Savez-vous, mes amis, que naguère le cirque était un symbole de mystère et de voyage, symbole d’un bouillon de vie. Il offrait aux spectateurs un théâtre où le surnaturel et  la magie s’alliaient au rêve. Il ne fallait pas avoir les pieds sur terre, mais se laisser envoûter.

Le cirque a un parfum de surnaturel et semble toujours vivre sur un grand pied. Tous les cirques rivalisent entre eux et se mettent sur le pied de guerre pour conquérir le public. Rien ne les arrête, pas même traverser les océans.

Souvent leur spectacle nous transporte au seuil des domaines aquatiques où l’eau peut jouer un grand rôle. Il nous transporte parfois dans des marigots qui n’arrêtent pas l’invasion, non pas de moustiques, mais de monstrueuses fourmis rouges ne craignant ni les grenouilles, ni les odeurs surprenantes qu’elles dégagent. Des clowns, personnages croquignolesques et burlesques tiennent avec énergie le rôle des fourmis rouges et des grenouilles. Ils se poursuivent et s’élancent en formant des arabesques drôles et invraisemblables au son d’une chanson rythmée par des couplets répétitifs….

Ce spectacle fait briller les yeux ravis des enfants qui s’agrandissent lorsque les tigres sont annoncés. Dans l’œil des tigres se lisent l’orgueil,  la férocité et la rivalité qui les opposent. Vont-ils partir en guerre ?

Le silence règne alors, subtil et palpable… Tous les sens des spectateurs, en particulier ceux des jeunes garçons sont en éveil. Même les partitions de musique s’arrêtent, pas une feuille ne tremble ou ne bruisse…

Silence…

Silence…

Soudain, bigre !!!

Que se passe-t-il ? Un des tigres, qui, entre nous, ne se mouche pas du pied, a sa curiosité aiguisée par une lueur qu’il aperçoit très haut, très haut….

Il s’élance, grimpe vers les étoiles  de la voie lactée, tout en haut du chapiteau

Comme au théâtre, le rideau tombe en musique