Je pars, je prends le bus pour aller chez ma mère. La bagnole ressemble à la guagua qu'on prend à Cuba, toujours en retard, dans un état tellement ravan qu'on a du mal à se persuader! Pas rare qu'on s'écrase une barbarote en s'asseyant, on entend souvent un léger " crac", c'en est une; on en a tous une sacrée fourre de toute cette saleté! Eh, peuchère, comment aller à Roquefort la Bédoule autrement? 

Oscar, le chauffeur balèze roule tout en barjaquant d'un bout à l'autre du voyage, que tous les bras cassés du bus sont tout ensuqués et même fracassés quand ça s'arrête. Je vous parle pas des gamelles pour les empégués qu'ont pas eu la temps de dessaouler tout au long de la route ...et y en a!

Oscar, souvent, y fait le mourré, on comprend pas trop à cause de qué. Son boulot l'emmerde sûrement....! Encore un matane d'enfant gâté. L'a qu'à bosser sur sa bécane, l'aura plus degun à causer avec. Bye bye tous les fadas du bus, hello Oscar solo! On est presque à bon port.

 Zut, une bougnette sur ma jupette, mama va mater que ça! Ca commence à bouléguer au fond du bus. On attaque la calade avant le carrefour. Deux cagoles s'emboucanent sur le bas-côté, une femme secoue sans gêne son estrasse à la fenêtre, le père Paulo balance sa gamba fouola comme à l'accoutumée, ça sent le pays....

Maman a juré de se décarcasser pour me régaler avec sa tarte aux pébrons. Elle n'a pas la bambane, pourtant, quel cordon bleu! Après ça, je rêve d'un bon penec sur la véranda, à l'ombre, Nasole, mon bon clébard couché tout près. Il est testard, pourtant, je l'adore. Jeunes, on a beaucoup joué au baratou, quelle galéjade!

 Allez, zou, chez maman.