Les odeurs et parfums de la mer…

                                          « Les parfums sont de puissants magiciens pouvant vous transporter au travers des années que vous avez vécues » (H. Keller) comme par exemple, l’odeur d’un coquillage putréfié     suffit pour accuser toute la mer » dixit Jules Renard. Il suffit ! Il ne  s’agit pas ici d’insulter l’iode ! Pour moi, c’est l’odeur de la crème Ambre Solaire qui a baigné de son empreinte mes souvenirs d’enfant.

 Je me souviens… de la petite pagode que mon père avait installée près de notre piscine, plutôt notre bassin. Pour faire aussi vrai que la mer, il en avait salé l’eau, objet d’un recel des provisions culinaires de ma mère. La mine de mon père, sa bobine devrais-je dire, était hilare car il avait aussi acheté un panier d’algues à un gueux qui rodait près du centre de thalassothérapie.  Ce n’était pas à dose homéopathique qu’il avait aussi fait provision, en plein mois d’août, de mazout pour chauffer notre piscine-bassin. 

 Enduite de la tête aux pieds d’Ambre Solaire, je faisais ancrage à l’ombre de grandes fleurs mais j’étais parfois en pleurs car le printemps avait fait place à un été épuisant. En plein mitan de la journée l’eau salée du bassin-piscine fumait et malgré la protection de la crème solaire, je cuisais ! Alors, je rêvais d’une ramée près d’une chaumière à l’abri de la lumière solaire car, «j’aime l’odeur de la crevette mais pas au point d’en manger » (Ylipe).

 Cependant, pour faire plaisir à mon cher père, je barbotais quotidiennement dans cette

eau-salée-chauffée jusqu’à la fin des vacances.

 Le parfum de l’Ambre Solaire qui venait d’atteindre à l’improviste mes narines a fait revivre ces souvenirs lointains. Mes parents bien sûr, mais aussi la pagode, sel, algues, bassin-piscine, mazout, eux aussi s’étaient donc réfugiés dans l’anse de ma mémoire !

 Jeannine D.

Mai 2015