard de tous. À ces moments une envie forte d’aimer l’envahissait et elle se retenait pour ne pas se lancer dans une folle sarabande. 
Elle se réjouissait de cet exil forcé qui lui avait été imposé, la reléguant loin de la cour dont l’artifice ne lui manquait pas. Elle aurait aimé avoir suffisamment de style pour écrire toutes ces émotions qui montaient en elle au contact de cette nature presque sauvage mais non agressive. Elle se souvenait de ces matins qui la poussaient dans la froidure, faisant surgir sur les tapis des grandes pelouses perlées de rosée, le passage apeuré d’une biche. 
À présent les bois étaient calmes. Le brame des grands cerfs s’étaient éteints. Il ne restait que les galopades de lièvres fuyant dans les fourrés ou le battement d’ailes claquant dans l’air vif d’un grand duc ou de corneilles. 
Elle sentit un frisson, serra sa houppelande et rentra se réchauffer. En passant devant un miroir elle jeta un bref regard à cette image inversée d’elle-même. Elle savait qu’à la cour sa beauté n’était pas louée. Elle s’en moquait ayant su imposer les hommes qu’elle choisissait au grand dam de ses parents. Sa colossale fortune lui permettait d’écarter tous ceux qu’elle trouvait fats. 
Un nouveau jour se levait. Elle attendait la visite de son mari et se réjouissait de ses retrouvailles. Elle entra dans le petit salon où elle aimait déjeuner. Attablée devant cette table dressée avec soin, elle pensa à la chance de sa condition. Dehors les premiers flocons qui s’étaient amassés dans le ciel gris et bas, se mirent à voltiger. Après son petit déjeuner elle irait faire son courrier et lire les quelques lettres que ses amis de la cour lui adressaient. Elle s’amusa du quiproquo qui naquit d’un dilemme entre deux capitaines qui se querellèrent à propos de leurs soldes dont la différence irritait le moins pourvu. Cette controverse faillit aller jusqu’au duel. 
Une fois terminée sa correspondance elle redescendit au salon pour se plonger dans la lecture. Elle adorait lire et relire les contes de Charles Perrault qui la replongeait dans sa prime enfance non pas pour ce qui était conté mais pour retrouver cette sensation faite de voyages, de féerie, mais aussi de peur qui la faisait se recroqueviller au fond d’un profond fauteuil. 
Elle entendit sonner midi à la pendulette. ‘Encore deux heures à attendre’ pensa-t’elle en soupirant. 

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23 janvier 2022

calendrier atelier écriture

Calendrier des Ateliers d'écriture 2021-2022 

Mois Lundi                     Mardi
Septembre 13, 20, 27              14, 21, 28            
Octobre 25                          26
Novembre 1 & 15                    2 & 16
Décembre 6 & 13                    7 & 14 
Janvier 3, 10, 24 & 31        4, 11 & 25 
Février 21 & 28                  1er & 22 
Mars 14 & 21                  1er, 15 & 22 
Avril 4  & 25                    5 & 26              
Mai 2, 16 & 23               3, 17 & 24
Juin 6, 13 & 27               7, 14 & 28


