L’été sera splendide au Bois Neuf, enfin bon, on espère parce que l’année dernière c’était plutôt nul. Pour le coup, les filles portaient des ras du cou et on leur voyait à peine les chevilles.

Alors splendide, on verra ; la grenouille locale semble généralement enrhumée.

Olsberg n’était pas spécialement ordonné mais il tentait l’inventaire de tous les personnages qui se promenaient sur cette place lors de cet été resplendissant. La foule errait dans tous les sens. L’hôtel surplombait la place.

Il va pleuvoir, Excellence ! clama Olsberg, le maitre d’hôtel au service de la maison depuis quinze ans. Le soleil avait brillé du 14 au 15 Aout et le reste du temps, pluie, grêle et tempête au programme.

Après son service, Olsberg rentra chez lui. Il lui arrivait de procrastiner mais aujourd’hui il rajusta son peignoir de bain autour de ses hanches et d’un pas décidé se dirigea vers la salle de bain.

Pluie ou pas, il avait planifié de se faire les ongles des doigts de pieds. Cela lui a pris du temps, sa minutie était une de ses qualités.

Le travail presque fini, il admirait déjà ses pieds dans ses tongs. Il avait une palette de couleurs. Il choisit le jaune fluo avec paillettes rouge fraise pour effrayer les éléphants.

Cette idée lui était venu car il était attendu au Safari avec Mortimer et Barbarella.

Il fallait bien que ses tongs lui servent à quelque chose. En effet, il était fier de ses pieds et heureux de les exposer sur le rebord de la fenêtre. Il se détendait malgré les cahots du 4X4. Il ne s’aperçût pas que la voiture ralentissait. Un zèbre s’approcha d’un peu trop près et lui piqua une tong. Olsberg dans un geste brusque se redressa et mis ses pieds au sol.

Mortimer ne put s’empêcher de ricaner et Barbarella n’avait qu’une envie, se délecter de ces petits petons brillants.

Finalement, Olsberg était assez content de sa journée.

 Lucie Langlois