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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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22 juillet 2024

Pris au piège.

Pris au piège.
« C’est tout moi ça ! » pensait Cristobal. À peine remis du décalage horaire dû à son arrivée de Paris au Mexique, constatant qu’il avait oublié de prendre une valise en quittant son appartement, il n’avait emporté qu’un sac à dos et une mallette riquiqui. « et bien je devrai faire avec et puis c’est tout. À vouloir toujours faire 1000 choses à la fois comme un jeunot, c’est forcé de faire des conneries. Bon, en attendant il faut que je me dépêche pour ne pas rater le car pour Xamiltepec. »
Cristobal poussa un gros soupir et fila vers la gare routière, s’engouffra dans un car déjà bien rempli. Il se retrouva coincé contre une indigène habillée de son huipil coloré, un chapeau posé sur une chevelure noire avec un visage sans expression. Pris d’audace il lui demanda si elle habitait à Xamiltepec. Malgré sa bonne connaissance de l’espagnol, sa question n’eut aucun écho et le visage de cette femme resta figé, comme si répondre aurait brisé un secret.
Quelques heures plus tard, le car s’arrêta sur une place déjà brûlée par le soleil. Cristobal, descendit du car et dès sa première impression Il comprit que c’était un endroit qui ne lui apporterait que déception. En réalité, le but de son voyage était Oaxaca mais il avait pensé faire d’abord une étape à Xamiltepec. Il se dirigea vers l’hôtel qui était en face de lui et, trempé de sueur il y entra. Il n’y avait personne à l’accueil. Il entendait des voix venir du patio. Il y alla et passant devant une chambre ouverte, il vit la literie dénudée de tout drap. Constatant l’état déplorable du matelas, il fit aussitôt demi-tour et quitta l’hôtel. Il décida de parcourir la ville pour trouver une chambre correcte. Peine perdue, la léthargie qui pesait sur les lieux annihilait toute curiosité. Finalement il décida qu’il passerait la nuit dans la gare des autocars. Il s’y rendit et chercha un endroit où se poser. Le foule impassible patientait entourée de sacs faits de tissus noués, un porcelet gisait couché sur le sol les pattes attachées, collé à une fillette aux longues tresses noires, agrémentées de noeuds de couleur et de belles boucles d’oreilles en argent.
Cristobal était traversé par la surprise. Ce décalage entre la modernité de la grande ville, monstre tentaculaire dont la vibration continue était nourrie d’adrénaline en permanence et cette torpeur des petites villes dont ne sourdait que l’ennui. Ces vies parallèles dans un pays aux mêmes racines restaient une énigme. Finalement, il ne savait plus si sa curiosité était plus titillée par les civilisations passées ou la compréhension de ce syncrétisme, qui était celui du pays actuel. En réalité qu’importait ou non, l’existence de ces vieux remparts, de ces forteresses, de ces villes disparues, de ces temples redécouverts, si le monde d’aujourd’hui se contentait de tours vertigineuses, d’autoroutes sans fin se nouant et se dénouant à l’horizon. La nature du combat avait changé pour les humains. Ce n’était plus la conquête d’un territoire sur les forêts ancestrales ou sur les terres voisines, mais c’était la lutte dans un océan de technologies proclamées comme la source de bonheur d’aujourd’hui.
L’humain s’était affranchi de la contemplation des mystères de la Voie lactée, ignorant le risque d’une chute qui ferait s’écrouler ces cathédrales de verre et d’acier.
Cristobal assommé par la chaleur, s’était assoupi. Chaleur moite qu’un pauvre ventilateur asthmatique tentait sans succès de chasser.
Il sentit une main lui toucher l’épaule.
- señor ya està el car.
- ah ! Gracias.
- hace calor !
- si hace calor …
Oui ça chauffe et cerise sur le gâteau j’ai perdu ma bouteille d’eau.

 
 
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