Si j’étais le do…..  par Anne G.

Si j’étais le do, je chanterais toutes les doléances du monde.
Je clamerais les misères des hommes avec sollicitude.
Je crierais l’urgence de mettre fin à ce foutoir.

Si j’étais le ré, moi, je dirais la chance qu’ont les hommes, mais avec prudence.
Ils peuvent vivre en colonie comme des fourmis, ou en silence comme  les lamas.
Ils peuvent rêver devant la télévision dans un faré en buvant du poiré.

Si j’étais le mi, j’aurais plein d’amis et je ferais des origamis avec do et ré.
Je ferais des arpèges, je donnerais des cours de solfège.
Je créerais des minauderies qui finiraient certainement à la corbeille.

Si j’étais le fa, je m’alanguirai sur un sofa en buvant une dodo.
Ou je ferais une trêve sous un parasol en buvant un Bartissol.
Ou j’attendrais le signal de mes compagnes de la gamme pour entamer un blabla.

Si j’étais le sol, j’interpellerais le soleil qui fait grève en ce moment.
Je chanterais un fado pour rassembler tous les dodos réfugiés dans n sous-sol pour rompre ma solitude.
Je jouerais au milieu d’eux à mille lieues des calamités et des futilités ordinaires.

Si j’étais le la, alors là, à cette latitude je m’envolerais loin des fâcheries.
J’oublierais toutes les humaines boucheries.
Je voguerais avec mon tralala et un bouquet d’alfas et de callas.

Si j’étais le si je vous dirais merci et même peut-être en farsi.
Je vous emmènerais dans mes rêves en omnibus.
Je crierais que nous ne sommes pas des utilités mais des nécessités.

Si j’étais l’ut enfin, je vous donnerais toute la musique de mes amies les notes.
Je les égrènerais sur un luth avec drôlerie pour vous faire sourire.
J’essaierais de vous réconcilier avec le monde, ses particularités, l’utérus de notre vie ici.
Mai 2012