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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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26 mai 2026

Mettre les voiles

Les balcons de Babylone débordaient des biscuits éblouissants de beauté. Bien décidée à
bourlinguer, à laisser derrière moi ma Bohème natale en le restant moi-même, bohème, j'étais arrivé
ici, après un long périple en bateau d'abord, puis sur la vieille barque d'un tout aussi vieux briscard
pas peu fier de m'amener ici, dans sa petite bicoque surplombant la basilique Sainte Bernadette. J'ai
posé mes bagages quelques jours à peine, le temps de bricoler deux trois trucs sur mon corps
dévasté par la vie, un petit coup de bistouri par-ci, un autre par là et surtout la mise au propre de
mon brouillon de sale gueule avec mon bec de lièvre que mes chers parents 68-tard n'avait pas jugé
utile de me réparer bambin. Tout le monde se souvenait de moi comme d'un bébé bourru
bredouillant des borborygmes abscons et surtout inintelligibles en boulotant des bananes. La seule
bouffe que j'étais capable d'avaler sans me blesser ni brailler de douleur sous les baffes de mes
parents impatients qui s'obstinaient à m'obliger à manger toutes sortes de betteraves et autres
rutabagas qui ne passaient pas. Dès que j'ai pu, j'ai mis les voiles.
J'ai rencontré Bibi et Barbara, deux bigotes comme ils disaient mes vieux, qui m'ont bercée
de sermons bibliques quelques temps . Puis Bérengère et Bertrand, les boulangers du coin de la rue,
qui s'étaient tournés vers Bouddha après que le curé de Sainte Ambre les aient mis au banc de la
paroisse pour cause de bavardages d'intempestifs durant les offices. Il se réveillaient chaque matin
au son du Boléro, qu'ils écoutaient religieusement jusqu'au bout avant d'ôter leur bonnet de nuit et
d'attaquer la journée. Après quelques jours passés chez eux, je me disais que mes parents n'étaient
peut-être pas si borderlines que ça finalement. Je rassemblais mes affaires, mes deux trois bouquins
et décidais de prendre la poudre d'escampette et de traîner mes guêtres jusqu'au quartier mal
fréquenté du bilboquet.
Contre toute attente je fus bien accueillie. On y brûlait dans de vieux tonneaux toutes sortes
de combustibles pour se réchauffer. Entre deux tentes, les basses vibraient du blues lancinant de
Freddy King sur lequel d'aucun se dandinait dans une espèce de transe extatique provoquée sans
aucun doute par les bédos que j'avais déjà observés circuler de main en bouche dans un bal
désarticulé et déconvenu. Tout ce dont j'avais besoin ! Quand, quelques jours plus tard, je vis
Barbara débouler, blême, une batte de base-ball à la main et Bibi derrière elle, lui hurlant dessus, j'ai
su qu'il fallait que je me tire de cette ville de fous.
Ma besace en bandoulière je décidais de mettre les voiles le plus loin possible. Ça prendrait
du temps, sans doute beaucoup, mais je sais aujourd'hui, devant ce beau Baba bien imbibé
embaumant le bon rhum de la Barbade que j'ai réussi et que le meilleur m'attend.

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