Penserais-tu que je rue à hue et à dia entre mes quatre murs. Et bien,
na ! et l’eusses tu cru toi-même, ma vie et mes us ressemblent un peu aux tiens, à mon corps
défendant…Oh, car comme les tiens sûrement, mes cheveux poussent, mes cors aussi, il n’y a pas
plus de coiffeur que de pédicure qui tiennent. Jamais on ne vit une telle pénurie de vanités diverses.
Mes nikes restent au placard mais mon plumeau et mon aspirateur ne virent jamais autant d’activité.
Je chasse cet autre infiniment petit, qu’on peut au moins voir : la poussière.
Je fais fi des coraux, des corons, de Vire, du pays de Caux et de la nostalgie car j’ai un œil permanent
sur le monde grâce à la télé, internet et les réseaux sociaux. Je ris beaucoup finalement, il y a tant
d’humour qui circule. C’est un excellent vaccin… Je m’émeus devant la solidarité et le fait qu’on
sache reconnaitre ce qui est utile à la survie d’une société, c’est une sacrée leçon, même si je
regrette souvent les polémiques qui tentent de nous diviser. J’analyse les avis en cherchant à garder
confiance. Je n’ai pas encore réussi à me mettre à la méditation, c’est encore un excellent futur
projet.
Je suis donc moi devenue boulimique d’images et d’infos, me voilà addict et capable de rester des
heures sans bouger et sans me sentir utile si je tâte le pouls de ce cataclysme à l’aune d’un
amusement sarcastique pour contenir mon ire. On a vu ce ru chinois devenir un tsunami, on a vu
Macron en charlotte courir après des masques et des respirateurs jusque dans le Rhône, Trump en
déconfiture faire venir un navire hôpital de l’U.S Navy à New York, le russe Poutine confiner Moscou,
les policiers indiens carrément bastonner ceux qui ne respectent pas les ordres, et surtout les
politiciens de tout bord accepter le statu quo imposé tout en cherchant un bouc émissaire! Ah je vis
des moments fabuleux ! Le printemps est là, et, grâce aux images des drones, je visite les villes
comme nous ne les avons jamais vues, désertes, propres, bien dessinées, bien vertes et fleuries,
irréelles comme cette situation inédite.
700 millions de chinois et moi et moi et moi…. ! Ce matin je chantonnais ce refrain de Dutronc sous la
douche. Amusant non ? Mais revenons à plus sérieux : C’est au Louvre que tu verras plusieurs
œuvres de Corot quand la normalité reviendra, sais-tu que Baudelaire avait été touché comme toi
par son « infaillible rigueur d’harmonie », sais-tu aussi qu’un de ces jours les avions revoleront et
nous rapprocheront…
Hisse et haut l’espoir des retrouvailles et garde à nous !
Ruth