CONSIGNES : 

1 - Ecrire en vertical un mot cité au hasard par un des participants, ici se sera embouteillage (ayant subi un bouchon de plus d’une heure). Puis en écriture instantanée écrire les mots qui vous viennent à l’esprit commençant par les lettres du mot choisi. Dans une deuxième colonne écrire une rime du mot de la première colonne.

2 - Avec ces mots, remplir le texte à trou qui vous est fourni sous forme de bribes de phrases, n’ayant aucun lien entre elles et composez un texte avec une thématique cohérente.

 

Dans la joyeuse troupe Paul était à part. Monsieur Paul, souvent embrumé, s’enfermait régulièrement dans sa chambre. Il allumait parfois la forge pour se rendre utile. Mais cet après-midi là, le visage grave, il s’était assoupi. Son roman en cours de rédaction, n’arrivait pas à le captiver. Ah oui j’allais oublier le titre de son roman : le Ramadan du colibri.

Endormi dans son appartement au look particulier, il ne pouvait pas soupçonner ce qui allait se dérouler. Etourdi, comme à son habitude, il alluma la mèche invisible de cette rocambolesque histoire. D’habitude, la petite entrée biscornue lui faisait venir les sanglots. Mais là, les deux portes ouvertes avec lenteur, furent l’occasion de découvrir un monde merveilleux.

Il se réveilla en douceur et comme porté par un tapis volant magique, il fut happé par un monde extraordinaire. La prudence lui interdisait d’aller plus loin, mais une odeur de brise mentholée excitait sa curiosité.

Dans une pièce voisine qu’il venait de découvrir en poussant une porte grinçante, une femme aux contours évanescents, surgit d’un nuage de vapeur. Elle rit avec vigueur. A la vue de Paul, elle se mit à entonner des chansons dans un patois celtique. L’expression de son visage était énigmatique. A un moment, elle prononça trois mots de louange qui lui serrèrent la gorge. Il supplia son âme de faire marche arrière.

L’être aux contours estompés, qu’il croyait être une femme, était à présent entouré de flammes. Cet allumé, ne cessait pourtant de sourire. Sa voix se faisait plus forte, devenant dominatrice. Après quelques hésitations, Paul reconnu en cet être, le diable.

Face aux incantations du malin, il raconta son enfance en cinq phrases remplies de fantasmes. A ces mots, l’être maléfique tourbillonna sur lui-même. Un vent glacial entra dans la pièce. La terreur s’empara de Paul. Pourtant céder aux exigences du malin, ce n’était pas dans sa nature.

Le diable était à présent ivre de colère et comme par magie, il gravissait une montagne aux parois abruptes surgie de nulle part. Paul dégoulinant de sueur, essayait de s’enfuir, mais les derniers mètres étaient franchis avec peine. L’altitude faisait son œuvre. Cette simple idée de tomber dans les mains du Diable le faisait frémir.

Au fur et à mesure qu’il avançait dans cette montagne inconnue, Paul découvrait de nouveaux paysages. Il devenait difficile d’avancer dans ce dédale labyrinthique, d’une vastitude sans égal. A présent, égaré, le carnage absolu était sa prochaine étape. Il s’arrêta quelques secondes et se dit : je n’aurai pas cru en arriver là.

Mais Satan le rattrapait et toute sa vigueur l’abandonna. Une sensation étrange s’empara de lui. Il se réveilla lentement. Il faut dire que la veille au soir, il avait consommé des breuvages aux origines douteuses.

Il réalisa que tout ce rêve lui avait phagocyté l’extrémité de ces terminaisons nerveuses. Mais cette petite mise en scène, bien futile, lui avait quand même bien excité les neurones. A présent, il prenait conscience de la puissance de l’esprit pour l’entraîner dans un monde fantasmagorique.

A ce moment précis, une étonnante et improbable mésange à queue rouge vint frapper à sa fenêtre. Il voulu tirer ce mystère au clair. Mais comme par magie, il se rendormit et sombra à jamais dans l’oubli.