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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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26 mai 2026

La bascule d’un empire.

Avant de s’affaisser définitivement sur son trône revêtu de pourpre, Chatini 3 prononça ces derniers mots. « J’aimerais que vous vous souveniez d’un point, c’est que les choses et l’apparence c’est différent. »

Ces mots résonnèrent dans le silence de la grande salle où étaient réunis courtisans, notables et le peuple qui avait pu entrer après l’annonce de l’assassinat de leur empereur.

La foule, muette et immobile, subitement, commença les applaudissements comme le voulait la coutume à la fin des grands évènements. Chacun pressentait l’arrivée d’une ère nouvelle et ce jour de vendredi 13 de l’an 20 040 ferait date dans l’histoire de l’empire des chats Abyssins. Mars rayonnait entourée d’un rouge qui présageait de grands bouleversements.

La grande prêtresse, Sheba, perchée sur ses talons hauts (c’était là une marque de sa position de haute dignitaire), s’approcha à pas sonnants  et résonnants sur le marbre de la salle, près de la dépouille de l’empereur. Habituellement laconique, émettant des annonces lourdes de sens, elle salua Chatini 3 et, se tournant vers l’assistance, elle brandit un objet pointu sorti de sa cape d’un bleu électrique et proclama.

« Ce que l’histoire enseigne de plus important aux hommes pourrait se formuler ainsi : à l’époque, personne ne savait ce qui allait arriver.

J’ai lu cette phrase dans un livre ancien datant de la civilisation, dite humaine des années 2000. Peu de temps après qu’ait été écrit ce texte, cette civilisation fut anéantie entièrement suite à la folie de quelques seigneurs. Des siècles, des millénaires ont passé sur cette nature foudroyée jusqu’à ce qu’un orage d’une puissance redoutable, redonne vie à des cellules endormies au plus profond d’un temple enfoui sous le magma. Alors une vie commença, et nous les félins régénérés avons peuplé à nouveau ce monde sans vie.
Mais notre différence a été de savoir qu’il est faux de dire que personne ne savait ce qui allait arriver. Car en réalité, tout le monde savait, car trop de facteurs permettaient de savoir de quoi serait fait l’avenir. Une organisation mondiale préparait cette extinction, évitant de l’empêcher pour différentes raisons. Les dirigeants étaient vieux et peu leur importait de faire périr les autres puisqu’ils allaient eux-mêmes disparaître prochainement. Ils accentuaient ainsi leurs plus vifs plaisirs, en augmentant à outrance leurs pouvoirs sensoriels. Ceux qu’ils dirigeaient réagissaient avec la même lâcheté en servant de maillons à la chaîne destructrice, et ne voulaient surtout pas remettre en cause la fin de tout ce mécanisme dont ils ne se sentaient en rien responsables. Personne ne voulait faire tomber le masque de l’hypocrisie.

Notre empereur a été assassiné, car étant un rempart à toute velléité de certains, il était le garant de la paix. On assassine toujours ceux qui dérangent. En ça nous retrouvons les pires habitudes des hommes. Vous qui êtes réunis ici devant ce corps sans vie, craignez que quelques individus nostalgiques de cette civilisation dans laquelle régnaient les barbares, ne veulent à nouveau par le mensonge, l’hystérie et la sauvagerie reprendre le pouvoir. Réfléchissez bien. Gare à cette réaction.

À bout de nerfs Sheba se pencha vers l’empereur et le toucha de sa baguette. Aussitôt une musique envahit la salle dans laquelle une métamorphose fit plier la foule qui à pas longs et silencieux vint saluer la dépouille de l’empereur.

Et de bouche à oreille, chacun prononçait cette phrase, née de l’écoute de la musique, comme un mot de passe pour entrer dans une communauté : « il n’y a toujours qu’une réalité »

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