Debout mon fils ! approche toi, viens sur mes genoux, ce sera ton refuge. Je vais te raconter ce qui arriva ou peut être pas, autrefois, avant ton arrivée ou ta naissance, dans l’île des coquillages.

 

Gilda, une de tes aïeules, grand-tante lointaine, ne vivait que pour sa seule passion : le violon. Cet amour de la musique guidait sa vie. Elle rêvait aussi d’aventures, et s’enfuit le jour de ses 20 ans avec une caravane de gitans qui s’étaient installés momentanément dans le village.

Sa pauvre mère était désespérée, elle n’avait eu qu’un souhait pour sa fille : un mariage heureux avec un gentil garçon du village. Son rêve s’écroulait, qu’allait il advenir de sa fille ? de mauvaises langues du village racontaient que les gitans revendaient les filles, et qu’on ne la reverrait plus.

 

Gilda passa une folle année parcourant l’Europe, sans garantie toutefois de revenir au village. Cette ouverture sur le monde étaient un véritable ravissement. Elle se fit construire une marionnette, violoniste comme elle. Chemin faisant elle l’utilisait dans les représentations, concerts donnés devant des spectateurs pas toujours mélomanes. Mais son émotion était si forte, elle se sentait si proche de son idéal, qu’elle oublia toute raison. C’est avec ivresse qu’elle jouait sur scène avec sa marionnette. Elle finit par transférer toute son énergie dans sa marionnette au point de disparaître totalement en elle. Cette magie s’opéra durant la deuxième année après son départ.

 

La marionnette était belle, son habit avait une belle couleur fraise, elle portait des gants blancs quand elle ne jouait pas. Lors de chaque foire, ou fête foraine, elle avait la garantie de rassembler autour d’elle les enfants. Elle apportait la fantaisie dans les villages. Certains jeunes gens en tombait amoureux à la folie. Un jour alors qu’elle faisait ses gammes, elle ne perçut pas l’agitation qui grondait autour d’elle. Elle avait pourtant une sainte horreur du bruit. Ce jour là elle n’avait qu’un seul projet : le gain d’un octave. Un son aigu et strident s’échappa de son violon. Un assistant du petit thêatre dans lequel se déroulait sa répétition, prit peur.

C’est contre toute attente que la marionnette entra dans un vive colère. Elle jeta des graines de caroubier sur la foule en transe, et tel un mirage le calme revint.

 

Depuis ce jour là, finie la liesse des jours de représentation. Lorsqu’elle prenait son violon, le silence se faisait autour d’elle. Elle comprit qu’elle n’était rien face à la foule, que certains n’aimaient pas sa musique et surtout qu’elle avait été trop présomptueuse de vouloir gagner toujours plus d’octaves. La foule lui faisait peur. La déception de Gilda était grande, la marionnette dépérissait. Les gitans décidèrent de recréer un lien avec sa vie d’avant. Ils lui confectionnèrent une poupée, poupée de cire qu’ils appelaient « la nièce ». Gilda, marionnette triste, s’interdisait depuis toute licence ou liberté, dans la composition de ses morceaux. Ainsi elle perdit petit à petit goût à la vie. Durant la troisième année après son départ de l’île aux coquillages, elle se retira du monde et délaissa la musique.

 

Telle une reine triste, elle se retira dans une serre à l’abandon. Sa couleur fraise commençait à faner. Un silence absolu régnait dans la serre. C’est alors qu’elle s’essaya à la science, à la botanique. Elle étudiait, en lisière de la serre, un jeune lierre qui s’accrochait avec vigueur aux arbres alentours, les entourant, les agrippant, et les travestissant sans pour autant que la résine des pins y soit pour quelque cause. Contre toute attente, elle prit de plus en plus plaisir à observer autour d’elle la nature, et la vision des frasques du lierre déclencha même chez elle un bel éclat de rire, qui parcourut le pays tout entier. On l’entendit rire dans l’île aux coquillages. Là-bas sa famille qui continuait à l’attendre, sut qu’elle reviendrait bientôt à ses racines.

Les oiseaux envahirent la serre, leurs chants musicaux délivrèrent la marionnette de ses fils . Gilda revint à la vie, à la musique, elle retrouva ses parents, elle se mit debout et réussit sa résilience.

 

Cette histoire est peut être vraie, elle se raconte depuis des générations dans notre famille. C’est à moi aujourd’hui de te la raconter. Souviens toi mon fils que dans la peine, après un choc on peut s’épanouir à nouveau. Le silence, l’observation de la nature, et la connaissance sont des trésors pour parvenir à la résilience.

 Ariane Gastal

 Nombre : 30 

Fantasmagorie

Fils  magie transe

Arrive  fraise  mirage

Naissance gant

Tante foire

Amour garantie

Souhait fantaisie

Mariage folie

Année gamme

Garantie agitation

Ouverture sainte

Ravissement gain

Ivresse assistant

Energie graine

Résilience

Liesse – silence – lien, - nièce – cire – licence – reine – serre – science – licière – lierre – rire – résine – sens – île

Mots à rajouter :

Debout, refuge, gitans, mère, rêve, marionnette, chemin, représentation, émotion, raison, peur, colère, monde, musique, surprise, résilience