D'autres dates pourront  être établies  
en  fonction du nombre de participants 

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06 janvier 2022

Maroussia

Ce matin là, la lumière était triste sur Paris, enfouie dans un brouillard qui remontait du sol de toutes les pluies récentes. Le soleil n’arrivait pas à percer cette grisaille. Seule une pâle auréole jaune indiquait la marche du soleil. C’était le 7 janvier. Ce chiffre hantait Coco depuis toujours, associé à tant de souvenirs. Car c’était un 7 du mois d’août qu’il avait rencontré cette femme qui allait bouleverser sa vie. Et c’était un 7 janvier qu’elle avait disparu à jamais, effacée de la vie, effacée du monde. Maroussia. Ce prénom déjà avait marqué son enfance à la lecture d’un livre de la collection rouge et or. Il revoyait cette image d’une jeune fille aux yeux bleus, brillants, dans un visage entouré de cette chevelure flamboyante. 
Il était parti pour un séjour à Venise faisant le voyage en wagon lit. Il aimait ces départs et ces voyages nocturnes qui, par le balancement du train, scandait dans sa tête ce nom magique : Venise, Venezia. 
Par un concours de circonstances et une erreur de réservation, il dût partager après accord sa cabine avec une jeune femme. Son caractère un peu austère et vieux garçon avait tout d’abord pris le dessus et il exprimait son agacement auprès du chef de train, quand il vit se dessiner une silhouette à l’entrée de la cabine. Avant que celle qui devait partager la cabine pour la nuit de voyage entre, il sentit la fragrance d’un délicieux parfum qu’il reconnut tout de suite : 5 de Chanel. Il y avait eu tant de publicité pour ce parfum idolâtré par Marylin Monroe qu’il avait envahi la société, chaque femme voulant se hisser à la séduction de la star. C’en était écœurant. Et il trouvait que certaines par leur vulgarité auraient mieux fait de ne pas attirer l’attention sur elles. Il les imaginait vêtues de ce seul parfum à l’instar de Marylin et n’aspirait pas à découvrir leur nudité. Pour briller une personne a plus besoin d’autres grâces que la seule présence d’un parfum. 
La jeune femme entra dans la cabine et s’installa discrètement. Elle était très belle et rayonnait dans ses mouvements avec classe mais sans affèterie. Elle avait cette allure des beautés intemporelles qui traversent les siècles et que l’on retrouve dans les portraits quelle qu’en soit l’époque. 
Après s’être salués, chacun se coucha discrètement. Une fois la lumière éteinte, Coco ne pouvant s’endormir, regardait dans la pénombre striée des lumières lors des passages en gare, ce corps de femme langoureusement endormie, animé du balancement du train. Quand à l’aube la lumière donna plus de volume à la cabine, Coco s’étira et se leva discrètement. 
À son retour dans la cabine, la jeune femme était déjà réveillée et assise sur sa couchette. Elle avait relevé le store et l’on voyait défiler à travers la fenêtre embuée, la campagne vénitienne, avec ses maisons colorées éparses, encadrées de jardins. Les décorations de Noël clignotaient chichement dans la froide lumière d’un jour gris naissant. Quelques voitures éclairaient de leurs phares jaunes les routes humides.
Coco s’assit et regarda avec insistance cette femme dont il n’avait pas encore entendu la voix. Après avoir un peu gigoté il se décida à lui parler. Elle tourna son regard de la fenêtre et le regarda. Quand elle répondit à sa première question, il sentit son pouls s'accélérer. La voix était chaude, profonde, comme ces voix italiennes qui ont un timbre proche de la masculinité. Elle s’appelait Maroussia. Poussé par un désir croissant Coco sentait monter en lui une adoration pour cette inconnue et il appréhendait douloureusement le moment de leur séparation. Ne se retenant plus, chose qu’il n’avait jamais osé faire, voyant se profiler la lagune de chaque côté de cette langue de terre qui relie le continent à Venise, il lui demanda si elle accepterait de prendre un verre avec lui au Danieli en soirée. Il eut une suée de bonheur quand elle accepta. 
Arrivés à Venise, ils se séparèrent. 
Coco était dans un état fébrile. Il ressentait une douceur et une inquiétude comme celles qu’il avait eues en voyant le film ‘Cleo de 5 à 7’. Le même envoûtement que celui reçu de cette femme chantant appuyée sur un piano, cette belle chanson d’amour. Chanson d’amour déclamée comme par lassitude d’un corps bouleversé par une maladie pernicieuse. Parce qu’il le fallait bien il regardait à présent les lieux où ses pas l’avaient guidé par habitude effaçant également ce lourd ressenti pour se vivifier au contact de la beauté et de la vie qui l’entouraient avec l’espoir de ce rendez-vous. Viendrait-t’elle ? N’avait elle pas accepté pour être tranquille et se débarrasser d’un importun ? Il s’arrêta à un kiosque pour acheter le journal et regarda avec amusement l’éternel choix des revues et journaux accrochés à côté des souvenirs de pacotille. Ici tout se côtoyait : la présentation à un prix économique d’un roman de Pavese, l’enregistrement des ‘Vêpres’ de Monteverdi, les grands tirages italiens, les recettes de cuisine et les revues à scandale : ‘le roi d’Espagne photographié nu sur une plage, le corps d’une femme adultère retrouvée assassinée dans un camping-car abandonné au champ’. 
Il reprit sa route vers l’hôtel où après une toilette méticuleuse il décida de ce qu’il allait faire. Tout d’abord il allait passer au musée Correr pour lequel il finissait une traduction d’un catalogue pour une prochaine exposition sur les chevaux de la basilique St Marc. Ensuite il irait saluer la signora Rigattieri dans son magasin empli de faïences superbes. Il aimait parler à cette dame empreinte de la tradition vénitienne, si douce et réservée. Il déjeunerait au San Stefano, un vrai bonheur. Après une sieste et un rafraîchissement il se rendrait au Danieli. Il traversa le campo San Marco sur lequel grouillait une foule de touristes, slalomant entre les pigeons attirés par le maïs que les touristes apeurés présentaient dans leurs mains pour immortaliser ces moments stupides avec ces oiseaux avides perchés sur la tête et dans les mains provoquant des cris et souvent des pleurs chez les enfants terrorisés. Il repensait alors aux ‘Oiseaux’ d’Hitchcock rêvant diaboliquement à un carnage ...
Quand il franchit les portes tournantes de l’hôtel, il regarda les merveilleuses pièces de verre de Murano côtoyant des montres de prix, longea la conciergerie où se tenaient les réceptionnistes et entra sur la gauche dans le somptueux salon. Les imposants lustres éclaboussaient de lumière les milliers de bobèches colorées dans ce salon au plafond élevé. Les fauteuils profonds invitaient à s’asseoir en contemplation du faste des marbres et des lourdes tentures. Il s’assit et commanda un café. En réalité il aurait mieux fait de prendre une boisson neutre se sentant déjà bien énervé dans l’attente de ce rendez-vous. L’heure semblait arrêtée. Il vérifiait sans cesse sa montre imperturbable qui semblait avoir ralenti son rythme. 5 heures sonna dans le voisinage marquées par les cloches. Il était placé bien sûr au bon endroit pour voir la porte d’entrée. Subitement il vit cette longue silhouette déjà familière vêtue de blanc glisser sur les moelleux tapis. Il fit un bond, se leva vers elle et lui tendit la main qu’elle lui abandonna le temps qu’il la guide vers la table sur laquelle refroidissait le café à peine bu. 
Alors commença une histoire qui monta vers les limbes de cette salle habituée à étouffer les plus chaudes passions qui s’y déroulèrent. Il serait vain de vouloir raconter le flamboiement de cet amour au cœur de l’hiver. La grisaille n’existait plus, le froid n’existait plus sauf à prétexter un rapprochement amoureux pour se réchauffer. La rumeur de la foule touristique s’éteignait dans le bruit assourdissant de cet amour. Les regards se recherchaient et glissaient en symbiose sur les vitrines chatoyantes. 
Ils ne se quittèrent plus. Maroussia devait s’absenter parfois étant costumière pour le théâtre. Coco la suivait dans ses déplacements. Leur seul projet, leur seul désir étaient de vivre pleinement la vie de l’autre. 
Maroussia dut partit à New York pour la présentation d’un opéra baroque pour lequel elle avait réalisé de splendides costumes. Coco ne put aller avec elle étant coincé par la relecture d’un livre à paraître. Le téléphone sonnait à toute heure dès qu’une occasion se présentait surtout à Maroussia. 
Ce fut la première et la dernière séparation. Le 7 janvier Coco se précipita à l’aéroport de Roissy. Il piétinait d’impatience en voyant défiler les arrivées. Son impatience grandit quand il vit qu’un retard était à prévoir. Quand il ne put supporter d’avantage ce retard il se précipita au bureau de la compagnie où une foule s’agglutinait déjà. Quand il entendit des cris et vit les gens se retourner en larmes il resta tétanisé. Il comprit et resta figé sur place, se recroquevilla et tomba à terre. 
Des secours le prirent en charge et il fut conduit aux urgences de La Pitié. Il plongea dans une profonde dépression et après plusieurs mois passés dans une maison de repos il put rentrer chez lui. Coco n’était plus rien. C’était à nouveau l’hiver qui fut rude cette année. Coco végétait soutenu par une personne qui venait lui faciliter le quotidien. Il repensait sans cesse à l’explosion de cet avion qui avait détruit tant de vies dont celle de ce royal cadeau que Maroussia était pour lui. 
Le 7 février, alors qu’il gelait et que la ville était étouffée dans un cocon de neige, il sortit dans la soirée et marcha sans sentir le baiser froid des flocons qui dansaient poussés par un vent cinglant. Sa marche le conduisit au canal St Martin. Quelques promeneurs pressés mais prudents pour ne pas glisser le croisèrent. Il s’approcha du bord du canal qui transportait quelques plaques de glace et se laissa glisser dans l’eau glacée. Il y eut quelques ronds à la surface de l’eau vite effacés par le mouvement descendant du courant. 

