Avant le vide,il y avait les couleurs,
Beaucoup de teintes s’entrechoquaient,
Caramel, carri, orange, violet.
Dans ce jaillissement de peintures,
Elle surprenait cette laque sans aucun positionnement,
Feuille de rosier en déroute,
Gommant tout modèle préétabli.
Hélas, un tisserand passant par là s’en empara.
Il lui fallait posséder la lumière
Jouant comme un amant sur les rubis,
Kaléidoscopes dansant sur un fond noir.
L’artiste voulut lui chercher querelle.
« Mon ami, lui dit-il, tu n’es pas marrand,
Nous bissons toutes les teintes selon leurs nuances
Or, jaune, rouille pour les couleurs d’automne !
Peindre est notre joie de vivre !
Quel scélérat es-tu pour oser t’en emparer ?
Retourne à ta quenouille dans ton caravansérail ! »
« Silence l’artiste, répond le tisserand,
Tu feras un vitrail sans aucun pinceau
Universel comme un Bréa !
Vivant le monde comme un immense musée d’étrangetés
Watteau, Ingres ou Picasso
Xylographie-les, ils resteront pour l’éternité
Y questionnant à jamais le silence,
Zen pour toujours
Aime Gee Aile

Consigne :       Ecrire un abécédaire simple ou double en utilisant votre réservoir de mots évoquant les mots correspondant aux nombres choisis et comportant : " Vivre le monde en tant qu'un immense musée d'étrangetés. " Giorgio de Chirico