Solitaire, le voilier voguait librement dans le vent. Une tempête se profilait dans l'horizon. Niant sa légèreté, il fonçait droit devant. Et là, une chose incroyable se produisit. Le commandant se transforma en un amiral autoritaire. Soudainement, il se mit à vociférer des ordres à l'équipage naissant de son navire qui grandissait. Il approchait la vague scélérate. Elle était monstrueuse. A sa vue, beaucoup se seraient liquéfiés. Il n'en fut rien. Sérieusement, la galère était équipée de marins besogneux. Ils savaient ce qu'ils avaient à faire. Ce monstre gigantesque ne les effrayait point. Ses yeux noirs lâchaient des éclairs menaçant. Sa bouche cherchait à les happer. Superbement, et dans un élan inconscient, ils firent bondir l'embarcation au travers de ce mur de plus de 30 mètres. Là, notre amiral se retrouva projeté dans une utopie. L'île où il échoua n'existait pas. Pour se remettre de ses émotions, il se reposa sur la plage. Il scrutait l'horizon pour comprendre son aventure étrange. Serpentant allègrement, l'écume arrivait à lui. Elle l'invitait à une baignade joyeuse. Il hésitait. Quel danger le guettait encore? Ce qu'il vit quand il se retourna le terrifia. Saluant la mer, le sable se soulevait pour former une nouvelle tempête, bien plus terrible que la première. Un tourbillon énorme se dirigeait vers lui. Cette fois-ci, il était mort de peur. Il ne pouvait esquisser le moindre geste. Il sentait son souffle chaud. Stupidement, il allait être dévoré par le monstre. Il réalisait la traîtrise des hautes vagues. Leurs sournoises menaces allaient avoir raison de lui. Il ne voulait pas mourir. Il cherchait désespérément une solution. Subtilement, la fin s'approchait déjà. Le grondement monstrueux et gigantesque était tout proche. Aucune chance! Pensait-il. Il allait devoir payer pour sa témérité. Un instant, il ferma les yeux. Savamment, il s'imaginait pêcher paisiblement au bord de la rivière. La tempête faisait rage. Sa colère était terrible. Le mieux à faire était de courir vers la mer. S'il avait encore la possibilité d'y plonger! Il nagerait alors de toutes ses forces. Peu importe la noyade. Cette perte brutale serait une leçon pour les autres. Il valait mieux ne pas trop défier les éléments. Systématiquement, leur réaction était imprévisible. L'amiral était épuisé. Il préférait les silencieuses profondeurs des abysses. Au moins, il serait au calme. Il ferma les yeux et se laissa porter. Sensiblement, il senti le vent sur son visage. Il pouvait à nouveau respirer. A l'ombre de son arbre préféré, il s'était endormi en attendant que le poisson arrive à sa ligne.