 

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19 novembre 2021

lipogramme sans jambage

Ces six années à venir

 

Nous vivrons ces six années à venir

Avec insouciance , avec sourires

Nous aimerons aussi nos évasions

Vers une savane , une mer azurée

Nous nous en irons rêver en avion

Sous ces cieux ivoires , roses ou irisés

 

Ces six années à venir nous serons

Oiseaux sans saison , oiseaux sans maison

Nous essaimerons nos amours immenses

En douze roseraies ou mimosas

Nous serons oui nous serons renaissance

Nous verrons s’ouvrir nos cœurs acacias

 

Nous vivrons nos romances avec ivresse

Sans morsure nous aimerons nos caresses

Nous irons cœur à cœur murmurer

Nos aurores sans crise , nos océans

Sans armes, sans armures encore six années

Nous irons écrire un nouveau roman

 

Fabienne Dietrich - écrit à Nice le 18 novembre 2021

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26 mai 2021

WOODY ALLEN, DIEU, SHAKESPEARE ET MOI

La bataille faisait rage, les obus écrasaient tout sur leur passage, les missiles de croisière croisaient, les mitrailleuses mitraillaient, les corbeaux croassaient, les vers de terre filtraient, tout le monde faisait son boulot en fait. Otto, qui était aveugle de naissance, aimait tous ces bruits délicats, indifférent à un environnement pour lui invisible. Par contre, quand il se prit une bastos dans le buffet, il s'écria: "je t'ai dans la peau". De fait, il l'avait même très profonde, pas loin du foie. Jusqu'à présent, la seule chose qu'il avait jamais eu dans la peau, c'était Hilda, une brune piquante aux avantages évidents, dont il profitait joyeusement de ses mains fines, seul bénéfice de sa cécité. Quelquefois, Hilda, dans un rire débridé lui disait: " Otto, tu as les yeux plus gros que le ventre!" Il est vrai que ses mains avaient du mal à faire le tour de cette poitrine naturelle qui frôlait le 125 D si ce n'est plus, et qu'il aurait bien eu besoin d'aide. Mais il n'avait pas le goût du partage et il se disait à chaque rencontre qu'il lui en resterait pour la prochaine fois. La balle semblait se promener dans son ventre et, comme on dit chez les bretons, "il en bavait des ronds de chapeau", expression typique du pays Bigouden dont l'origine est mystérieuse, voire mystique, voire totalement fumeuse. Au moment du fauchage des céréales, les Bigoudènes attrapaient souvent des allergies qui les faisaient cracher à perdre haleine, alors, pour régler le problème un faucheur coupait le haut de la coiffe en petits ronds jusqu'à l'extinction de l'allergie par la peur. Il paraît que ça marchait très bien, encore que l'on rapporte 2 ou 3 cas de décapitation malencontreuse. Ennuyeux certes, mais elles ne crachaient plus, ce qui était, tout compte fait, le principal. De nos jours, cette méthode a été abandonnée puisque les coiffes de 40 cm des Bigoudènes ont été remplacées par des coiffes qui collent au crâne, et donc le risque de décollation est devenu bien trop important. Sans compter qu'on ne fauche plus mais qu'on utilise des tracteurs...Donc, pour en revenir à Otto, ça n'allait pas fort pour lui. Du sang commençait à sortir à gros bouillon et des visions (des visions d'aveugle bien sûr) morbides l'envahissaient. Il tâta sa vareuse, des cigarettes, un zippo, une plume d'oie et quelques feuilles de papier froissé. Ah, j'oubliais, un rasoir à pile, vous savez les piles Wonder qui ne s'usent que si l'on s'en sert, et comme il ne s'en était pa servi, elles fonctionnaient. Il attrapa son rasoir Braun, du matos allemand bien costaud que même les obus et les missiles n'avaient pu détruire, il appuya sur le bouton marche quand soudain une bombe éclata près de lui et une pierre lui frappa le crâne et pour une raison qui lui échappa ( et d'ailleurs lui échappe toujours) il eût une vision très nette en lettres d'or d'une citation célèbre de Lao Tseu " celui qui ne périra ni par le feu ni par la famine périra par la peste, alors, à quoi bon se raser!" Fort de cette illumination aussi subite qu'improbable, il rangea son rasoir. Le sang d'Otto bouillonnait hors de ses tripes, et très honnêtement pour lui, il n'était plus temps de se faire un sang d'encre, il était juste juste encore possible de faire de l'encre avec son sang. Il prit un de ses papiers froissés, trempa sa plume dans son sang, d'un rouge carminé groupe A négatif, rare mais présentement totalement inutile. Féru d'histoire ancienne, Otto se remémorait l'origine de cette expression" se faire un sang d'encre" qu'il ne pouvait s'empêcher de rapprocher de cette autre expression" bon sang ne saurait mentir". Du temps des chasseurs de mammouths laineux et des tigres à dents de sabre, les blessures étaient souvent mortelles, alors, les chasseurs emmenaient avec eux des élevages de poulpes et de seiches, et lorsque l'un d'eux était blessé, ils lui transfusait de l'encre dans le sang. La légende, fondée sur un socle de vérité transmis depuis les hommes de Lascaux en - 32523 nous assure que 63 % des blessés s'en sortaient et que, non seulement ils survivaient mais ils devenaient excellents et surtout particulièrement fiables, d'où cette autre expression" bon sang ne saurait mentir". Que tous ces bons mots aient perduré si longtemps est merveilleux, malheureusement pour Otto, ça ne le sauvera pas quoiqu'il puisse écrire sur ses feuilles de papier froissé.

