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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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16 février 2026

Le plus souvent, face à la page blanche, je n’ai rien à dire…

« Le plus souvent, face à la page blanche, je n’ai rien à dire » puisqu’elle n’a elle-même initialement rien à dire et, de surcroît, à me dire qui me soit raison à lui rendre réponse.

Je ne puis, je l’avoue, écrire comme l’on parlerait au vent. Ce dernier, on le sait de notoriété, éparpille, dissémine par petits bouts, toute matière vocale qui, par malheur, viendrait heurter son souffle séminal. Et ne parlons pas des jours où, venteux, il pleut également : pas un mot émis qui ne s’en vante, le voilà sitôt malmené, bringuebalé, aspergé, détrempé…

Alors, pour me sortir de cette impuissance innée, je recherche plutôt les pages blanches de couleurs, les criardes de préférence ! Et là, je ne puis le cacher, j’exulte, je m’ébroue, j’ose affirmer et, affirmatif en diable, je cloue mot après mot de mon style et de mon stylo.

Ivre des mots que je couche ainsi, il en est Une qui, allongée mais importune, me lance au visage – comme s’il était lui-même une page : « Vas cuiter, et rejoins moi ! ».

Je considère qu’il y a là deux arts incompatibles. C’est à Bogota, dans ses quartiers mal-femmés que j’ai découvert combien, pour la littérature, le lit est rature. Et pourtant, si, sur la page, le texte on peaufine, sur le corps sa peau fine sollicite autant la plume, sinon le sexe (par association d’idées) ; suivra le texte. La poule serait-elle ainsi, à l’exemple d’une page sans inscription, en attente de quelque griffe (non pas du clou du Christ) lui donnant à nourrir quelque grief en retour contre l’auteur à texte ?

Les temps ont changé : être à la page montre l’engeance non en marge mais en rage comme en action. Elle Le pousse violemment. Voilà qu’Il trébuche et tout à son étonnement, s’affalant, fait tache sur le plan de cuisine… Enfin un support, de ce nom digne, et à même de recevoir les inscriptions qu’une maitresse femme – femme de lettre – est en mesure de tracer du bout de son hachoir taillé comme une plume.

« Arrête ton char ! - lui lançai-je, incrédule - nous somme fait pour nous entendre de toute éternité, et nul mur érigé entre nous ne saurait nous en dissuader ! ».

Ne sommes-nous pas l’un à l’autre, dès l’origine, comme deux pages vierges liées, et bientôt si chargés de ces mots qui, continuellement, flétrissent nos chairs. Nous voilà ainsi comme livres ouverts, invités à se répondre incessamment. La récolte abondante de ces mots emplit tant nos étagères de bocaux vocaux en jachère que ça n’est point misère car, quand dans nos vieux jours, en panne de mots, en panne d’amour, religieusement nous ouvrirons - comme une page bordée de mots - de ces testaments, n’aurons-nous pas matière à nous dire à nouveau ?

 
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