C’est une énigme. Les cueilleurs d’airelles sont perplexes. Ils ne trouvent que des myrtilles environnées d’abeilles. Adieu la confiture de montagne, la marmelade. Le miel de fleurs de châtaignes compensera leur dépit de ne pas trouver d’airelles. Sur leurs tartines, ils étaleront de la confiture, de la marmelade d’oranges amères.

Patience…. Vous avez dit patience…. C’est ce qui leur manque le plus lorsqu’ils gravissent ces pentes dédiées au ski l’hiver.

Patience et sucre pour goûter aux châtaignes roses qui ont remplacé les airelles et mettent du soleil dans leurs yeux alors qu’un iris, nom poétique de l’arc en ciel, envahit le ciel.

Ah elle est belle leur cueillette ! Patience !!! Patience….

Ils chantent des trilles et avalent des groseilles, savourent une friture, grillade que Maurice gagne lorsqu’il s’en prend au ciel…

Quel bonheur de penser aux anges de la science ! Patience, patience… Maurice, l’escrimeur, se place en fente, les jambes écartées. Il rassemble son ki, son énergie, méprise tout lucre de cette teigne morose qui lui vendrait des airelles…

Patience, patience, il compose un lai…

Pas de laie,
Pas de raie,
Pas d’ail,
Mais un aria,
Un air joyeux.
Il ira sur une île rare,
Il ira rire,
Il ira lire,
Sans railler ses alliés,
Patience, patience !

Aime Gee Aile