Gérard Laveze

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20 mai 2021

CONTE DES MILLE ET UNE NUITS

Image montrée aux enfants
Elle une pièce de monnaie miroitant sur le front, les orteils sont bagués
de pierres précieuses.
Près d’elle, un chameau chaperonné par un immense turban attend.
Une immense échelle de soie aux innombrables barreaux grimpe jusqu’à
son baldaquin oscillant….
Les enfants sont assis en cercle très attentifs. Ils observent le tableau
qui s’offre à leurs yeux. Ils attendent que le conteur commence le récit.
Leurs yeux brillent et dès que le conteur commence le récit, je vois leurs
yeux s’illuminer.
 Il y a de cela bien longtemps dans un pays lointain que personne d’autre
n’a jamais atteint, une jeune fille d’une beauté éblouissante naviguait
dans le ciel comme une étoile filante….Tous les jeunes gens de cet
étrange pays qui la courtisaient avaient beaucoup de mal à la
poursuivre.
Un jour l’un d’eux en perdit ses babouches et le musicien du royaume
composa alors la chanson « Babouchkaahahah  Babouchkaahahah »
La jeune fille d’une beauté éblouissante avait beau courir et filer comme
une étoile filante jamais la pièce de monnaie qu’elle portait sur son front
ne se détachait ! Or le roi, son père, avait fait une promesse au sujet de
cette pièce pour remercier celui qui la trouverait si elle se détachait….
Les orteils bagués de pierres précieuses étincelaient et notre belle
princesse continuait sa course toujours comme une étoile filante….
Mais pour quoi et vers où volait-elle ? Et comment avec des chevilles
liées par une fine chaînetrave volait-elle aussi vite, plus vite que l’éclair ?
Quel était son moteur ?
Tout autour d’elle régnait une obscurité brisée parfois par des comètes
et des étoiles filantes. Notre princesse était-elle elle-même une étoile
filante ? La plus jolie, la plus coquette, la plus aimée ?
Pourquoi y avait-il à côté d’elle un chameau chaperonné par un immense
turban ? Qu’y avait-il sous ce turban ? Qu’attendait-il ? A quoi pouvait
bien servir l’échelle de soie aux nombreux barreaux qui grimpait jusqu’à
un baldaquin oscillant ?
Toutes ces questions représentent une véritable énigme.
Saurez-vous les enfants, m’aider à les résoudre ?
Que suggérez-vous ?
1 er enfant
Un bandit vient de surgir avec un yatagan menaçant qui brille de mille
feux car il est décoré de diamants et de pierres précieuses, alors ça
craint…
2 ème enfant

Le yatagan, c’est pour délivrer la princesse et couper les liens qui relient
les chevilles… comme ça, le bandit pourra l’enlever et l’emmener dans
son alcôve…..
Ah non s’écrie un 3 ème enfant….
Ce n’est pas possible, c’est le chameau qui va la défendre en mordant le
bandit et il sera saucissonné dans l’immense turban !!
Eh bien, curieusement, une poussière, un vent d’étoiles s’est échappé
du turban, et miracle ou mystère ces étoiles se sont posées sur les
barreaux de l’échelle.
Pourquoi le baldaquin oscille-t-il me demanderez-vous ?
Pour mieux la bercer et peut-être je crois bien deviner un futur
évènement……
M’aiderez-vous les enfants à comprendre…. Avez-vous une idée ?
Baldaquin comme Quinquin, comme

Dors mon p’tit Quinquin….

Le musicien du royaume composa alors la chanson

« Dors mon p’tit Quinquin »

Et voici la fin du conte
.
Parmi les nombreux courtisans
Un bandit surgit, rapide comme le vent.
Il portait un yatagan
Et avait oublié ses gants.
De l’immense turban
Surgit comme un ouragan
Un Prince Charmant.
Ce prince saisit le yatagan.
Une poussière d’étoiles surgit du turban
Enveloppant la princesse et le prince charmant
Descendant l’échelle de soie tourbillonnante.
Ils se couchèrent dans le baldaquin en chantant
. « Dors mon p’tit Quinquin »

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04 avril 2021

Et Dieu, dans tout ça?

Alain Stefani 30 mars 2021

Et Dieu, dans tout ça?

Je suis allé à Lourdes en y espérant un miracle, je n'y ai récolté qu'un chapelet de furoncles.
Quelques semaines plus tard, j'eus une vision en passant devant la maison natale de Ste Thérèse de
Lisieux, l'inscription « l'Antre du plaisir interdit » figurait au dessus de la porte d'entrée. Tout émoustillé, j'en franchis le seuil tout en dégrafant mon pantalon. C'est alors qu'une bonne sœur aux allures de garde forestier m'est tombé dessus en entamant une féroce engueulade, me traitant de satyre, de pervers, de mécréant. Décidément, si Dieu existait, permettrait t-il que mon esprit s'égare à tel point ?
« Assez divagué » me dis-je, il va falloir que je serre les écrous de ma cervelle surchauffée, je ne voudrais pas finir comme ma mère, j'ai toujours détesté « Granada » et les harengs. De passage à Paris, j'ai voulu rencontrer une ancienne maîtresse, licenciée de philosophie, qui, lorsque nous faisions l'amour se mettait à chanter des textes de Platon sur l'air des « Feuilles mortes ».
Je suis tenace, je n'ai jamais renoncé à vouloir trouver Dieu. Ainsi, je voulus rencontrer un ermite, grand fumeur de haschish. Je ne trouvais qu'un vieillard aux pieds plats pouilleux qui chantait « la Madelon » perché sur un olivier en fleurs. 

J'ai cru enfin assister à un miracle, quand, de passage à Palerme, j'assistais aux funérailles d'un grand chef de « Cosa Nostra ». Deux colombes s'étaient posées sur le cercueil, elles avaient entamé une parade nuptiale. Ce signe de paix fut hélas immédiatement interrompu par la mère du défunt, qui, d'un coup de sac à main, aplatit les 2 volatiles en hurlant « porca Madona !»

L'esprit troublé, je rentrai à mon hôtel, le « Bella Mafia », et tombai en extase devant la réceptionniste qui ressemblait à une souris de dessin animé. Toute mon enfance avait été bercée par les films de Walt Disney. Elle me souriait, j'ai alors pensé pouvoir enfin réaliser mon rêve : faire l'amour avec Minnie. Vers 21 h 30, j'entendis frapper à la porte de ma chambre. J'avais fait monter du champagne, Minnie était là devant moi ! Un « merci mon Dieu » s'échappa de mes lèvres. Elle ignora le champagne et sortit une bouteille de vodka de son sac qu'elle but cul sec, « Viens dans mes bras mon moujik chéri » lança- t- elle d'une voix grave digne d'un soldat de l'Armée Rouge. Je poussai alors un cri, découvrant que Minnie n'était autre que Mickey travesti !

Mon réve d'enfant s'était mué en cauchemar, et depuis ce jour, Dieu est définitivement sorti de ma vie.

