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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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16 février 2026

Navire

Lui, l’indécrottable optimiste, dût déchanter.
Le gros poisson qu’il avait cru avoir attrapé dans son filet, (comment puis je parler ainsi de ma
sirène?, se reprit-il aussitôt), l’inaccessible étoile qu’il avait décrochée, s’était avérée être un
cauchemar.
Ma sirène, ma douce sirène, comme je l’aimais ! et là, comme à chaque fois qu’il la revoyait dans son
cœur, il faillit être emporté dans un naufrage de larmes.
Lorsqu’il l’avait rencontrée sur une île subtropicale, son souffle l’avait caressé ainsi qu’un alizé.
Lui, le capitaine, tempétueux, colérique, alcoolique, misanthropique, avait enfin trouvé son contraire,
qui allait l’empêcher de tanguer et lui permettre de garder le cap et le mener à bon port, à sa
destination finale, bref, à l’heure fixée de son trépas.
Chacun sait que dans la vie, a fortiori sur un navire soumis aux courants imprévus, aux embardées
capricieuses, l’équilibre, comme en toute chose, est indispensable.
Bien sûr, il savait que nul n’échappe à de menus défauts et même à d’énormes contradictions, N’est
ce pas le propre de la nature humaine ?
Mais là, force lui était d’admettre que la déconvenue avait été cruelle. Son alizé qu’il ressentait
comme une brise régulière et légère, s’était révélée une effrayante furie.
Il était temps qu’il largue les amarres, qu’il mette les voiles, et retrouve sa liberté, sa liberté chérie,
qu’il réalisa aimer plus que tout.
Il dût s’avouer que son côté un peu girouette, l’avait séduit au début. Quel sens a pour un navigateur
une vie en calme plat ? Était ce digne du grand homme qu’il était?
De plus, il serait mort d’ennui et en tenant la barre la nuit, face aux étoiles, sa fidèle bouteille de
whisky aidant, il aurait risqué de s’endormir et de fracasser son bateau sur un rocher.
Mais il n’avait jamais compris. Pour une raison mystérieuse, lentement, son alizé, sa boussole, se
mettait à hésiter. Puis, très vite, elle tournoyait telle un ravissant derviche tourneur. Sans doute était
ce pour ça qu’il ne s’était pas méfié. Elle prenait de la vitesse, la vitesse d’une turbine. Il ne la voyait
plus. Mais il l’entendait, ça pour l’entendre, il l’entendait ! Elle hurlait , elle s’époumonait face aux
vents. Elle s’agrippait au gouvernail avec une force surhumaine et il ne pouvait plus reprendre le
contrôle de son navire, reprendre la maîtrise de sa vie. Elle lui faisait peur.
Alors une nuit de tempête, les sachant de toute façon perdus, il s’était réfugié, seul, dans la cale.
Le lendemain, la mer était épuisée, le ciel serein, mais sa sirène avait disparu.
Autour du bateau, un dauphin, tout guilleret, faisait des cabrioles et des culbutes.Manifestement il
tentait d’attirer son attention.
-Que cherches tu à me dire, Dauphin? Tu sens que mon cœur est lourd et tu veux me parler
d’amour, c’est ça ?
Le dauphin se mit à frétiller, ses paupières à papillonner.
Le Capitaine se mit à rire et sauta sur le dos du dauphin.

Emmène moi vers ma dulcinée, mon ami. Tu l’as toujours su, toi, que j’étais trop ferré. Je veux
retrouver mon étoile, Dauphin, et l’aimer, même trop, même mal, et partir avec elle là où personne
ne part.

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