La grenouille, toute en rondeur, sauta avec un sifflement rageur.
Dans le ruisseau, elle venait d’apercevoir un rongeur
Dans un souffle, elle hoqueta, perchée sur de la mousse.
« Sire rongeur, ne coupe pas, je t’en prie, toutes les pousses ! 
Si travailler plus pour gagner plus est un adage,
tes assauts dans le ruisseau seront des ratages !
Car, je m’évertuerai à t’envoyer une ronde de moustiques et de mouches.
Tous sauront, ce n’est pas de la frime, à tous les coups faire touche ! »
Rusée comme un renard, la grenouille sauta sur le chemin.
Elle avait aperçu un cheval mené par un gamin.
Ce rondouillard avait une bonne bouille.
Ce n’était, certes pas, une fripouille.
Les cheveux bouclés, la chemise en vadrouille,
Ce gaillard mâchait un brin de fenouil.
La grenouille l’observait et voulut s’en faire un allié.
« J’ai besoin de ton aide dit-elle au chevrier,
Le rat et les ratons, des roseaux, coupent toutes les pousses.
Pour les chasser, envoie donc ta minette rousse. 
Elle les fera filer comme des lièvres près du chêne,
Et moi, je pourrai me réjouir de cette scène ! »

En ce monde, il se faut l’un l’autre secourir.
2/5/2011 AimeGeeAile