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06 mars 2021

une femme au poil

une femme au poil


Sophia avait un nez long comme un jour sans pain, Si elle avait vécu au temps de la Perse antique, elle aurait eu toutes ses chances pour trouver un mari, car à cette époque bénie des dieux, plus les femmes avaient un long nez, plus les hommes sautaient autour d'elles comme des cabris, Hélas pour elle, de nos jours cette coutume a fait long feu, il lui fallait donc faire son deuil de pouvoir séduire un homme grâce à ce nez qui mettait des étoiles dans les yeux de tous les chirurgiens esthétiques qui rêvaient de le raccourcir. Depuis sa naissance, elle était accablée par une pilosité hors norme, elle était poilue comme un singe, ou plus exactement comme une guenon, Elle avait fini par l'accepter et s'était résolue à tisser sa toile pour capturer un mari « poilophile », Elle se disait qu'on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, mais pourquoi pas des hommes avec des poils ?Un grand nom de crème épilatoire avait voulu en faire l'ambassadrice de la marque, Elle avait refusé, car elle tenait à ses poils comme à la prunelle de ses yeux, Pour gagner sa vie, elle avait accepté de devenir « la Femme Singe » que l'on exhibait dans une baraque de la Foire du Trône, En quelques années, elle était devenue riche comme Crésus, Toutes les femmes velues du monde qui se reconnaissaient en elle, la portaient aux nues, On lui proposa de devenir présidente de l'association « Poilue un jour, poilue toujours » qui comptait plus de 70,000 adhérentes et dont la devise était « Touche pas à mes poils ».Bien entendu, les hommes ne pouvaient y adhérer, ils en étaient jaloux comme des poux, Contre toute attente, Sophia se mis en ménage avec un homme imberbe, Toutes ses groupies considérèrent cette union comme un coup de poignard dans le dos, elles en étaient vertes de rage, elles virent rouge et l'association se rétrécit comme peau de chagrin,

Pour autant, Sophia ne perdit pas le nord; alors que les rates quittaient le navire, elle tint bon la barre, Les années passèrent, elle finit par perdre beaucoup de poils, mais son crâne ne fut jamais lisse comme un œuf, De noir de jais, ses cheveux devinrent blancs comme neige, Elle se plaisait à dire « j'ai toujours caressé la vie dans le sens du poil », ça la faisait rire comme une bossue, Une de ses autres expressions favorites était « tant qu'il y a du poil, y a de l'espoir »

Dans son testament, elle voulu que l'épitaphe suivant soit gravé sur sa tombe « In pilositas veritas, car celui qui ne périra ni par le feu, ni par la famine, périra par la peste, alors à quoi bon se raser ? »

 


alain stefani
02/2021

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21 juin 2020

Une copine pour ta salle de bains

 

Une copine pour ta salle de bains

On peut dire que tu ne fus pas une compagne facile, même si bon an mallant, nous sommes
parvenues à une forme d’harmonie durant ces quinze années de vie commune.
La première fois que je t’ai vue, que dis-je, que tu m’as explosée à la figure, déboulonnant avec fracas
dans mon antre glougloutant, j’ai su que c’en était fini de mon existence paisible.
« Je veux la paix, tu comprends ? » vociférais tu au nez de ton mari stoïque, qui, je n’allais pas tarder
à m’en apercevoir, en avait vu bien d’autres.
Tu claquas, d’une volée fracassante, ma porte, ma chère porte, ma seule ouverture sur le monde
extérieur via votre chambre à coucher, et j’ai eu très peur qu’elle ne s’en remette pas. Elle se
contenta de trembler de toute sa vieille carcasse ce qui fit tomber, à tes pieds, le porte-manteau qui
lui était accroché. Affalée en boule sur le rebord de la baignoire, ivre de colère, tu n’y prêtas pas
garde, toute entière à tes hurlements, tes sanglots et bientôt à tes remords.
Eberluée, j’assistais pour la première fois à un ouragan, dont aucun des précédents propriétaires ne
m’avait permis d’imaginer l’existence.
Vous veniez, toi et ton admirable mari, faut-il qu’il le soit, pour encaisser ces tempêtes,
d’emménager depuis à peine une heure, dans notre bonne vieille baraque. J’y avais toujours occupé
une situation privilégiée, ma fonction étant indispensable et la complexité de mes entrailles rendant
peu probable un éventuel changement de destination en mes lieux et place. Tant de canalisations, de
tuyaux, d’embranchements, de joints, parcouraient mon être, qu’ils suffisaient à dissuader les
nouveaux propriétaires de procéder à mon déménagement dans la partie sud, plus ensoleillée de la
maison. Je vivais ainsi dans une obscurité bien confortable qui présentait peu d’attraits pour les
candidats aux bains voluptueux sous l’eau miroitante des rayons du couchant et m’en accommodais
fort bien. Deux séances de douche, saines et expéditives, chaque matin, deux à cinq passages au «
loo » comme tu l’appelles avec ta prude éducation britannique et je pouvais me reposer en paix
jusqu’aux brossages de dents vespéraux avant que la maisonnée sombre dans les bras de Morphée.
Avec ton arrivée, c’en fut fini de ce ronron. Notre réaction première, à moi et aux miens, fut une
inquiétude quant à notre avenir. Ma famille comprenait cinq membres solidaires unis à la vie à la
mort. Par ordre décroissant de fréquentation quotidienne, il y avait « loo », les deux lavabos
conjugaux faisant face à un seul grand miroir dont le souci majeur était de traiter équitablement
Monsieur et Madame, la baignoire en contrebas, d’une longueur insolente comme on n’en fait plus
de nos jours faute d’espace, et puis Bidet, notre chouchou à tous. Nous savions qu’il représentait une
espèce en voie de disparition tout à fait injustifiée eu égard à ses nombreuses et précieuses
fonctionnalités, et pour lui remonter le moral, nous ne manquions pas de lui manifester sans cesse
notre profonde considération.
Le plus vraisemblable était une prochaine opération esthétique qui serait radicale. Pendant les trente
dernières années, les propriétaires n’avaient jamais eu le souci de nous relooker et avec un
tempérament comme celui de cette furie, nous étions nous dit, peu de chance d’échapper à une
réfection impitoyable.
Eh bien non ! Comme quoi, nos prévisions les plus solides sont presque toujours assurées d’être
démenties. Les surprises ne sont pas là où on les attend.
La bourrasque passée, un grattement timide s’autorisa à effleurer la porte. Tu attendis une minute,
le temps de reprendre la force nécessaire de te mettre debout et ouvrir doucement la porte. Malade
de honte, mais assurée d’un amour inconditionnel, tu t’accroupis et enfouis sans un mot ton visage

