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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
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Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
Atelier d'Ecriture "PLUMALIRE" à Nice, Alpes Maritimes
  • Faire pétiller ses idées. Ecrire en s'amusant avec des jeux-consignes. Stimuler sa spontanéité, son imaginaire. Ecrire en riant récits, contes, haïkus, etc... dans une atmosphère conviviale. Lire autrement.
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26 mai 2026

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« Maman, s'il te plaît, je te promets que je serai sage pendant les dix prochaines années, j’en rêve
depuis des semaines. Tu peux m'acheter ça maman ? S'il te plaît. »
Enfermé dans un sac en plastique, secoué en tous sens par ce gamin plein d'énergie, aux boucles
rebondies et parfaitement sculptées, je subis impassible la violence des à-coups de cet Elliot
charismatique et surexcité. On le croirait tout droit sorti d'un dessin animé tant il incarne la
bonhomie enfantine avec son petit bedon gourmand et ses joues toute rebondies.
« Oui, mein tio biloute ! ch’suis d'accord. Tu peux l'poser din l’caddie » répond sa mère en lui
ébouriffant les cheveux. « Youpi !!! » s’exclame alors le garçonnet en me secouant de plus belle
comme s'il était monté sur des ressorts.
Enfin extirpé de cet entrepôt où je végétais depuis des semaines après un long périple depuis les
entrailles de la terre et en avoir sillonné toute la surface en cargo, train, camion et maintenant
voiture, j'arrive dans le salon d'une famille du nord de la France.
Elliot arrache le sachet qui m'étouffe et me contient, m’attrape, me porte à sa bouche et me
remplit de tout son souffle. Je m'épanouis avec les gaz et me charge d'électricité statique. Ce qui fait
beaucoup rire sa petite sœur qui s'amuse à coller sa chevelure sur moi pour se transformer en
sorcière ébouriffée et jeter des sortilèges à son grand frère.
Oh non ! Il m'a lâché ! Je pars en tous sens dans des spirales infernales et tonitruantes de
charabiaprout jusqu'à m’étendre flagada, au pied du sapin de Noël.
La petite fille Ariane se faufile sous les branches, m’attrape joyeusement et manque de faire basculer
le sapin en se relevant trop vite. Elliot me récupère, me reporte à sa bouche et souffle de toutes ses
forces pour me redonner la rondeur qui me sied parfaitement et qui lui permettra de jouer quelques
heures avec moi, je l'espère. Sa mère l'aide à nouer mon ouverture et me voilà fin après à remplir
mon rôle. Je passe de main en main, de main en pied, en plafond, en sapin dans des bong-bongs
joyeux et hilares. Nul besoin de clown, de trapéziste ou d'otarie jongleuse ici, je fais le cirque à moi
tout seul, j’égaye petits et grands de mes prouts ou de mes rebonds.
L'heure du repas arrive, on m'abandonne près du radiateur, la famille s'attable, s'adonne à son rituel
inspiré de coutumes protestantes qu'elle ne pratique pas ni ne cautionne ni ne condamne, un rituel
de gratitude où chacun énonce quelques gentillesses aux autres convives avant de commencer le
repas. Elliot dit merci sa maman de m'avoir apporté à la maison et d'avoir préparé son dessert
préféré. C'est à ce moment précis que les parois de mon enveloppe cèdent dans un fracas
assourdissant.
Aucune thérapie possible pour moi, ni chirurgie, ni chimio ni TCC. Aucune Renaissance possible. Je
végète en puzzle éclaté, distendu et désormais inutile. Mon sort est scellé.
Elliot pleure, il a eu peur de mon ultime éclat de voix dans la mort. Il est triste aussi. D'avoir perdu
son jouet préféré des derniers instants de sa petite vie.
Mais des comme moi, il en a rapporté plein. D'ailleurs, son papa arrive avec mon acolyte rouge, un
grand sourire aux lèvres, les bras grands ouverts et offerts pour un câlin réconfort qu’Elliot refuse
préférant taquiner son nouveau jouet préféré !

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