30 janvier 2009
LES ATELIERS D'ECRITURE DE PLUMALIRE
Le livre "Les Ateliers d’Ecriture de Plumalire" s’adresse à tous ceux qui aiment écrire. Illustré par des photos de Nice.
Il présente des Ateliers d'Ecriture sur le thème de Nice, ses rues, ses musées, ses coutumes, ses hommes célèbres et événements remarquables avec
- une partie préliminaire expliquant ce qu'est un AE, pourquoi écrire et assister à un AE, les processus mis en jeu lors des AE, ses finalités ; - une deuxième partie comportant un texte sur le thème de la séance avec des consignes-jeux pour écrire des textes ; - en 3ème partie, des textes écrits lors des AE ;
- une bibliographie sur l'écriture et les AE, une table des matières ainsi qu’un index des figures de style et consignes complètent l'ouvrage.
ISBN : 978-2-9531352-3-7 - 98 pages
15€ + frais de port - disponible sur commande à PLUMALIRE ou sur le net à TheBookEdition.com
Poème en 1/2 boule décroissante : Atelier d’écriture du 26/01/09
Robe légère dans le vent
Danse à deux dans les dunes
Aventure au seuil de l’Avent
Mésaventure ce vendredi
Zézette a zigzagué
Entre vents et marées.
Mattéo l’a aimé.
Bourrasque.
Désastre.
lylya
28 janvier 2009
QUE DE VENT, QUE DE VENT…
L’électricité était coupée. Le téléphone était aphone. Le premier pompier qui arriva était pompette. Le vent gagnait en puissance et les éoliennes, dernière invention écologique, se comportaient comme des girouettes. Arrivèrent d’autres secours dont un parent du pompier pompette. La conversation débuta dans un vent de panique :
- ‘quel coup de vent’ dit le nouvel arrivant à son cousin qui dévorait du pain de mie.
- ‘oui… force 4’
Avec frayeur, il nota la silhouette apprêtée de son cousin qui ne cessait de souffler cependant que les autres secours, dans la nuit et contre vents et marées, par solidarité, commencèrent à manger eux aussi des reliques de cacahuètes, le tout venant. L’absence de persiennes aux fenêtres renforçait le bruit ; le vent rendait de plus en plus complexe leur parcours. La perversité des rafales, nuisance suprême, faisait que le pompier pompette devait économiser ses forces avec âpreté. Paré comme un drapier, le vent en poupe, il pronostiqua, comme un parieur « autant en emporte le vent ». Ses collègues le regardèrent en ennemi.
- « tu mériterais un coup de trique » dit l’un d’eux. S’il n’y avait pas autant de verglas, je te mettrais dans la brouette pour t’emmener chez le premier politique venu.
Devant autant de perversité, les secours prirent le vent du large en relevant, au passage, que les dégâts causés par la tempête incluaient le puits dorénavant bouché. Plus d’électricité, plus de téléphone, plus de parlophone et maintenant plus d’eau !
- « mes amis, le vent tourne et malgré notre complémentarité et notre ardeur, notre économie de moyens nous empêche d’avancer » dit l’un d’eux. Aussi prirent ils la liberté, grosse boulette, de rentrer chez eux…sous la couette !
UN REVE
La jeune femme avait appuyé sa tête contre le réverbère. Depuis des mois, elle était en galère. Transparente dans l’amertume du soir, elle pensait. Elle avait dit tant de prières pour que son Jean revienne, mais il avait disparu définitivement de sa vie. Comment avait-elle pu se leurrer à ce point ? c’est vrai qu’au lit, c’était pas mal. D’ailleurs, il avait su mettre à profit ses talents puisqu’il était devenu « escort boy » pour les femmes riches et esseulées. Il avait toujours rêvé de porter des costumes « boss », lui qui pourtant n’avait jamais aimé travaillé. Et maintenant, il devait avoir toute la panoplie de l’homme fortuné, de quoi rendre fières les dames qu’il accompagnait au thé dansant avant de terminer son job entre draps de soie et dégoût de n’être qu’un objet de consommation, même s’il se considérait comme un mets de premier choix.
Des larmes coulèrent doucement sur ses joues. Elle avait froid. Elle resserra son châle sur ses épaules.
Un pas se fit entendre. Elle eût un mouvement de panique. L’homme se tenait à quelques mètres. Il hésita et finit par s’approcher.
Tenez, dit-il, en lui tendant un mouchoir brodé d’une initiale. Vos jolis yeux ne sont pas faits pour pleurer. Elle sourit devant la banalité du compliment. Il avait l’air gentil. Il saisit son bras « venez boire un chocolat chaud »
Elle sourit à son tour et se sentit belle à nouveau
26 janvier 2009
Rats et ursulines
On entendait le hurlement habituel de la sorcière plus ténébreuse qu’une nuit sans étoile. Elle sautait comme’ un pantin désarticulé dans le feu qui flambait de plus belle. Elle s’essoufflait.