encore mouillé dans le pelage cuivré de Patchi. Tu le pris dans tes bras et revins t’asseoir sur la
baignoire.
-Comment trouves-tu cette nouvelle salle de bains, mon chien chéri ? Je suis sûre qu’elle te plaît
parce que moi je l’adore.
Nouvel étonnement. Ni moi, ni aucun des miens n’avions entraperçu le moindre regard sur nous.
Mais force est de reconnaître que cette déclaration d’amour rencontra, de notre part, un élan
réciproque et nous t’avons tous d’emblée adoptée.
L’après-midi qui suivit la tempête, se déroula dans une sérénité déconcertante. Les froissements de
papier d’emballage, les bruits des objets et des meubles qui se placent avec obéissance aux endroits
qu’on leur assigne, tout ce remue-ménage nous parvenait joyeusement des pièces voisines. C’était
une succession harmonieuse de : « tout à fait d’accord mon chéri, tu as raison mon cœur, c’est
comme tu préfères, moi ça m’est égal, mon amour. » Et puis vint notre tour d’être investie des objets
personnels et familiers. A priori, les enjeux étaient mineurs, toute négociation, compte tenu des
forces en présence, inutile ou perdue d’avance. L’arsenal de Monsieur constitué le plus souvent d’un
rasoir, d’une mousse à raser, d’une brosse à dents et d’un peigne, faisait face à une collection
tellement innombrable de tubes, de pots de crèmes et de lotions que Madame élisait, de toute façon
domicile ailleurs pour entreposer son attirail.
Mais l’échange dont nous fûmes témoins quand toi et ton mari entrèrent chez nous, n’eût rien à voir
avec une sordide défense d’intérêts égoïste. Il força notre admiration émue.
-« Ma chérie, proposa avec une infinie délicatesse ton remarquable mari, sans doute pour effacer si
besoin était, le léger incident du matin, et si nous profitions de cette grande maison, pour faire salles
de bain à part ? Je sais comme tu as besoin de prendre tes aises et ton temps le matin sans que nous
nous marchions sur les pieds ou polémiquions autour du tube de dentifrice dont j’oublie toujours de
revisser le bouchon. » Là j’ai, a posteriori, perçu sa grandeur d’âme car jamais au grand jamais par la
suite je n’ai vu ton tube de dentifrice muni de son bouchon.
C’est là aussi que m’est apparue pour la première fois ta sensibilité pathologique pour le meilleur
comme pour le pire. Tu t’es jetée dans ses bras et tu t’es remise à chialer sous notre regard sidéré.
-« Oh mon cœur, tu es vraiment un amour de mari. Je n’ai jamais rien à demander, tu perçois
toujours mes désirs avant que j’ai le temps de les exprimer et même avant que je les éprouve moi-
même. »
Cette phrase, ma tête à couper, si j’en avais une, que tu l’as prononcée, et pourtant combien de fois
par la suite, je t’ai entendue l’accuser d’être un monstre froid et impassible, ce pauvre malheureux.
Mais maintenant que je te connais bien, je sais que cette phrase traduisait ta conviction profonde.
Tu n’as plus beaucoup de secrets pour moi, tu sais. Ce que tu t’évertues à cacher pour des raisons
d’orgueil pitoyable dont tout le monde se contrefiche, moi je n’en suis pas dupe et l’art que tu mets à
te déguiser me ravit et me fait trop rire.
Un souvenir parmi tant d’autres, la visite du peintre avant les travaux. Tu te confondais en excuses au
motif que quelques petites bouteilles et menus objets traînaient sur le lavabo.
« Ne faites pas attention au capharnaüm, Monsieur. Nous venons de rentrer de WE et je n’ai pas eu
le temps de ranger. »
La réalité, c’est que je n’avais jamais été aussi propre et bien mise. En permanence, tes petites
culottes jonchaient le sol, mêlées aux chaussettes et aux baskets que tu pestais de ne pas trouver,

alors qu’il t’aurait suffi la plupart du temps de soulever l’une des nombreuses serviettes de toilette
qui, par terre, finissaient par servir de tapis de bain.
Mais je reconnais le revers louable de cette médaille. Tu n’es pas maniaque, c’est le moins qu’on
puisse dire, les choses matérielles t’importent peu et tu refuses qu’elles viennent empoisonner une
vie bien assez compliquée déjà. S’agissant de ta maison, tu n’es pas « house proud » comme tu le
répètes souvent. A force de t’entendre utiliser les expressions de ta mère anglaise, je finirai par
devenir bilingue. En d’autres termes, tu ne mets pas ton honneur dans l’allure ordonnée de ta
maison.
Aucun des précédents occupants n’aurait accepté avec autant de patience les inondations
qu’amènent inéluctablement avec eux Anna et Alban. Tes petits enfants toulousains se ruent autour
de Bidet dès leur arrivée et leur plus grand bonheur est de faire naviguer les bateaux en cocottes
qu’ils peignent de toutes les couleurs et identifient au moyen d’un drapeau dressé sur une allumette.
Chaque fois, ils reçoivent la consigne absolue de ne pas faire remonter le niveau de la mer, mais
chaque fois, le bouchon peu étanche les empêche de respecter leur serment. La suite est jubilatoire
puisque la réaction de la grand-mère reste somme toute mesurée. On écope, on vide l’armoire des
serviettes pour essuyer les dégâts de la mer déchaînée.
Tout ce que je raconte là fait partie de notre histoire. C’était avant. Une nouvelle page se tourne
aujourd’hui avec mon revêtement de blanc des pieds à la tête. Depuis une semaine, je suis comme
une mariée. Tu as dit vouloir être « aveuglée » de blancheur. Avec l’âge et son cortège de
vicissitudes, au premier rang desquels une cataracte avancée, tu n’y voyais plus grand-chose dans
mon obscurité accueillante. Elle avait jusque-là, si bien répondu à ton besoin d’apaisement, mais tu
commençais à trébucher régulièrement sur une basket ou un objet malencontreusement tombé au
sol.
Alors à défaut d’une restauration complète et tapageuse qui aurait mis fin à notre relation, vous avez
décuplé mes faibles potentialités lumineuses en misant sur leur réverbération éclatante par des murs
plus blancs que blancs. Le miroir, la céramique de Loo, de la baignoire, des lavabos, et de Bidet fut
conservée en l’état mais notre nouvel environnement clair et resplendissant nous insuffle à tous un
enthousiasme qui nous galvanise chaque matin.
Je vous suis reconnaissante pour ma part d’avoir cru en moi en dépit de mon âge canonique. Et
quand je vois ton allégresse et, depuis huit jours ton souci constant de m’honorer d’un ordre
impeccable, je me dis tout est possible dans la vie avec la beauté.

