Le chien qui s’était échappé du dog kennel avait embarqué des saucisses et de la choucroute pour
subvenir aux besoins de sa compagne. Ce n’était ni un Walt Disney, ni une mauvaise aventure, mais
bien ce stupide rêve qui hantait chacune de mes nuits depuis cet accident. Ce traumatisme était
ancré dans mon cervelet. Impossible de m’en défaire. Et pourtant la vie trépidante aurait du me faire
oublier ce songe, somme toute très basique.
Les samedis soirs et les nuits qui suivaient étaient toujours torrides. Alors pourquoi saucisse,
choucroute et chien me direz vous. Quel rapport ? S’agissait-il d’un chien alsacien ? Ou alors peut-être
un berger allemand ?
Et si c’était tout simplement une métaphore sybiline ? Par saucisse, faut il comprendre que la
personne qui avait pensé à cela était dyslexique et pensait à 6 sots. Et idem pour la choucroute bien
sûr et il voulait dire de la croute de chou. Bon que faire du chien ? A vrai dire en verlan, cela donne
neihc, soit presque Nietzsche. Alors peut-être était-ce l’écrivain à l’origine de cette stupide histoire.
Mais à la réflexion, je pense que je me suis égaré et qu’il était bien incapabe d’inventer une telle
histoire.
Mes amis à présent, un autre rêve remonte à la surface de mon cortex tel une madeleine de Proust.
Me voici maintenant affublé d’une tomate, d’aimer et d’un porte- jaretelle. Alors là, soudain
Nietzsche se précipite bien sûr. Son sujet Hector aimait à la folie une dénommée Sébastienne. Il est
évident qu’à la vue des jambes de Sébastienne, il ne pouvait que tomber en admiration. Et pour les
aimer, en fait il en était raide dingue. Mais le fin mot de l’histoire, le savez vous ? Eh bien en fait, ses
bas se tiennent sans jaretelle (Sébastienne sans Jaretelle)…
Nietzsche serait il capable d’écrire de telles sotises ? Non je vous l’accorde ; il était bien au-dessus de
cela. Mais le cranberry aidant, je me suis laissé porté par la couleur rouge. Mon esprit troublé par ces
mots barroques fut un instant capable de croire que c’était un bon Saint Emilion digne des meilleures
années.
Mais revenons à Nietzsche, sa plume d’oie crissait sur le parchemin. Et patatra, il faut tout
recommencer. Le facteur vient en effet de livrer un nouveau colis contenant rouge, pyramide et
Georges.
Pour Georges Sand, là c’est un mystère, il ne pouvait pas la connaître, pas plus qu’Alfred de Musset.
Ou alors, on nage en plein délire. Mais rouge, là il va sans dire que cela évoque tant de choses. Le
rouge et le noir ou alors le rouge sang impur des combattants. Mais on peut y voir aussi le rouge à
lèvre d’une dame de petite vertu. A la réflexion peut-être parlait- on du thon de Méditerranée.

Mais au fond je suis stupide, c’est peut-être encore un coup du dyslexique. Pour rouge fallait il
comprendre jeux de roux ?
Mon Dieu, voilà de nouveau le facteur, cet urluberlu de facteur qui vient me livrer de nouveaux
vocables.
Potiche, voilà le petit dernier livré. Peut-être un diminutif de potache. Fastoche me direz vous ! Mais
potache prononcé à l’allemande, on voit tout de suite, un potache bien chaud !....Mais potiche et
pourquoi pas pastiche dérivé de pastis ? Non mais mon pauvre Nietzsche, tu déraille complètement,
arrête tes galégeades. En verlan , potiche cela donne che ti pot ce qui donne en patois Chtimi : ce ptit
pot. Et pas si sot ce petit pot.
Mon Dieu, mon cerveau entre en totale ébullition.
Mes neurones sont en perdition.
Mes synapses entrent en collision.
Mon esprit flirte avec délectation.
Me voici propulsé sur Orion.
Que faut-il comprendre de toute cette agitation ?
Ai-je écris un poème, des alexandrins, ou un boustrophédon ?
Mais comment puis-je sortir de telles contradictions ?
Et oui au secours, enfer et damnation !
Nietzsche, vient moi en aide, sinon je suis en perdition.
Bien affublé de mots sans relation, me voici en prison.
Mon dernier, l’ultime, c’est pyramide. Et là je donne ma langue au lion, oh pardon.
Oh non c’est trop facile et dans une dernière pirouette littéraire, je me dois de rendre hommage à
Champollion…

Etienne Koch