Deux hommes de Yves LG

-         Tiens, bonjour Marcel, comment vas-tu ?

-         Comment vais-je ? C’est à dire que je suis endolori, meurtri, retranché dans mon domaine, ma propriété, mon domicile, j’ai peur de rester sur le carreau..

-         Le carreau des halles ou celui de la mine ?

-         Mais non voyons ! Plutôt la maladie tuberculeuse du mésentin, celle qui rend le ventre dur et tendu..

-         Dur et tendu, dis-tu ? Et tu oses te plaindre ? Ton carreau m’a plutôt l’air d’être la flèche de l’arbalète, grand hédoniste. Déjà adolescent, bel Adonis, tu adorais séduire endossant le masque dodécagonal du mikado pour mieux dominer tes proies difficiles et les rendre dociles pour atteindre la divine extase.

-         Tout à fait ! Mais ce temps n’est plus. Ma libido va descrescendo et mon état est le plus dommageable, le plus difficile, le plus meurtri, le plus désastreux qui soit.

-         Soit !…. Mais je ne suis pas dupe. Fais un gros dodo sur ce sofa, la tête posée sur ce carreau tandis que ta compagne passera le carreau sur ton pantalon fripé en contemplant le carreau de la fenêtre la vie qui coule dans la rue.