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01 avril 2020

Message reçu moussaillon !

Penserais-tu que je rue à hue et à dia entre mes quatre murs. Et bien,
na ! et l’eusses tu cru toi-même, ma vie et mes us ressemblent un peu aux tiens, à mon corps
défendant…Oh, car comme les tiens sûrement, mes cheveux poussent, mes cors aussi, il n’y a pas
plus de coiffeur que de pédicure qui tiennent. Jamais on ne vit une telle pénurie de vanités diverses.
Mes nikes restent au placard mais mon plumeau et mon aspirateur ne virent jamais autant d’activité.
Je chasse cet autre infiniment petit, qu’on peut au moins voir : la poussière.
Je fais fi des coraux, des corons, de Vire, du pays de Caux et de la nostalgie car j’ai un œil permanent
sur le monde grâce à la télé, internet et les réseaux sociaux. Je ris beaucoup finalement, il y a tant
d’humour qui circule. C’est un excellent vaccin… Je m’émeus devant la solidarité et le fait qu’on
sache reconnaitre ce qui est utile à la survie d’une société, c’est une sacrée leçon, même si je
regrette souvent les polémiques qui tentent de nous diviser. J’analyse les avis en cherchant à garder
confiance. Je n’ai pas encore réussi à me mettre à la méditation, c’est encore un excellent futur
projet.
Je suis donc moi devenue boulimique d’images et d’infos, me voilà addict et capable de rester des
heures sans bouger et sans me sentir utile si je tâte le pouls de ce cataclysme à l’aune d’un
amusement sarcastique pour contenir mon ire. On a vu ce ru chinois devenir un tsunami, on a vu
Macron en charlotte courir après des masques et des respirateurs jusque dans le Rhône, Trump en
déconfiture faire venir un navire hôpital de l’U.S Navy à New York, le russe Poutine confiner Moscou,
les policiers indiens carrément bastonner ceux qui ne respectent pas les ordres, et surtout les
politiciens de tout bord accepter le statu quo imposé tout en cherchant un bouc émissaire! Ah je vis
des moments fabuleux ! Le printemps est là, et, grâce aux images des drones, je visite les villes
comme nous ne les avons jamais vues, désertes, propres, bien dessinées, bien vertes et fleuries,
irréelles comme cette situation inédite.
700 millions de chinois et moi et moi et moi…. ! Ce matin je chantonnais ce refrain de Dutronc sous la
douche. Amusant non ? Mais revenons à plus sérieux : C’est au Louvre que tu verras plusieurs
œuvres de Corot quand la normalité reviendra, sais-tu que Baudelaire avait été touché comme toi
par son « infaillible rigueur d’harmonie », sais-tu aussi qu’un de ces jours les avions revoleront et
nous rapprocheront…
Hisse et haut l’espoir des retrouvailles et garde à nous !
Ruth

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Une bouteille à la mer ou journal d’une matelote du confinement

Ma chère Ruth je t’écris à bord de mon drôle de petit navire et sur la façon dont je vogue au jour le
jour dans ce confinement, comme lorsque je te décrivais ma vie d’infirmière dans l’ U.S Navy.
Oh dans mon petit chez moi pas de son du cor de bon matin ! C’est au moins un bon point. Je me
lève quand je n’ai plus sommeil, je prends un peu plus soin de mon corps lors de mes ablutions, et je
me hue si je ne fais pas un peu d’exercice. Pour ça j’ai le luxe du choix entre les sept étages de
l’immeuble à monter et descendre plusieurs fois, avec ou sans poubelle, quelques pas de danse bien
rythmés ou une séance de gym enregistrée par cette russe qui me sert de coach en temps normal.
Elle vit ici depuis 2 ans après avoir enseigné dans le Rhône et aussi à Vire près du pays de Caux que
tu m’as fait découvrir et qui t’est si cher. On a bien sympathisé et ses avis sportifs par vidéo
conférence rompent avec mes us en la matière. Sortirais-je de cette quarantaine plus musclée et en
forme que toi ? Na ! L’avenir nous le dira…
Et puis vient le temps du déjeuner, et quand j’ai fait mon rot, (Ah je te devine surprise ! mais qui ça
gênerait puisque je suis seule ?), je vais sur Culture Box (l’eusses tu cru ?) me documenter par
exemple sur les peintres, Corot m’a beaucoup accroché l’âme, il faudra visiter les musées qui lui sont
consacrés. J’ai été aussi marquée par un film sur les coraux qui virent au gris cendre et sont
abandonnés par les poissons. Tout comme ceux que nous avons vus à Bali et à Aqaba. Tu t’en
souviens ? Est-ce que le drame mondial que nous vivons profitera au moins à notre planète ? Je sais
que tu l’espères tout autant que moi et qu’un jour nous reverrons leurs vraies couleurs.
Je résiste parfois à l’envie d’aller sonner à ma propre porte et c’est tout de même habillée et de ma
fenêtre que je vis par procuration dans la rue, j’observe ceux qui baladent leurs chiens, vont faire
leurs courses ou qui n’ont pas une aune de sens civique. Je les juge avec une certaine ire, mais il faut
accepter ce statut quo, puisque ce n’est pas totalement interdit. Pour moi chaque jour sans sortir est
une petite victoire ! Et sans manger de chocolat aussi…je suis toujours la gourmande que tu connais.
Les journées se remplissent ainsi de petits riens qui me font batailler, réfléchir, apprendre, sans
oublier la touche de plaisir indispensable à tenir le cap. Nous sommes tous dans le même bateau
mais dans des cabines séparées !
Dans mes rêves la nuit je saute le ru de notre enfance, je m’évade et je te rejoins dans les Corons qui
étaient notre seul paysage. Sûr que nous en visiterons bientôt bien d’autres plus maritimes et avec la
même complicité.
Prends soin de toi car j’attends de tes bonnes nouvelles en jetant ma bouteille à la mer !

J, ta courageuse matelote

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29 mars 2020

L’hôpital rôt le balai !

