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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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14 janvier 2026

Glissement.

Toute petite déjà Isabelle rêvait d’être légère, légère, si légère qu’elle aurait voulu comme une plume, être balancée dans les volutes du vent. Elle rêvait de voler, de pouvoir atteindre les nuées pour s’emmitoufler dans les gros nuages qui traversaient le ciel.
Ses parents, comprenant son désir, lui offrir un Trampoline, qui l'a séduisit au début, mais très vite, ces sauts de kangourou la lassèrent. Dès qu’elle reprenait pied avec le sol pour rentrer, dépitée elle se sentait aussi lourde et maladroite qu’un éléphant.


Isabelle grandit ressentant toujours un manque de ne pas arriver à perdre cette pesanteur dont elle se sentait prisonnière. La nuit il lui arrivait de rêver qu’elle était une balle que les mains d’enfants joueurs envoyaient vers l’horizon. Quand elle se réveillait, elle pleurait comme une fontaine, retrouvant cette lourdeur qui faisait son désespoir.


Un jour ses parents lui proposèrent d’apprendre à danser. Un espoir l’envahit et ses yeux, dont le bleu avait la pureté d’une fleur de myosotis, scintillèrent de larmes de bonheur.


Très vite son corps souple conquit l’équilibre nécessaire au maintien de celui-ci sans cesse en mouvement. Elle se passionna et pouvait regarder pendant des heures, ces pas de deux, ces entrechats, ces tours sur les pointes et l’harmonie des corps qui se rencontrent, se touchent, s'enlacent. Elle voulait s’étourdir jusqu’au vertige. Elle ne rechignait pas à recommencer inlassablement ces exercices qui étirent le corps vers un but que des mains gracieuses cherchaient à atteindre.


Elle acquit très vite une magnifique maîtrise, grâce à ce dur labeur, car pour elle c’était un plaisir constant. Elle découvrait également que cette facilité et cette légèreté apparentes n’étaient que le résultat d’une technique virtuose. En réalité, le corps souffrait en silence, et le désir puisait sans retenue dans le réservoir d’énergie acquis avec la jeunesse.

 

Malgré son âge grandissant, sa mère n’avait pas perdu l’habitude de l’appeler "ma puce". Elle était en admiration devant cette jeune femme qui, enfin réalisait son rêve. " Que d’eau a coulé sous les ponts !" pensait elle. Elle avait compris également que sa fille n’attachait pas d’importance aux récompenses qu’elle recevait, mais qu’elle jouissait surtout de sentir son corps léger comme une bulle.

 

Parfois Isabelle restait immobile le regard fixant le lointain. Elle se laissait glisser alors sur le clapotis du lac sur lequel tournoyaient gracieusement, sans fin, les cygnes.

 
 
 
 
 
 
 
 
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