Le ricochet de la rime
À rimer en rigolant, Richard frisait le ridicule. Quelle tristesse pensait Christine. Il se grise à rimailler des frises rigides. Se sentant devenir sa rivale, elle brisa le crissant silence, et s’écria : « rigole ! Rigole ! Je suis étrillée. Tu n’auras plus prise sur moi. Tais-toi donc et vas rimailler ailleurs. Cours sur la rive de la rivière et pries de me perdre à jamais. Tu pourras danser le rigodon en ritournelle prisée. Triste ribouldingue pour un ripou. Tu es périmé. »
Christine prit son manteau est sortit ric-rac.
Richard méprisa cette sortie, prit un verre de Ricard, ouvrit la fenêtre, brandit son verre et hurla : « qui c’est qui fait risette à papa Richard ? J’ai assez trimé pour aujourd’hui. »Il se dirigea vers la cuisine, étripa de colère une mandarine. qui pourrissait dans un bol de riz. Il fit rissoler une étrille à la fraîcheur douteuse, s’arrima à la table toute brisée, en répétant pour la énième fois :
« Toi, il faut que je te ripoline. Risotto poil au dos, riz créole poil au col». Et il s’effondra sur la chaise.
Une brise traversa la pièce. Le gris du soir s’éprit de Richard. Le rideau tomba sur son visage ridé comme une ricotta desséchée. Rire est le propre de l’homme dit-on. Mais à quoi cela rime quand la grisaille éteint tout.