L’hôpital rôt le balai ! 1

« Compère COROT, ça y est ! ON est con, on est confiné ! OH là là ! plus de
CONciliabules, plus de Commérages »,
« Ma petite <RUTH, voici mon CONseil : CONforme-toi aux aVIS et CONseils
diffusés ; bois en grande quantité du thé au goût RUSSE impérial que je cours acheter au
bout de ma RUE, bois du lait de COco ; sois zen, ne te CONtracte pas ; mange des fruits, en
particulier des COROssols, et des légumes ainsi que de la CONfiture de CONcombre
fabriquée à VIRE dans le pays de CAUX car elle est riche en VItamines !. CONsomme du bio
de ta région, des producteurs loCAUX.
Comme ON A du temps, profitons-en pour lire l’histoire des CORONS ou celle de la NAVY
US ; rêvons à de prochains voyages, comme par exemple une croisière sur le RHÔNE ou en
Nouvelle Calédonie pour admirer les baleines et les CORAUX.
COmme ON A du temps à nous, soignons notre CORPS. Pas de statut QUO, pas
d’atermoiement ! VIve le qi cong ! VIve la marche à pied ! Et pour améliorer notre souffle
VItal, montons les étages à pied, lentement d’abord, puis de plus en plus VITE ou jouons de
la flûte, du COR ou de la trompette. Mon AVIS est qu’il faut se bouger même en étant
CONfiné !
Et les amis, je suis en COlère : ne RUSez pas, ne vous Ruez pas sur les produits. Et si vous ne
respectez pas le confinement, il faudra vous serrer la VIS avec des amendes CORsées, assez
CORsées pour vous CONvaincre.
Et je COMprends l’IRE des médecins, l’IRE des soignants, de tous les aidants, de tous ceux
qui contribuent à les aider. Amis il y a de plus en plus de malades. Les lits manquent, on
doit en transporter de CORse sur un NAVIRE vers le Continent !
Mes Amis, le soir je n’entends pas le son du cor, mais des applaudissements pour remercier
le personnel soignant, qui lui, EUSSE préférer que le confinement soit respecté. A l’AUNE de
mes connaissances, c’est-à-dire à mon AVIS, écoutez, suivez leurs reCOmmendations, aidez
le pays à lutter contre ce maudit « CONNARD VIRUS » comme l’appelle le jeune Gabin ! Le
personnel soignant vous en CONjure : Aidez-les en restant CON – FI –NES.
Mesdames, Messieurs les gouvernants, l’hôpital est pauvre comme Job, l’hôpital rôt le
balai, aidez le personnel soignant en leur procurant des masques et tout l’équipement
nécessaire qui leur permettra de remplir la mission qui est la leur : soigner, guérir et sauver
des VIES.
1 Être réduit, faute de bois, à brûler le balai pour se chauffer. Rôtir le balai est tout d’abord l’expression de la plus grande
pauvreté. Qui sinon le dernier des miséreux brûlera le manche et la paille de son balai pour se chauffer ? Qui si ce n’est un
affamé se donnera l’illusion d’un porcelet à la broche en faisant rôtir le balai qui est le sien ? C’est là le sens premier; triste à utiliser

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02 mars 2020

Edna marchait dans la rue

Edna marchait dans la rue avec son sac à provisions
quand elle dépassa l’automobile. Il y avait une
pancarte sur la portière : « je cherche une femme ».
Edna stoppa net, ripant ses sabots sur le trottoir bitumineux. Elle ôta ses
lunettes et son tablier à fleurs car elle aussi cherchait un homme. Cette petite
bonne femme cabossée par la vie n’avait rien perdu de son enthousiasme.
Elle croyait sincèrement à son karma.
Pourtant, cette voiture luxueuse ne lui inspirait que doute et malveillance.
Quel genre d’homme exposait ainsi ses manques et ses fantasmes. Etait-il
divorcé, veuf ou simplement pervers. Elle se pencha néanmoins à la portière
et découvrit tout d’abord un borsalino blanc et des gants de la même couleur.
Edna renifla de mépris se sentant soudainement mal à l’aise face à ce
monsieur au compte en banque visiblement bien rempli. Son attitude
guindée démentait formellement ses attentes affichées sans pudeur à la
portière. Mais elle sourit timidement et le salua d’un bonjour presque
inaudible.
Il tourna la tête et sourit à son tour.
Edna eut un mouvement de recul et une grimace de répulsion face à ce visage
ravagé d’anciennes brûlures rouges et luisantes. Quel malheur avait bien pu
frapper cet homme défiguré et apparemment seul. Mais son sourire fascinait
Edna comme un appartement inconnu dans lequel on se sent chez soi :
sensation bizarre et agréable à la fois……….
Il enleva ses gants d’un geste raffiné pour découvrir des mains fines
parsemées de poils blonds. « Bonjour ! Que diriez- vous d’aller déguster un
cocktail pour faire connaissance ? ». Il sortit de la voiture et s’empressa de
serrer la main d’Edna, décontenancée mais curieuse.

« Venez dit-il, je m’appelle Jo, je vous entraine dans mon monde ». La prude
Edna se laissa faire, charmée par cet homme laid aux manières de gentleman.
Elle ressentait une étrange attirance, peut-être leurs malheurs mutuels
résonnaient dans son âme.
Ils traversèrent la route et s’installèrent au bar du « REGENT » devant une
coupe de champagne. Leurs bouches muettes discutaient sans relâche et
leurs yeux se noyaient dans une profonde osmose intérieure.
Jo entraina Edna avec force et douceur à l’étage des chambres, le tapis des
escaliers étouffant leurs pas pressés d’en découdre. Edna en perdit ses sabots
qui dévalèrent les marches, tristes et abandonnés. Ils poussèrent la porte,
affolés et grisés, inexplicablement. Attirés et désirés, leurs corps se fondaient
dans une étreinte foudroyante et libératrice. L’amour fut d’une violence
sauvage, irradié du manque et fulgurant de plaisir.
Peu après, repue et exténuée, Edna se calfeutra seule dans la salle de bain,
immergée dans une mousse apaisante. Elle était embarrassée de cet instant
de pure folie mais qui réconciliait son malheur avec un bonheur éphémère et
volé.
Cette parenthèse n’est possible qu’une seule fois se dit-elle en regardant avec
nostalgie sa robe bleue avachie sur le sol. Il faut oublier ce moment
d’exaltation. Perdue dans ses pensées, elle caressait avec désespoir une
corbeille remplie de bigoudis de toutes les couleurs.
« Oui, ce fut une escapade arc-en-ciel »
Puis elle sortit de la baignoire, se sécha avec une
serviette et mit des bigoudis roses. Elle décida de ne
plus revoir Jo.

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