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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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26 mai 2026

Coup de foudre à Rome.

Déambulant sans savoir où il allait, Alexandre, alias Sandro, se retrouva accoudé au bar du Louxor. Ce vieux cinéma, fermé pendant longtemps, venait de réouvrir ses portes après une longue incertitude et le choix d’une restauration. Et Sandro s’y retrouva juste au moment de l’inauguration. La foule était nombreuse, joyeuse et le niveau sonore s’élevait vers la hauteur des plafonds. Il se tenait déjà un peu éméché, regardant cette agitation qui lui semblait décuplée par la chaleur de la nuit. Combien pourrait-il y avoir de personnes à virevolter ici ? sûrement plus de 10, plus de 100, presque des milliers !

Au bout de quelques instants un mot happé dans le tumulte le sidéra. « Venise ! ». Aussitôt l’émotion l’envahit car déjà le souvenir de cette ville où il aurait voulu abriter un amour se transforma en ce dénouement fatal. Leur séparation immédiate en fût la conséquence. Et il hoqueta : « et oui, que c’est triste, Venise, au temps des amours mortes ! »
Sandra ! Ah ! Sandra !
Quelle était belle dans cette foule qui arpentait les rues de Rome, mêlée à une manifestation de gens qui se battaient contre la résurgence du fascisme, en chantant « Bella Ciao ». Il n’avait pu s’empêcher de la suivre, et emporté par la foule qui exprimait cette saine colère, il fut pris lui-même comme dans une poussée de fièvre à chanter cet air enthousiasmant. Arrivés sur la place del Popolo la manifestation s’arrêta. La police empêchait l’accès aux jardins. Des voix s’élevèrent : « Policiers avec nous ! gare aux gorilles! »
Peu à peu la foule se dispersa, mais Sandro n’avait pas quitté des yeux cette femme qui l’avait enflammé. Il faisait beau. C’était le mois de juin, le temps des cerises et la jeune femme venait d’en acheter un sachet. Elle portait goulûment ces beaux fruits rouges, que de belles dents comme des perles croquaient. Elle rejetait les noyaux dans sa main qui les déposait dans le sachet craquant.

Sandro l’accosta.
–Bonjour.
–bonjour.
–Personne ne sait comment l’impossible se réalise, mais à présent, je sais.
-Que savez-vous ?
-Si la femme et l’avenir de l’homme, mon avenir c’est vous.
-Comme ça ? Directement ?
-Oui, vous pensez que je suis juste un gigolo ?
-Je ne dis pas ça, mais que voulez-vous ?
-Vous voulez être mon guide… Nathalie ?
-Nathalie ? Non moi c’est Sandra. Et pourquoi je devrais être votre guide ? D’où venez-vous ?
-De Syracuse.
-De Syracuse et que venez-vous faire ici ?
-Je suis de passage. Je dois me rendre à Paname.
-Paname ? Connais pas.
-Mais si ! Paname, c’est Paris.
-Ah je ne savais pas. Je connais Parigi mais pas Paname.
-C’est une appellation familière.
-Et alors qu’allez-vous faire à Paname ?
-Je vais travailler dans une boîte de jazz.
-Vous êtes musicien ?
-Oui un peu. Je joue de la clarinette. J’ai pris quelques vacances au bord de la mer avant de m’élancer vers l’inconnu.
-Bon écoute… Comment tu t’appelles ?
-Sandro.
Elle éclata de rire.
-Tu te moques de moi !
-Non je te promets. Tu veux voir ma carte d’identité ?
-Non et dis-moi quand reviendras-tu ?
-Ça dépendra.
-De quoi ?
-De toi… Et moi.
-Moi ? Bon, cette marche m’a donné faim, laisse-moi manger ma banane. Tu en veux un bout ?
Silence suivi du rire de Sandro.
-Elles font toutes comme ça les romaines ?
-Qu’est que tu veux dire en disant Così fan tutte ?
-Ben d’habitude ce sont des hommes qui sont entreprenants.
-Et alors ?
Sandro s’apercevant de sa bévue reprit après une pause.
-Bon voilà je n’avais pas l’honneur de te demander ta main …
-Tu délires mon cher Sandro ou tu es un peu neuneu. J’ai l’impression que si tu n’as pas volé l’orange, tu n’as pas non plus inventé le fil à couper la ricotta.

Tout à coup un orage imprévisible éclata accompagné d’une pluie torrentielle. La pluie tapait les obélisque de marbre faisant comme des claquettes, comme celles de la femme de ménage de l’hôtel où il s’était arrêté. Sandra s’était réfugiée sous les arcades et accoudée à une colonne, elle pleurait comme une petite fille en pleurs dans une ville en pluie.

-Qu’as-tu Sandra ?
-Jamais je ne trouverai l’amour. Et elle disparut.

C’est ainsi qu’après son arrivée à Paname, il s’était présenté à la boîte de jazz qu’il trouva fermée avec un écriteau sur la porte « Procédure judiciaire en cours ».
Je n’ai plus de travail, je ne connais personne et je ne sais même pas comment retrouver Sandra. On me l’avait bien dit à Syracuse : « mon vieux, t’as la guigne, t’as la cerise ! »
Je n’avais pas cru à cette superstition. Et alors maintenant que pourrait-il m’arriver de pire encore ?
 

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