Il était arrivé la veille sous un grand chapeau élimé
Longé le lourd lavoir en calcaire déformé 

Un curieux rayon de soleil l’éveilla.
Le bruit d’une tasse qu’on déplace l’agaça.

Ils étaient dehors au coin de l’épicerie.
Il descendit les marches qui grimaçaient sous son poids.

Puis vira se frottant aux tables qui ravageaient la salle.
La porte claqua, le chat glissa sous le comptoir.

Depuis la colline un vent nerveux dégoulinait.
Il remonta le store sans crier gare !

Dehors le grand pin prisonnier de bitume s’ennuyait.
Les gars s’alignèrent sans payer de mine.

Il sorti son colt qui s’enroula.
La rue étirait ses pavés lustrés.

La peur le saisit.
Un trop plein l’écrasait.

Le coup parti sans faire rire.
Sur la cloche la balle avait cogné,

L’homme tomba sur les chaises molles de la buvette.
La terrasse en pris ombrage.

Les commères se levérent en bande.
Puis un rat se faufila.

Monsieur le maire ronflait.
L’écharpe tricolore se mit à cracher.

Une plainte amère déchira le silence.
Le croque-mort jeta de la terre.

La croix du cimetière s’était penchée à genou.
Les cartes postales dégringolèrent.

 La vieille dame refit sa cote.
Noêl pointerait son nez…

Atelier 11- scène d’action