02 mars 2020

Edna marchait dans la rue

Edna marchait dans la rue avec son sac à provisionsquand elle dépassa l’automobile. Il y avait unepancarte sur la portière : « je cherche une femme ».Edna stoppa net, ripant ses sabots sur le trottoir bitumineux. Elle ôta seslunettes et son tablier à fleurs car elle aussi cherchait un homme. Cette petitebonne femme cabossée par la vie n’avait rien perdu de son enthousiasme.Elle croyait sincèrement à son karma.Pourtant, cette voiture luxueuse ne lui inspirait que doute et malveillance.Quel genre d’homme exposait ainsi... [Lire la suite]
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02 mars 2020

Un matin, je décide de m’évader.

Un matin, je décide de m’évader. Et d’entrer en libertéintérieure. Je deviens une bouchée de brioche onctueuse. Je glisse entremes dents et flirte, au passage de la luette, avec les gardesdodus d’une descende vertigineuse. Je glisse lentement contre les parois élastiques de monœsophage. J’ouvre les yeux dans ce toboggan visqueux auxénormes amortisseurs qui me ballottent en douceur. Je heurte le clapet d’entrée de mon estomac et me voilàpropulsée dans une mélasse sulfureuse qui me désagrège. Jeme sens déboussolée au milieu d’une... [Lire la suite]
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02 mars 2020

Ils se croisent

Ils se croisent une fois de plus. Leurs regards se captent, attentifs et effrayés d’une attente inconsciente. Leurs pas ralentissent, invitation invisible à une promesse forte et obsédante.   Le dallage de la rue escorte ce ballet dans l’hésitation d’une rencontre tricotée de silence à la fois curieux et impatient.   Chacun sa route, chacun son destin mais tous les deux sentent une croisée de vie en ombrage, au milieu de cet été en dérive de soleil.   Jean sourit, porté par un désir de renouveau, fausse... [Lire la suite]
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01 avril 2018

« Alors buvons une tasse de thé ! »

« Alors buvons une tasse de thé ! » C’était le sésame du début des mercredis après-midi quand ma mère invitait sa sœur pour d’interminables dialogues de sourd qui empestaient le tabac. Cachée sous la table du salon, j’assistais avec délice aux joutes dévastatrices de ces deux âmes complices. Je me vautrais sur le tapis, en lévitation, envoutée par la guerre du pouvoir de la parole, entre fâcherie et rabibochage. Quelquefois, César mon chien se lovait contre moi et son poil duveteux me projetait dans un demi sommeil... [Lire la suite]
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