Texte écrit pendant un Atelier d'Ecriture sur les couleurs et le Pastiche.

On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Est-ce bleu, est-ce vert ? C'est difficile de juger, moi j'ai longtemps donné raison au bleu-vert... pour ne pas avoir un quelconque revers de situation et ne pas paraître trop sévère. Ceci jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort! "Donc, j'avais raison!" Par conséquent, j'avais tort! Tort de donner raison à des gens qui avaient tort de faire les malins, de se mettre à danser dans leur salon couleur garance, tort de refaire le monde en vous invitant à entrer dans la ronde. J'ai raison, non? Puisqu'ils avaient tort! Et sans raison encore! Là, j'insiste, parce que... moi aussi j'ai mes raisons que je ne donne pas : j'aime l'automne, les anémones jaunes et mauves et ces deux couleurs ne sont pas la base de notre discussion puisque je parlais du vert et du bleu. Ce serait reconnaître mes torts. Remarquez, j'en connais un rayon pour les laisser en rade, il y a le moyen de donner raison à des gens qui ont raison aussi : je leur offre la sève de fleurs imaginaires qu'ils placeraient dans un vase au milieu de la rotonde de leur maison. Mais là encore, c'est un tort. Il n'y a pas de raison, allons boire un verre, prenons un bâton de guimauve mauve, que nos yeux de nonne nous sauvent du démon.
En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort! Sauve qui peut, même les chauves, sortez de vos alcôves, tout ceci n'est qu'un simple polar où j'ai avancé au radar dans la faune qui rayonne joyeusement.
Françoise C.