Une page de vie, même assagie, s’écrit comme un vrai mystère et parfois son chemin dévie de son cours, dévoile et provoque l’étonnement.

Un matin de février, Baptiste, un Africain qui ne connait pas la neige, débarque en France. Une guerre entre son pays et les pays voisins provoque l’invasion de la savane où il vit. Un simple désaccord, sans aucune discussion pour le désamorcer, a dégénéré en conflit, puis en guerre.  Or ce matin-là, Baptiste s’était levé du bon pied pour aller chercher de l’eau à la cascade où seuls quelques pinsons troublaient le silence.  Il y fut fait prisonnier.

Sous un ciel constellé d’étoiles, il eut une évasion burlesque, je dirais même croquignolesque, grâce à un cirque qui voyageait avec ses saltimbanques jouant le rôle de sauveteurs.

Après un voyage en avion puis en bateau Baptiste émigre et débarque à Saint-Mandrier. La dernière partie du voyage est très éprouvante pour lui car il n’a pas le pied marin. Dès son arrivée, il est assailli par l’odeur de mimosa, fleur emblème de ce coin de paradis, lui qui ne connaissait que celle des tigres et des marigots ! Ce parfum déclenche un déclic dans son esprit.

Baptiste a l’œil vif et l’odorat aiguisé Après de nombreux entretiens avec ses bienfaiteurs, il a l’idée de planter du mimosa. Il a le don d’observation et la magie d’un prestidigitateur, un caractère tenace provoquant chaque jour l’étonnement de ceux qui l’entourent, découvrant de nouvelles qualités, chez ce jardinier qui, malgré les épreuves subies, a toujours une chanson à la bouche.

Ses nouveaux amis lui prêtent une restanque et c’est là qu’il commence la culture du mimosa. Habillé de pied en cap en jardinier, il oeuvre chaque jour pour améliorer ses mimosas. Petit à petit, n’ayant pas les deux pieds dans le même sabot, il ajoute d’autres plantes à la culture du mimosa. Il plante du cerfeuil pour améliorer non pas l’aligot, mais le pot-au-feu de ses amis aveyronnais. Pour protéger du soleil ses plantations, il construit une serre en paille.

A l’anniversaire de son arrivée dans Saint-Mandrier, il cueille du mimosa qu’il dispose sur le sol en arabesques. Le lendemain, dans un grand tintamarre et en musique, ses amis assistent à une grande fête pour célébrer sa serre, son plaisir et son orgueil !