Douceur, c’est la sensation qui me vient après cet après-midi de labeur dans les champs. La sieste  a été salutaire dans cette heure chaude d’été. La présence de la montagne souveraine calme mes sens échauffés. Le bonheur du geste juste et l’ardeur à l’ouvrage furent mes Everest en ce mercredi !

La tiédeur, maintenant, dans ce crépuscule naissant qui se nimbe de garance, de parme et d’or, gagne mon cœur.

La simplicité du moment et la liberté d’être qui m’accompagnent, sont toute ma force. Dans ces ascensions quotidiennes pour rejoindre les restanques, je m’émerveille de la sensualité des fleurs dans le vent léger. Leurs couleurs m’offrent chaque jour la chance de me réjouir intérieurement.

La gaîté emplit mon corps. L’agilité de mes pieds sur l’écorce terrestre, sans qu’aucune tension musculaire ne se manifeste, m’enhardit. Les odeurs et la langueur me plongent dans une révérence silencieuse. Une gratitude infinie m’enveloppe alors de ses bras tendres.