Sa tête heurtait l’émail du chaudron et un filet de sang coulait de sa bouche. Sa bouche se tordait de douleur et ses yeux exorbités criaient sa souffrance. Quel sort avait enchaîné cette jeune femme pour l’obliger à répéter chaque soir ce rituel.
C’était disait-on une femme infidèle. Elle s’était laissé conter qu’elle était belle et y avait trouvé du contentement. Son mari, riche propriétaire terrien l’avait vendu au diable avant de s’en aller quérir quelque jeune demoiselle farouche qu’il avait vite persuadé de le rejoindre dans des draps blanc brodés des initiales entrelacées des anciens époux.
La sorcière qui savait tout, qui voyait tout , s’agitait davantage encore quand les nouveaux amoureux se donnaient du plaisir
Non loin de là, les Ursulines sages comme des images, regardaient avec mélancolie le mouvement des étoiles naviguant dans le ciel. Inlassablement.
On entendait le vieil habitué du couvent. Il devait grignoter de ses longues dents quelque carton qui devait servir à entreposer la récolte de pommes du verger. Il avait choisi d’entendre réciter les prières dès matines. Il aimait le chuchotement des religieuses et le frôlement de leur robe sur les marches d’escalier. C’était un gros rat paisible qui avait opté pour la tranquillité. Assuré d’avoir toujours quelque rogaton au fond de sa gamelle. Il savait que les sœurs n’attenteraient pas à sa vie, puisqu’il était dit dans les dix commandements « tu ne tueras point »
En voyant ce rat elles pensaient à un gros chat à moustaches, un de ces gros matous au miaulement rauque qui pourrait devenir un prince charmant. Elles imaginaient…. Dans la soirée viendrait un homme, adepte du chi gong, doté d’une belle énergie yang. Il les serrerait contre lui, l’une après l’autre. Certes, il y avait bien cet homme qui venait au couvent quand l’une des religieuses était malade. Il pratiquait l’acupuncture, savait utiliser la pharmacopée chinoise. Il donnait vie au chacra-racine de ces femmes mais elles dissimulaient avec soin le petit frémissement qui les agitait quand les mains masculines massaient avec douceur quelque point du vaisseau gouverneur, situé dans la partie basse de leur anatomie. Le médecin se comportait en homme pieux mais il éveillait chez les religieuses des désirs qu’il n’était pas en droit de satisfaire.
La porte s’ouvrit brusquement et la supérieure entra. « plus de têtes dans les étoiles, ne laissez pas courir votre imagination dans des chemins de perdition. Une seule image doit compter pour vous, celle du divin. Et les sœurs redevinrent neurasthéniques.
Et le rat un jour en eu assez de cette tristesse. Il n’avait toujours pas appris à prier mais avait découvert dans la bibliothèque du couvent de vieux grimoires qu’il lisait de temps en temps, histoire de ne pas laisser son cerveau s’encroûter. Il y avait là des tas de recettes magiques « comment transformer un homme en rat ? Il réfléchit de longues heures et à force de se triturer les méninges se dit que le contraire devait être vrai. Il chercha le moyen de devenir un homme pour aller délivrer la sorcière dont il avait entendit dire qu’elle fût jadis très belle et très sensuelle. Il trouva.
Un premier essai le transforma en un petit caniche tout noir. Plutôt raté. Le deuxième coup fut le bon. Il avait maintenant la prestance d’un homme et l’intelligence aiguisée d’un rat. Il attendit la nuit. Il voulait être un héros. Les femmes admirent toujours les héros.
Il chemina tendant l’oreille au moindre froissement des feuilles. Il se rapprochait de la sorcière. Il prit son courage à deux pattes. La sorcière s’agitait de plus belle. Il avait bien un peu peur, mais quand faut y aller, faut y aller
Bonsoir, murmura une voix tremblante
Que veux-tu cria la sorcière ?
J’étais un obscur, mais j’ai côtoyé des religieuses baignées de lumière divine et maintenant je rayonne de bonté.. Je veux t’emmener dans un pays où les hommes considèrent les femmes comme des reines et non pas comme des esclaves asservies à leurs plaisirs, à leurs volontés, un pays où l’amour est le maître
La sorcière s’immobilisa et des larmes de bonheur coulèrent sur ses joues. C’était la première fois qu’on lui parlait ainsi. Elle était guérie, elle redevint belle
A califourchon sur un balai, ils volèrent dans le ciel sans nuages savouraient le moment présent. Ils étaient sages, car il finit toujours par pleuvoir.
Lylia